LA RENCONTRE AU RETOUR DE LA BELGIQUE
Eh! bonjour donc, mon pauvre frère! que j'suis aise de te revoir! Eh bien, y a eu furieusement de grabuge depuis que j'nous sommes quitte's; t'en a bian endure' là-bas, n'est-ce pas?
— Oh ! j't'en re'ponds ! Y s'sont battus dans les rues, ils y ont tout casse', tout saccage' que c'est une pitié'.
— Ah! c'est comme cheu nous!
— Et puis après ils oui dit que ça irait mieux avec un roi nouviau.
— C'est comme cheu nous!
— Si bian que Guillaume leiu' a donne' du fil à retordre , et les pourchasse comme des lapins de garenne. Va , à l'heure qu'il est, ils sont tretous pu mise'rables que les pierres.
— C'est donc comme cheu nous!
— Ik regr«ttont le temp» pawe.
— Ah! c'est comme cheii nous! car l'zimpôls sont aux trois qnnrts plus forts qu'au|iaravant, ['commerce est mort, j'ianguisson-i, rtrouhle e-.t dans nos campagnes
— Tiens! c'est comme là -bas! on n'sait si c'est la paix ou la guerre; on n'ose ni rerulcr ni avancer. La liberté y est pourtant, puistpie ceux qui ccrivont queiiqn'chose contre elle, on les Courre au cachot et on leur de'molit leurs boutiques à imprimer : mais ça n'empêche pas, ça va ban mal!
— C'est comme cheu nous! ous qui v'nont d'nriêter ceiîx qui nous lésions gagner not' vie. Si ça continue , il nous faudra aller mandier not' pain.
— C'est comme là-bas! Heureusement pourlant qu'on parle de raccommoder les choses comme elles e'iaienf auparavant.
— C'est comme ch«u nous! on en parle tous les jours; mais il y a bian des gens qui s'y oppo'-ent!
— C'est comme là-bas! Les ceux qui ont tout dans les mains, ne se seutont pas d'Ia misère; pourvu que leur pot bou.lle, ils s'moquont du pauvre monde.
— Oh! c'est comme cheu nous, va, frère, ni pu ni moins! Ta re'vnlution n'est pas pu merveilleuse qu'la nôtre; elles sont bian d'Ia même famille.
LE CANDIDAT, L'ÉLECTEUR , encore au Ut.
Le candidat. Pardon, monsieur, de ma visite importune, il est bif^i matin.
L'électeur. En effet, monsieur. J'ai l'habitude d'être levé' à cinq heures, et [e.-.. ne pensais pas qu'une visite pu! me trouver encore au lit. L'affaire qui me procure Ihouneur de vous voir est sans fioule bien pressante?
Le candidat. De la plus haute importance , monsieur ; il s'agit d'une élection , et je viens solliciter votre'voix.
L'électeur. Je comprends votre empressemenl.
Le candidat. Il v a tant dTntrigans aujourd'hui , qu'on craint toujours de se l;iisser devancer.
L'électeur. A cette heure ce serait difïîcile.
Le candidat. AU \ nion<ieiu', malgré ma vigilance je m'y suis trouvé pris ; et c'est d'autant plus malheureux , que l'homme pour lequel je cherche à re'unir ties suffrages peut se flatter de mériter la confiance du pays; de bons juo;es le considèrent comme une de nos premières capacités constitutionnelles , un Jionime totalement nouveau, pur de tous fâcheux anlécédens , qui suit le mouvement des esprits , et se place à la hauteur des circonstances.
L'électeur. Son nom , s'il vous plaît ?
Le candidat. Un homme qui a fait de la politique une pro-
onde étude, plein de zèle })Oiir Vimlépi ndance nationale et le lutine pour nos oppresseurs ; Pétrissant V illégalité parent oîiil l'aperçoit, q. i du reste s'est sifjnnle dans les grandes ■jOurns'cs en di.stiibnaiit avec une admirable prudence ct;nl car- Joii'lies niix cotjihallaus, ce qui ii:i a valu îa de'coration de la ],cgion-d'Hoiiniiir.
