PLVS D'EMEUTES DANS LES RUES
L'émeute quitte les rues, les carrefours, les places publiques, elle a honte de son origine, elle rougit de sa naissance , et taillant tout à coup du grand, dépouillant ses haillons, reniant ses amis, la voilà en habit d'étiquette qui s'élance sur un théâtre nouveau.
Ne ft;rm«;z plus vos boutiques nobles industriels! bazars, magasins, échoppes, paix éternelle à vos produits, circulation libre à vos pratiques.
Jeunes beautés que l'émeute condamnaft à une retraite si funeste ù vos charmes et à vos plaisirs , reprtnez votre essor, revenez peupler, embellir nos boulevards.
Jeunes gens aux pieds légers, à la mise élégante, amants passionnés de la paix; vous dont l'existence tient essentiellement à une sensation délicate et de bon goût, réjouissez-vous, plus d'émeutes.
Vieillards, rentiers, célibataires, enfans , promenez-vous eu paix, phis d'émeutes.
ïendjes épouses , plus de nuits inquiètes et solitaires ; plus d'émeutes, parlant plus de craintes.
Mais vous qui porltz avtc orgueil le nom d'un mari député, femmes sensil)les! si vous pouvez l'êlie cncoie au milieu des embarrasde votre nouvelle dignité, je vous plains! L'énieutoa franchi le seuil du sarcluaire , «Ile a pém tié jusqu'au sein de la ch^îi»^^^;^(*^i^itive, et là elle dépluie déjà toutes ses fureuis^iiri)6^(^tez pas qu'elle f/t dépouillé dans l'enceinte
des élus quelque chose de cette rudesse populaire qui l'accompagnait dans la rue Saint-Denis? Non , la cruelle n'a rien retranché de ses forn^ie? acerbes , elle n'a rien fait pour la bonne compagnie de nos honorables!
Voilà, voilj oe que nous ont valu vo? pompes, hommes du jusle-milieu ! ('ette enieute qui lésait tête à Id grande ormee de Cordre public, qui bravait aui'acleusement vos grndniinîs à pied et à cheval, n'a pu tenir contre les rij^ueurs hydrauii-jues du clissoir ministériel. Elle a cherché un abri, elle s'est luise à couvert et j'en eusse fait tout autant.
Vienne maintenant !M. Persil , viennent même M. Vivien avec ses archers et sa nuée d'estafiers! I/émeute se rit de leur colère, placée i un degré d'élévation où tous I. urs efforts ne sauraient atteindre. C'est du haut de la tribune qu'elle menace aujourd'hui ceux qui la menaçaient, qu'elle condamne ceux qni la condamnaient, qu'elle br.ive enfin, sûre de l'impunité, les trois formidables sommations.
Bourade parlementaire dont on a régalé notre pauvre banquier ministre dans rêi/ieutc de la chambre.
— II veut discuter malgré le règlement! — Il nous traite comme des nègres! — Quelle yiolence! — Quelle dureté ! — Quel orgueil ! — A l'ordre, à l'ordre, à l'ordre, à l'ordre! — C'est un pacha! — Est-ce ainsi qu'on parle aux repré-^entants de la France? — C'est déloyal! c'est inlâme! — C'est un grandyisir! — 11 veut faire le maître!
L'affaire é.ait chau de ; et. ma foi , sans un Thiers , je ne sais ce que ce!- serait devenu.
Le drapeau tricolore semble n'être revenu que pour faire amende honorable cux pieds des nations, pour expier par des affronts ses vingt années dt; gloire acquise . au piix de tant de sang français. ..et pourtant, que de souvenirs il réveilla t;)Utà-conp dans les cœurs de ces vieux grenadiers de \/agram et d'Austerlitz ! avec quelle joie ils le revirent flotter sur la colonne immortelle!! ! Celte joie fut courte.... L'u:^ d'eux, en le voyant suriuooté d'un coq, s'écria : « Ce n'est pas là le
nôtre! Au nôtre, il y avait un aigle, un aigle au vol
rapide ! » — Vous avez raison mon brave, le coq , animal casanier, à aîles courtes et pesantes, aime à reslersur soti fumier, et là, il gratte, il éparpille, .... Il attend oour prendre sa part que les autres aient mangé; si par hasard on l'épouvante, il essaie de prendre son essor, mais» e n'est que pour aller bientôt s'abattre dans le t'o/.î/nrtjij^ê. — C'est cela , monsieur, me dit le gr-nadier, eu me serrant la main; et son œil d abord enflammé s'humecta — Ils n'iront pas au Kremlin avec
cet oiseau-là ! non , mon brave , non.
