A VENDRE POUR PAYER LES IMPOTS
Qu'est-ce donc? Je regarde : c'est un habit de garde national accroche à un poteau. Touie la re'volution de juillet est là.
Un homme illumine sa fenêtre : il y met un drapeau ; il achète un hab.t de garde uatioual , nn bonnet d'ourson , un sabre, un fourniment. Il est citoyen libérai ; il va à l'exercice, aux revues, aux parades, aux repas de corps ; il monte sa garde, prend la demi-ta^se, le petit verre d'eau-de-vie, fume un cigarre, lit le Constitutionnel j les Débats f etc. Jusque-là tout va bien ; niais'un jour, en descendant la garde, il trouve sa femme en pleurs, et point de déjeuner prêt. II eu demande la cause.... La cause ! elle est dans la cherté du pain, la perte du temps, le de'faut de travail, lenormite' des impôts, etc — Le Constitutionnel ni le Journal des Débats ne lui avaient dit un mot de tout cela.
Voilà notre homme de'^enchante'. Il s'e'veille comme d'un rêve j il se tâle, il se regarde; il est honteux d'avoir ete si long-temps mystifie'. Quel parti va-t-d prendre? le seul qui lui reste, s'il veut dîner. Il met son habit en vente, « jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. »