‹ [Les Cancans]Chapitre 39 sur 297 · BOUTADE D'UN CONTRIBUABLE · texte numérisé non relu

BOUTADE D'UN CONTRIBUABLE

Qu'ont- ils fait'de cette France si flori-isante an moment où ils à'en sont rendus maîtres? Qu'est devenu ce crédit immense dont elle jouissait , ce commerce qui prospe'rait , cette aetivilé qui rognait dans nos ports et dans nos ateliers? Toutc^-Ia a dispaiii. Trois jouiS ont-ils sufli pour dévorer le fruit de quinze années d'abondance et de paix? Ils nous ont sauvc's, disentils ! et de quot donc, grand Dieu? Y avait-d du danger, pour nous , à devenir de plus en plus riches et florissans? Il tant qu'ils aient une manière de sauver les gens bien extraordinaire. Ne vont-ils pas dire aussi qu'ils ont sauve celle hcroïque Pologne, après l'avoir soulevée contre Nicolas, p'iis abandonnée au choléra et au canon russe?.... Pourquoi pas ?.... La Pologne n'estelle pas trop heureuse d'avoir puye' du plus pur de sou sans; le prolongement du règne des doctrinaires? D'ailleurs, ne leur devra-t-elle pus quelques-unes des plus belles pages de son histoire? Cruelle^^dcrision ! . . . Eh bien , soit! à chacun son lot: aux Polonais la mort et la ruine, mais aussi la gloire ! Au justemilieu la honte et l'argent; m U3 au filou que lui donnera-t-on? Des honneurs, sans doute, car la montre qu'il m'enlève, il proteste qu'il ne me la vole pas, il me la sauve j comme ces messieurs ont sauve la France.

Les mots sacrés de liberté et de bien public n'ont éié dans leurs bouches que des pièges pour plonger dan-, l'abîme des millions d'infortunés assez aveugles pour s'y laisser prendre , et devenir les victimes de leur m.ichiavclisme. Mais , enfin , ia vérité parle , leur masque tombe ; on les somme de tenir leurs promesses : les croyez-vous déconcertés? P.is le moius

du monde Effrontés comi'diens, ils ne repondent lieu; ils

vous regjrdcnt avec impatience, et, d'un ton insultant, donnent à leurs gendarmes l'ordre de vous traîner dans lui cachot, oîi vous expierez long-lemps l'audace d'avoir ose leur reprocher leuri tuipitudes. iSonl-ce bien la les mêuies hoinu»es qui appelaient le goiivernement déchu un gouvernement de déception et de tyrannie?... Ils nousexcilaieut à !a révolte, et leurs

s^des massacrent au moindre si^^ne de THéconlentement.... Ils <fveillaierit tians nos cœui s I amour naturel de l'ëgalilé et la haine contre toutes les siiperioritcr> sociales, et ils se iont places audessus de (ont , et ils ont crée la pire de tontes les aristocraties , celle de l'argent.... Ils s'eflorçaient, par d'a.->tucieux mcnsonî^es, de nous inspirer la crainte chime'rique de la dîiM et des droits féodaux , et ils considèrent la France comme si elle leur était tout à fait inféodée, ou plutôt coranii» s'ils en avaient fait la conquête...

Oui , ce sout Ijien les hommes de la tyrannie de'magogiijue de 93 et du despotisme impe'rial ; nous les reconiiaissons à la liberté qu'ils nous donnent , a la quantité d'or qu'ils absorbent, au sang qu'ils répandent ou qu'ils vomiraient répandre en ne parlant que de pliilantiopie et de paix. Nous les recomiaissons surtout à l'eflronterie de leurs aveux : « Pendant quinze ans , « disent-ils, notre vie ne fut qu'un ti«su d'imposture et de du- « plicite' ; nos actions e'iaient fausses, nos paroles mensongères, « nos serniens pertdes. Mais nous sommes redevenus francs, 0 loviiux , fidèles; le soleil de juillet a opère en nous cette mc- « tamorphosc. Fiez-vous à nous désormais, surtout pour vos « finances; de3intére,s^ement et économie, c'est notre devise : t. nou^ ferons vos alF.ùres à bon pjarchë ! !» — Presque pour rieii , en effet, pour la bagatelle de iGoo millions, c'est-à-dire dtux (biiCê qu'il fallait à Charles X. Pauvre peuple,

Auras-ru «^cnc toujours des yeux pour ne point voîrl

Hier, M. Souït a cru d'un bon eflet de tribune de renouveler {' irifdme calôft^nie sur V infâme trahison dont on a cherché à flétrir d'honorables militaires. Ces paroles ont paru an moins cliauges dans la bouche de l'ancien ministre de Louis XVIII , de celui qui dirigeait les mouvemens de l'armée de i8i5, lorsqu'elle fut si /jflZ'//f'r?ien/ disposée pour accueillir Bonaparte, et le porter en triomphe de Grenoble a Paris.

