‹ [Les Cancans]Chapitre 278 sur 297 · NOUVELLES DE BLAYE ET DE PRAGCE · texte numérisé non relu

NOUVELLES DE BLAYE ET DE PRAGCE

MiD^MS est teujours renfermée et surveillée avec la plus grande rigueur; aucune lettre ne peut lui parvenir, tt on a poussé la barbarie jusqu'à la priver des consolations qu'eussent apportées a son noble cœur ces innombrables adresses et proUstations qui ont surgi de toutes les villes de France; mais voici un plus gi-and raffinement de cruauté : on vient de la priver des secours, des soins et de la société de ses deux compagnons d'infortune. M"<^ de Kersabiec vient d'être arracbée de ses bras; et M. le comte de Me;nars, son écuyer, homme inoffensif, a moins que sou inaltérable dévouement à M\d.vmb ne soit une offense et un crime, va être mis on jugement, et envoyé à Montbrisson a cet effet. Voila comme on traite une fille de roi, une digne béritière de toutes les vertus de nos Bourbons; et c'est un oncle qui traite ainsi sa nièce ! cette nièce qui naguère eut tant de bonté pour lui et pour sa famille! qui, dans une effusion de son cœuruouîc et généreux, disait: c« Ce sont de si bonnes gens ces d'Orléans ! => et qui , joignant l'effet aux paroles , s'employait de tout son crédit a leur être utile et a les favoriser ; voila la récompense de ses bienfaits. Les lâches, s'ils l'osaient — , ils feraient périr M\da.me. Et ne semblerait-il pa.s , à voir l'isolement dans lequel ils placent cette princesse, qu'ils ont de criminels projets, pour l'exécution desquels il faut du secret et du silence? A qui ferat-on croire que Madxme est en sûreté , privée d'amis dévoués »t fidèles, et face à face avec l'bomme (l'officier de paix Joly) qui a laifsé assassiner son mari a l'Opéra , ou avec le colonel Cliousserie et autres officiers vendus corps et âme a Louis-Pbdippe et a son infernale sœur? Mais ils n'oseront pas ; la France et l'Europe sont attentives , et le u^oindrc accident an ivc a Madame dans l'isolement et l'abandon où ils l'ont laissée, serait interprété contre eux; on leur en demanderait compte, et tous les d'Orléans en répondraient sur leurs têtes. Si du triste séjour où la bonne et courageuse mère languit dans un lâche et coupable abandon , nous venons a porter les yeux sur ses pauvres enlans, sur sa famille errante et infortunée, quel autre s jet de tristesse et de chagrin pour tous les cœuis bonnêles et fidèles! La douleur a Prague a été bien glande , comme on peut croire, h l'arrivée de la triste nouvelle. L'illustre vieillard en est tombé malade; les deux cnfans ont fait retentir le palais de leurs gémissemens; le duc de Bordeaux en a il6 frappé comme de la foudre; il est resté inuuibile, la têie renversée, pendant un quart-d'hcvue : ce sombre rbagrin devenait inquiétant; il était temps que sa courageuse tante entrât; le prince, aussitôt qu'il entendit cetto voiv consolatrice, retrouva des forces , se releva et courut se précipiter dans les bras de sa tante bicn-alméc. Alors un torrent de larmes inonda son visage, et il fut soulagé. Pauvre Henri! pauvre Louise! quels cœurs pourraient ne pas comprendre vos peines, vos inquiétudes, et ne les partageraient pas?

AVIS AU PUBLIC. —Prisons de Paris.

II est de noire devoir d'informer le public que toutes les lettres, sans exception, qui arriveul a Sainte-Pélagie sont dccaclietées cl lues

an greffe. Maisjic croy(zpas qu'on y ail tila');i nn ca])inct noir, (<>«iiirH> a 1 adniinistiation des postrs, qu'on y siispend« les lettres stii- ine chaudièic bouillr.nlc, [lotn l'-s (lécachclcravcc le plus grand soin et les ioc:n<i;etcr ensuite, en nu'na|:^rant nntaiil qne possilJe Te nipi ointe du .sceau , ;din de c.itlur In li aiulc. iVon , les geôliers de l.onis-Philii^j c cm de Gisqnct, r^minie vous voiidiez, ne font point tant tic (ciemo- Jiics. li.> arrachent Icnl simi Icinrnl le r.-.rlict, prennent c<>iin.Tissau( e de la !«>tlre, tl viennent (.'iVtnîérHenlToiîi la rcaultre cntir les nîains,

— Coinnient , duMes (p:c vons êtes, vo;is ne faites p:»s ^^rtcnliftn si voms avez j-ifuirt à des lionnOles gens on i« d(S voleurs de grands chemins? V«>r.s n« ^oyez tionc pas niu; vous trahissez V"trc propre infamie : vans feriez mienx de r.aider C( lie h lire. Mais le porl , i^ui neiis le p-yera ?

— Ah; le pnrt , c'csl diilerenl : tinez, voici trois sols. — C'est ait. si qu'ils entrent dans tous les secrets des fnmillos des détenus, qu'ils savent ce que (ont leurs fcinuics, leurs eni'ans, îeuis auiis, qu'ils coi.-iiaissent leurs afiaives , leur fo-tune, etc. Apres quoi, ils font leur rapport kl Gistjuet, qui se sert de tous ces ieH!:<i5i!enie)is peur grossir ces volumineux dossiers de pclico, où il enregistre lus noms de taat de milliers de susprcts qu'il désigne d'nvaice pour les cachots.

