‹ [Les Cancans]Chapitre 89 sur 297 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

d'un maître-charpentier à un waîlre-nutcon.

Je nai pas osé vous écrire avant vot elevassion et surtout vot changement de domicile tant javais peure de perdre vot' pratic; mais dieu merci vot enleiprise ma rassuré et >.i vous continué à travaillé comme vous lavait fai jusqua aujoui'dui, vous me donnerez bientôt de la bel ouvrage, ce qui ue s^r?. parderefu par le tan qui coure.

Nccoutez donc pas ce que les méchantes langues débite contre vous; allé vot petit lx>nomme de chemin et creusé toujours la fosse devant vot porte; quoique on dise comme ra au bout du fosSé la culbute ; quoi que même fêu votre père me répétait encore ce vieu proverbe en qatrevinlréze quand jai eut finit la charpanl€ sur la place Louiséze , vous le savé bien vous qui ave été pion a la mutuel tout ces prnvebe son des vrai menterie.

A propo de charpanle (piaud tous vos remuniénage de poliii'jtie et toute vot massoneri sera finie , je conte ben aussi vous

mouler lj vot, elle sera a bon niarchet à cotise que vous aimet IcLtjnomit.

Saint comme par le passe,

BOISBUDE.

Rue de la Lanterne , /«" 1 1 .

BIGARKURES.

^*^ Nous avons un roi à bon marche' ; c'est pour le coup cji.e les butis marchés ruinent.

^^ On dit qu'en balançant ses recetles i\e millions el ses dépenses de mille francs, Chose a trouve un déficit A& quinze sous.

**->4 ^'*" '^'i'^ n^"^ Chose a parodie ainsi le vers célèbre de Boileau :

L'argent, l'argent, l'argent; sans lui, tout est stëriie. Le trône, sans l'argent, n'est qu'un meuble iiiutUe.

LA MARRAINE (i).

Aia : Dis-moi, soldat, dis-moi, t'en soui'iens-tu ?

ïe souvient-il de ce jour d'espérance

Où si brillant apparut le destin ?

Où, sur l'autel, le front d'un liis de France

A tressailli sous les eaux du Jourdain?...

Deux maréchaux, aux rives de la .Seine,

Vinrent alors re'piifer nos sermens ;

Et nous disions : << L'arniee e-it sa marraine ; ^

« Trois fois honneur au iilleul de nos camps ! ! »

Au nom (.VTLnri, nos drapeaux s'abaisscrent ; Ce nom si beau pre'sageait il heureux jours!!... Cent mille voix soudain le répétèrent.

Et leur écho fit vibrer nos tamboiu's l!î Certe>) , alors, qu'ils étaient à la gêne Les njille fers qui brillaient sur nos flancs ! ! ■ Qu'ils désiraient, pour cadeau de marraine, Donner la gloire au filleul de nos camps ! !

Lui-même, un jour, siu- les fon'.s do la g'oire , Réalisant r.oîre sub'.ime vœu ,

(1) L'armre, iciiiLsenlôc par doux ]M;ULcliaux de Frar.ic, a l'tti luar- ^^dH

raine de M~' le duc de Bordeaux; on sait (ju'il tut b-iilisé avec de l'eau "^

du Jourdain, iapi)orl<'e de ses vi>yage5 par M. de Cliale lulniaivl.

A nos ilrapeaux froucis [xji- la victoire

Il eût donne le baptême de feix ! ! •

Jeune et vainqueur, sur la sanglante arène

Pressant la main de nos fiers combattans,

Sa voix eût dit : « Honneur à ma marraine ! »

Et nous : a Honneur au filleul de nos camps ! »

Le sort, he'las! sur de lointaines rives A condamné son enfance aux douleurs ! ! Ses longs chagrins sur ses formes naïves Laissent à l'œil deviner bien des pleurs ! ! Mais du malheur il soulève la chaîne , Doux souvenir vient calmer ses tourmens : Il a rêve'... de France... , de marraine !! Ah ! qu'elle rêve au filleul de nos camps !

M O 1 ma marraine aux deux cent mille têtes, « Qui me berças , dit-il , de chants guerriers , « Qui me promis pour plaisirs et pour fêtes « Tant de combats, de gloire et de lauriers ! ! 0 J'aurais e'te', pour de nouveaux Turenne , «Comme Louis, he'ros â -juaUhzc a js (i). « Reverra-t-on ma vaillante marraine « Suivre au combat le filleul de ses camps ?

« Qu'ont-ils donc fait de tant d'ardens courages? « De cette e'pe'e, orgueil du fantissin ? « Ils l'ont vouc'e à d'infâmes usages , «Et pour soldat voudraient un assassiii ! ! «Les insensés , dont le pouvoir l'enchaîne, «N'ont pas compris tes gëne'reux e'Ians ; «Ils ont vendu ta gloire, ô ma marï-aine! « Ils ont proscrit le filleul de tes camps ! !

« Entends mes vœux ; de mon pèlerinage

« Si , pour toujours , je dois subir la loi ,

«Si dans l'exii doit s'éteindre mon âge,

« Je veux mourir toujours digue de toi ! ,

« Si d'un air pur le souffle me ramène

« Aux bords chéris oh. je ve'cus long-temps ,

« Lorsque ma voix nommera ma marraine ,

« Ah ! reconnais le filleul de tes camps ! »

(l) Louis XIV fit sa première campagne à quatorze ans.

BERARD , auteur et éditeur,

a Sainte-Pélagie.

Imprimerie .le G.-A Dbnto, rue d'Erfurtli, n° 1 f^is.

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