‹ [Les Cancans]Chapitre 279 sur 297 · IE SERRURIER D'ANGERS · texte numérisé non relu

IE SERRURIER D'ANGERS

Vu mailre serrurier de la ville d'Ar.gcrs causiiit sur sa porte avfc un de SCS voisins; on parlait de I héroïne du siècle, car de quoi parler en France, si co ; ' >i(lc S. A. R. M^d'.me? elle est désormais le sujet do toutes les conversalions. «Qui aura Ihonneur de déiendre cette princesse? « disait le maître serruriei-. A quoi le voisin répondait : c^ t^L de Chaleaubriand , M.Bsrrycr, M. Ilcnmqiiin. « aMnis il me semble , dit un simple ouvrier qui écoulait, tout en promenant la bmc sur son ouvrage, (!uc c'est fout Paris qui d it la dcfendre. jS' esl-ce pas Ms.damu i/ui faisait vivre Paris? ]S' était- elle pas la Providence d^s ouvriers:' >» Il a cent l'ois raison , ce brave ouvrier. I^Ivdvije dépensait tout son revenu à ciiconraEier bs arts, 'a taire j^agi er le commeuc, 'a secourir le^ pauvres t tout Paris est donc lié a Madame par la reconnaissance; c'est à Paris de la défendre.

PQI.ITIQUE DU JSOVFELLISrE.

Voulez-vous avoir r.ne preuve d-.^ l'cxcelicnio di-cipliuc de I arméo française sous les ninrs fl'Anvcrs, cl de la co'ifiincc q-.:'inspircr,t crlte discipline et h' caractère vertueux do ses chefs? en \oiei ntvc insérée dans le yoitvrllislc, journal minislériel : «Non ficulemeut le^ habil '.n» i; sont dans l'admiration , mais jusqu'eux pigeons qui , sans être i Ibayas « le moii's du monde du bruit d>! Irois cents bouches ït feu fjui tonnent Cl nuit et jo>ir, vienne:;! au contraire, par groupes de cnrienx, plane:- « paisiiihunent au-dessus de noie armée, et respirer l'oleur do la i' poudre. « Il est probable que c'est un do ces pigeons qui est correspondant du Nouvelliste , et voda pourquoi ii est si bien el si vile ini'ortné.

ECHANTILLONS DE L'ES: RIT DU JUSTE- VILIEC Oii;3irvaii bien qiK jts pi-ô; cur» du ju?;e-ini)ie'"i étaient <les peureux.

des nJnbitieux; mais on ignorait la dose d'absurdité et «le niaiserie dont ils étaient pourvus. Dans la Picardie et la Normandie, ils viennent d'en donner deux ccliaiillllon-; rciii;irqtiahles : l'un tn prose, en faisant imprimer et circuler une allocution du duc de Reichstadt (qui est mort comme chacun sait) aux Français , dans laquelle on lui fait dire qu'iV renonce à ses droits en faveur de Louis- Phi lippe I'^', dont il admire les hauts faits ella politique; où le fils de Napoléon s'extasie sur les exploits du hcro=; de Jouunapfs et de Valmy, et qu'il termine par ces mots ; Vive la France! vive Louis-Philippe I'-^ ! L'autre en vers, par le couplet suivant, sur les journées des 5 et 6 juin:

Dans cette déplorable affaire , Où tous nos soldats ont péri, Fallait voir nos brav' militaires Dans les rues exposer leurs vies!

Dans saint-jMéry,

Tous ces h^dits Se croyaient déjà maîtres de Paris ,

Et le tocsin

Sonnait en vain Pour réunir tous ces fameux vauriens ; Mais la banlieue, en peut la croire , Avec la ligne s'embrassant , S'en allaient tous en répétant:

Nous avons la victoire !

Voyez-vous d'ici tous ces soldats qui ont péri dans le deuxième vers, qui s'en vont au douzième, bras dessus bras dessous, avec la respectable banlieue, au cabaret sans doute, chanter victoire? Ft quelle victoire î Et puis la beauté des rimes , celle de l'ortoî^raphe !... Ces gcns-I'a ont trop d'esprit, ils en mourront. Et c'est à Beauvais que tout cela s'imprimel et cela se colporte de village en village, par ordre de lautorilé, avec approl)ation de M. le maire'. Ilhistic iustc-milieu , spirituel juste-milieu, farceur de juste-milieu, va! mais tu crois donc les Français" bien bêtes?

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