Ceux dûHc dcnt.e nos lecteurs qui redoutcul la griffe de Gisquct , I ersil et Desmorliers , sont inntés a doijner de leurs nouvelles à leurs parents et ainis autrcuienl que parla voie de !a poste. Qriant nwx autres moyens de coiTcspondrc , nous leur recomiriiuidons cxpiesscmcnt de ne les adopter qu'avec !a plus .scrupuleuse nltenlio!i cl après avoir long-temps s.mdé le terrai». DJfioz-vous de ces gens obséquieux qui • vous oftrent ie^irj services a criaque in.ilant, dont le (ieTouement h la cause d Henri V est a toiUe épreuve; qui, lursqn'd s'agit d'un complot ou d'une coiispiralion , apnuytnl la iwotfon d une voix tonnante et qu'on entendrait d uuc lieue, qui oai cent fois dépisté les meutes de Ja piolicc, qui crient aa TOt)ut/<«/"<no!?.qu'iIs aperçoiveMi dans un hrinmc Ja moindr<r iiésilaiion , qui we parleiil que dcirangîer (Tis''jue< et de /t'Wf/icr/itv Louis-Philippe. Oui, défici-vous ^c ces gens-lii, tl suitout gardez-vous bien fie les charger de voire terrcjpondanee : cav il.s m'ont tout l'air de vous oSVir lc\ main pour vous roMiluire à la Cour tl'assjs'eg, oïl ils in.-nl faire ôttu.lrc vous une déposition bieti el dneliienl conditionnée.

tii vous désirez des i'ails,.CH vcîci : On se rappelle que. dans i'aflii •» «iile des Prouvaircâ, Gisquet suborna un individu qui eut Fart do s'introduire près de la dame Patriarclie , dont le mari était p'acé smis e poids d'auc accu;f!îion caoit.^le. Cet hfiuiinc lui reiîiii une l;oilea di»u- JjIo i"on;J, et so préx'Miir coia.me iutcriisédiaire c«lre elle et son mr.i • alors au svciet. t^ar ce iMoyeu, Irs lellres de la c^i-^aie Patiiarche et los réponses d^ 9oi\ mari tooi.oè.enl eiilre l.-s înaiws de !a pyiice, et h.i. nombre de cjlovewj, d'après une seule ligne , un s •ni mol iiiôuie , t fciit jetés dans les cachots. Cette inlïiine trahison tut également m. se ««n œuvre h légard de Dilillet, autre accusé da:is la même affaire. Un agent de priiice iK>;r.mé Bichclle, so riiargea, de la part de la dame Putillet, de îiari;;i«cttra il son mari, alors h la Force, une lettre ccîice sous i.n va^e. La lettre, au iicu dêlrc remi.çe li .sou adre.ssc, fut portée à Giîqueî. Kt la justice! -n'a pas rougi de la idi; c figurer au procès avec les leîîi\;s do uiaiiietircux Patriarciio '. et les jurés n'oat pas eu honte de cansidlcr ces d, cuoKiiis et d'en faire la base de leur .lécision pour condamiîer ccs infortunés ii tiire peine capitale, .s'ar.soeii.ut ainsi à l'igfroininis d'une police "a înqirelle .t;'Cuu moyen ne rép'ii^ie, pourvu que les pri.-ioiis soiciU toi-jouis pleines el (pie les triimuaas secondent ses îiaines iiiferoa CJ et .s;i fureur. d'emprisonurr ! A'îoiirablc rc'oî;tio» de juiikî , v^^l'à t<s bienHiits, vola dans quel

fcourbier fnngeiix lu iioiis '.is plon^'s ! D.'S juye.^ [)ic\aricalcurs , qui ont juré fi !(j)il« a Charles X (i n srs flescf^jn^nns , foiKlaninont impiloyableiiîrnt 1rs liommcs qrji n'ont pns Jmi|{j 1* ur pnrjiiiL- , <l ils «sent iuvo(]ner lu uo:n s;uré iI'J l'iiDinieur, et i!> iiYntcn'IiMjl yJi la voiv^ de leur conscience ([>}\ leur ci ie d • tontes «e^ l'orci-s : Mlstnihles , iou'ien avez menti. Alais patience : un joiir vîcijdr.i où nous réglerons 1:05 «wniptej el où chacun rcprindia Ja piacc qui hii est dur.

CE QU'ON APPEl.î.E LES PJiODTGJUTÉS DE I.A RESrJVRATlON.

M. HumnMii a o-é pailvr !i la IriJMine (]cs vradif^alilcS de la reafaurntion; voici des faits (jui rcpondcnt à sv.s allégations:

La restauration a pajé ,

i" Les dettes de la république et 4e renipirc;

•i° Les frais de dc«x iiivasioiis fiMPM'es par jfs j'évolulionnaires et les buonapartisics qui occupent anjoiMil Imi Je pouvoir:

Lt cependant la icst^wnition éUi'i (ai venue , maigre trois expéditions honorables cl f»lori«i:ses , •

A dégrever l'a^jricultui c de f)^ millions, diiniiméx sur l'impôt direct;

Son dernier budget était l\\6 a une déjKMne de f)72 millionx ;

Et une noHvcik' diminution dinipols de So millions était annoncer; T)'où il suit q\ie le ijudget de i833 n'aurait été que do 900 millious. A oilà les prodigulilJs de la r:\<!('ar(iiio/t .'

MainleJianl , où sont ckmc Ls C'O/u mies ch In révolution de iS3o? Son bu rl;;el dépasse ir^a niiliimis. Il n'v a pas d'économie !i eppérer, I>Miis-P!iilij)pe l'a dit; et tout annonce un énniuie déficit , qui n'est {as éloigné de s'élever u Ooo millioi.s. Apres cela, honmies du piuvoir, l'ailis des phrai.es 1:1

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