L'éleeteitr. Mais encore... son nom ? Il faut bien que je : aclie son nom !
Le candidat. C'est surtout d'e'conomie politique qu'il s'est
< ccupe'.
L'électeur. Son nom.. . Son nom ?
Le candidat. Eh ! bien G t
L'électeur. G — t? G...t le fabricant d'huile à quinqnets ?
Le candidat. Dites plutôt le propagateur des lumières philosophiques.
L'électeur. G...t, de la soric'lc Àidc-toi, le Ciel t'aidera'}
Le candidat. Cela prouve qu'il croit en Dieu.
L'éhcteur. G....t l'agent d'afFaires de C. P.?
Le candidat. Propre à passer toutes sortes de nnarche's.
L'électeur. Qr — t!... C'e.>>t G — t que vous me proposez, lepelit G...t! G ..t le marchand de sucre! G.,., le manchot,
< ,ui a suspendu ses paiemens...! C'est lui que vous voulez que je I omine drpute. Non , non , monsieur , il n'aura pas ma voix.
< i'cst un hon)ine que.... (pie.... je nestime pas !
Monsieur ! dit en se fediessant le solliciteur , ménagez vos
] aroles. — Comment, monsieur, ce serait a lui? — A lui-
fiéme, monsieur.
COUPS DE z.ai«ci:tte.
^\ Maigre ce qu'a pu ('ire M. Marra.st, qui le premier a éfenlé la mèche, il est positif que les fusils Gisquet font plus de
ruil et portent beaucoup plus loiii que MM. Soult et 1 e'rier ne 1( voudraient.
^\ On s'occupe beaucoup des travaux con;metice's aux Tuilei' es. Jusqu'à présent, ils paraissent n'avoir pour objet que de perpc'tuer le souvenir des barricades. Cependant queKpies amatnirs prétendent que le saut- de-li:up qu'on y pratique est merveilleusement disposé pour faire la culbute.
-K** Q"6 faites-vous là? demandait-on à un campagnard qui i( gardait à travers les grilles du jardin du roi. — Je somn)es venu pour voir la renne , et je n'avons trouve' que la girafe , I ('pondit-il.
^*^ Pour faire honneur au choux-blanc place' aux Tuileries par le juste-milieu , les hommes du mouvement se proposent de l'entourer d'une grande quantité de soucis.
^% La plupart des nouveaux pairs se soucient fort peu de l'he're'dité , attendu qu'ils ne sont pas des pairs de famille.
*^ Pour remplacer le> médailles vole'-s à la Bibliothèque, on vient d'y déposer le boulet arrive' miraculeusement, clans les trois jours, de Saint-Cloud à Neuilly.
^*^ M. et M"'^ Athalie ont ete' aperçus , ces jours derniers , dans une loge grillée de l'Opcira-Gomique. On donnait, par ordre, ies Hendez-voiis bourgeois ^ le Secret et Une Heure de Mdriage.
*^ « Mon ami, le gouvernement fait construire une quantité' de chemins de fer, afin de vous donner de l'ouvrage. — Ah ! monsieur, c'est donc pour ça qu'il nous mène par un cheuiin si dur ! »
*^ Le fils du ge'ne'ral Foy n'a etë nomme' par le ministère à la pairie, que parce que la France disait de la Chambre des pairs : Elle est sans foy l... On ne le dira plus.
*^ Quand bien même le lourd , l'e'crasant budget serait' vote' par la Chambre haute, il ne laisserait pas pour cela d'être illégitime. La France dirait toujours : Cest un enfant de trentesix pairs.
*^ Un pauvre fou, qui n'a pas l'honneur d'être re'gicide, sollicite la pairie ; il se prétend un tue-reine.
César vint , vit et vainquit ; D'Orléans vint, et vit de même.
Des trois choses que César fit , Il n'a manqué qu'à la troisième.
ÉPlGRAftlME.
— On nous méprise ! on nous outrage ! Nous , de la liberté redoutcibles vengeurs ! — Que veux-tu , mon ami, des vaincus c'est TuM^t D« kniraer la dos aux vaincjuew-f.