Du reste, aucun Français, digne de ce nom, n'a oublié la noble réfutation de cette calomnie, pronouc.'â le i5 mars i8i5 à la Chambre des députe's, par le duc de Feltie, au inoineut oii M conduite contrastait si bien avec telle des véritables traîtres, de ceux que la postérité frapj era d'im juitc mépris.

BIGARRURES

Un individu cité comme témoin devant le juge d'instruction du tribunal de la Seine, a déclaré, dit-on, être agent de sûieté attaché à la peraouue de M. Séb... , il a exhibé les arnici, dont il est porteur en raison de sou niinlslère, un jioignaid et

(\cu\ pistolets floubles. Cet homme , si l'on en croyait les mauvaises langues, serait un mameluck. que M.Se'b... , alors ambassadeur à (^onstarilinoplc, aurait cliuisi par ordre de Napoléon pour les expe'ditions secrètes de sa majeslc im[ieriale e( royale. La nourrice de M. Scb... l'aurait menacé de le sevrer, s'il ne renvoyait pas ce vilain homme qui lui fait peur. M. Se'b.... se serait rois à pleurer. La nourrice, attendrie, aurait chante' , f)0ur le calmer, dor/o , Vcnfant dort ^ et M. Se'b.... se serait endormi dani ses bras , après avoir ferme doucement sa porte , crainte d'intervention. Nous attendrons son re'veil pour enregistrer, dans un cancan officiel, !e 54' protocole de cette négociation importante.

On raconte qu'un personnage nouvellement illustre', oubliant tout à coup qu'il renUait chez lui , pria moileslement l'huissier de l'annoncer au maître.

Nos nouvelles grandeurs nous rappellent souvent ce laquais enrichi, qui, au sortir d'une visite, renioiitait derrière sa propre voiture.

Les Belges ont fait fiapper une me'daille, avec cette légende: Au eue/ hardi. D'un côté, 1 on voit deux princes français passant u«e levue à Bruxelles ; et de l'autre , un coq faisant le beau, se pavanant d'im air de protection, et chantant victoire sur un lion enchaîné et demi mort.

M. fl'Argout vient enfin d'entrer largement dans la voie des économies; il a supprimé la moitié des médecins des bureaux de bienfaisance , qui ne. touchaient aiscuu traitement.

En voyant de quelle l'açon on chassait les tra pistes de chez eux, un paysan leur dit : Ne craignez rien, mes révérends pères, Louis-Philippe protège la France et la Trappe.

M. Gisquet sollicite du ministère un fusil d'honneur pour la belle empiète qui lui a valu un si beau procès.

Lord Grey appuie vivement sa demande , et .Tohu Bull y solennellement convoqué sur le quai de la Ferraille de Londres, a volé en sja faveur une récompense nationale.

Quelques indiscrets se sont |ilainls à nos bons amis les Anii^iais de la mauvaise qualité des fusils qu'ils nous cnt vendus si cher. Ils ont répondu , quant à la (jualité, que c'étaient des armes de paix , quant au prix, que c'était un secret d'Etat.

Celui qui part du Palais-Royal , parvenu aux Tuileries , esl à moitié' chemin pour arriver à la place de la RovolutioD.

Les ministres font acheter des fusils par M. Gisquet, et les contribuables craclient au bassinet.

Parmi les plantes exotiques et indigènes dont on doit orner le potager desTuileries, on admiie, dit-on, un maga'ifi{]uechoua:blcinc que le juste milieu de'die à la re'volution de juillet.

Nous avons appris, avec satisfaction , que M. Gisquet, premier ferrailleur de France, avait donne un magnifique assaut d'armes en faveur des ministres. M. Gisquet a prouve dans cette circonstance qu'fl n'e'tail pas à ses premières armes.

Bien des gens prétendent que les fii?ils de M. Gisquet ne sont que des pistolets de poche, et que plusieurs excellence-> en ont rempli leurs goussets.

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