Les voilà donc ces braves, ces héroïques Belges! les voilà ces palriolcs buveurs de biene qui chuiilaienl si haut en avant ?narr/ions ,.... les voilà fuyant à toutes jambes à l'approclie des HoHandais qu'ils appelaient des lâches.. O blouses citoyennes ! 6 moustaches nationales! quel affront vous avez reçu !
A qui donc se fier maintenant pour le salut de la pallie , ti les blouses et les nion.^taclies disparaissent une heure avant !a première airioroe? r.«l-ce aux juifs qui les achètent, où aux jiarbiers qui les rasent? Qu'importe, disent-ils, que la pairie
s'arrange , qu'elle se sauve elle-mâne 1 sauve qui peut!
e Que ne peut la i'iaycur sur l'esjiiit des mortels ! ! ! »
{AlliidU.)
Ballclin de la sanglante bataille de Louvaln.
Il n'y a eu personne de blessé; si ce n'est un officier de
la garde civique mort do peur dans un fossé sur la roule de Liège L'armée a fait sou devoir, tout le monde s'est bien conduit. Le roi s'est distingué en pointant une pièce de cancn..,. Cependant la villeesl restée au pouvoir des soldats du despote.
RECETTE DU PLAT DE M. (.)• Air : ^ la façon de Barbai i.
Veut on régaler ses amis
D'un joyeux pique nique, J'ai pour composer un salmis
Une recelte unique ; Chez moiG...lain l'a trouvé bon, La fari don dé !
La fari don don !
Il en a mangé Dieu merci !
Biribi !
A la façon de Biubari, Mon ami!
Je m'étais pom\u de Persil,
De ciboule et d'oseille; J'avais à certain alo^uazil Dit un mol à l'oieille:
Je mis le tout dans un chaudron , La fari don dé !
La fari don don!
(i) Un auii invite son mil à dîner, il a , dil-il un pkt de sa façon à lui servir. Ce plat... était un agent de police qui, entre au dessert et oidonne au malheureux tonvi\e de le suivre en prison 1 à part l'opinion de cet homme, que penseront ms lecteurs de la trahison de cet ami. ..1 que penseront-ils encore de raulorilê qui piêle la nain à de pareilles infamies ?
ïl tout chantl, je vous l'ai ^ervi,
Biribi !
A la façon cle Barbari ,
IMon ami !
G...lain dit : C'est du ccq au lard ,
— Non ce sont des car.^ltes, Au même instant, entre im mouchard
Qui lui met les menottes.
Ah ! c'est du tigre en miroton , La fari don dé !
La fari don don !
Moi, je jouais l'homme surpris,
Biribi!
A la façon de Barbari, Mon ami !
La Faculté de médecine s'oppose à l'évacuation de la Belgique.
On dit que Vécuyer du roi des Français est passé le i3 août à Strasbourg. Est-ce qu'un Roi Citoyen a des écuyers?
Un électeur ayant été appelé à faire serment,... répondit : Je ne sais pas y«rcr, mais, ajouta-t-il, j'ai mon fds le grenadier qui s'en acquitte à merveille; je vais le chercher.
M. le maréchal Soult et M. le baron Dupin ont déposé leurs cierges entre les mains de M. de Sétnonville, qui s'est chargé de les mettre en lieu sûr pour un temps plus favorable.
Une personne disait hier dans un cercle : Si cet hiver nous ne donnons pas de bals pour les ouvriers, nous sommes bien sûrs qu'ils nous feront danser.
Madame de Lafayette a des vapeurs, on le conçoit, son mari ne lui fait que des révolutions !
M. le général Mouton préfère les exploits de Pojnpée,à ceux de César; ça doit êlre!
Quand ce brave général passe auprès de la colonne , l'eau lui vient à la bouche.
Depuis que la guerre est fuiic o:î sait poMiivciaent où est l'année belire.
On se ph.int que la Chambre ne marche pas. Qui diable marcherait avec un pareil budget sur le dos.