EN COUR D'ASSISES
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Hé bien , hii bien ? «juoi? qu'est-ce 1 obi abl quel homme I Cerfce, je n'oi jamais tiorrui d'un s! '>f>o ■«oir.Mic.
■* I,BA»OHH.
Mon p&rc , il fr.ut i:.'';nn
DANDIF.
Aux t^alères l î !
{Les Plaldran^.)
JURY. — Barboit-hkt (Pierre), mcdocin, rue Mouffetai-d, n. I02. — Smite, manfchal fie camp» rne CoqMcnaivl , n. ii. — Fariau, comniissaire-priseui-, rue deSeiue, n. 47. — Bib- TaÉLEMT, propriétaire, boulevard St.-Anîoine, n. 5 — LoBtOL. capitaine, rue Neuve-Sainle-Genevicve, n» 11. — Cléut, marchand de bois , boulevard des Invalides , n. 4- — Lesuh, homme de leUres, rue des Sainls-Pèrcs , n. 17. — Dobdier, propriétaire, impasse Sainl-Favon , n. 4- — Bénakd, nvocat à la Cour de Cassation, rue Nenve-du-Luxembourg, n. 28. — Jacmet, propriétaire, 1 ue St. -Paul, n. 9. — Lohier , marcha tid de drap'i, rue St. -Honore, n. 68. — GtABDA/, fils, avoue', roc des Blancs-Manteaux, n. 24.
Vous le voyei , mes cLers lecteurs, oh! ie beau petit Jury que j'avais; il ne lui isianqMait que la parole; oh! vraiment, c'gayo.is-nov>s tî'abord , l'indignation viendra assez tôt ; je crois voir encore d'ici tes douze bons apôtres , bondissant autour de leur proie; l'avocat - ge'ne'jal faisait le treizième, le Judas , celui qui met la maio au plat, celui qui vend la victime; il a djl : «Combien voulez -vous me donner, je « vous le livrerai? » — a Tope! » — t Le voilà, voilà 0 i'homnie j le fnux prophète, qui a dit au peuple que le cho- « ic'ra était un flc-TU vengeur, qtii a fait un quatrain où il n'é- « tait pas plus qsiestion de Louis-Phi 'iftpc que de poire cuite, « maison, moi Partarrieu , avocat-ge'niiral , je veux absolument
« reconnaître LouiS'Philipj^e » Faile> donc, après ce!a , le
portrait li'un ours ou d'un tigre, et allez vous y faire mordre ! S il plaît à iNI. Pailari'ieu , (pii se connaît eu bêtes, de retrouver dans votre ours ou dans votre îigi'e le portrait de Louis- Philippe, il dira au jury d'un ton mielleux ; « Messicur* les jua rt»,, vous voyez bien ce qui en est, je ne vou* en dis pas da- « va.'itige... snflit, c'est clair. • Et le jiM y,qui bâille et s'eor'ort, trouve cela adm^r-ible , el vous de'vore, sur parole.
Que voulez-vous, ross ami», il y a des gecs decetla force-là aujourd'hui, de ces ois«aux de mauvais augure qui vont par bande et s'abattent sur les cours d'assises ; on les apl^elle jnrcslîoudy,... «;ar vous scve«, s:ius doute, que le pair de France, conseiller d'Etat, jjrcièt de la Seine, comte dé liondy enfin, a la honie de nous choisii tous lû« ans douze ceuts pires, première qualité; et quind viennwit les assises, et qu'il fcut tirer
ses jures au >ort , oti c«t loujoui-8 sûr d'avoir du superfin ; c'est !a lolerie à tout coup l'on gagne... Ce sont pour la plupart des solliciteurs de but'ettii de tal)ac , épiciers eu letraite, qui, par habiUide, pè»2ut vu» raison* dau-> leur vieille balauce à sucre , et vous mellent en cannelle sius sourciller. Le cœur me ôondit quand j'y peu^e. — Aujo ird'hui je vous donne leurs noms, professions et demeures; leur biographie aux prochains cancans.
Or donc, devant mon aréopage ainsi composé, véritable uîosaïuue judiciaire , sur laquelle je lisais mes 5oo Ir. d'amende et mes six mois de prison, M' Nibelle, mon avocat, so lève, et dit :
K Mes;>ieur8 les jure's, depuis le mois da septembre, M. Berard attendait des juges. On lui reservait votre justice; il l'acceple sans crainte. Le pouvoir a montre moins de j)atieijce; il a conduit M. Be'rard à la poliie correciionnelie ; on exigeait un cautiounement de celui qui ne possède cjue sa plume; on voulait tianstormer eu journal de «impies brochure^.; on a échoue'. Bientôt M. Bérardri été arrête comme l'un dts sombres conspira teu i s des Tours Notre-Dame. Un mandat de dépôt a été' dèceiHie' contre l'écriYaui ; on a [tris ua a-compte sur la condamnation que l'on vous demande. Un auteiu-, arrête provisoirement comme un vil malfaiteur i.. voilà une quer^lion nouvelle qu'au- (Xin gouvernement n'avait encore osé soulever. M. Dérard n'a pas été' abattu par ce coup inattendu. En voyant tant de captifs et d'homme» de lettres qui encombrent \vA vastes étages de Sainlâ-Pelagie , il s'est écrié dans des vers tpie Tode ne dé avooerait pas :
Oh î console-toi, ma patrie, Car ton honneur sa réfugie Sou9 ies rerrou».
«C'est aa nom d« la prea>e détruite que le tocsin a soniié dans tous ies quartiers de la capitale, que le peuple a été poussé aux aimes , qu'un vieillard , que àon fils , qu'une jeune tête de roi oot été' forcés de quitter le sol natal ; et nous sommes maialenai>t réduits à regretter la censure qui , au moins, ne trompait personne. Autrefois on poursuivait les écrivains; aujourd'hui on Ici écrase. Quinze mois de /iAer/e onipi'ixluit vingt fois plus de jugemens contre les auteurs que nos quinze aniiéesde tyrannie. On est oblige de recourir a des souscriptions, {)Our sauver d'une destruction imminente ies organee de l'opinion publique, et nous ac<juilton8, en gémissant, ce nouvel impôt prélevé sur la pensée. Par quelle talalité, enfin, la foudre tombe-t-elle si souvent sur la liberté de la presse, depuis qu'elle est aux mains de ceui qui se sont faits les dieux du libéralisme!... Rien n'échappe au crible ministériel. Aucune pensée ne circulera désormais sans Le contrôle du jury st le laissez-passer de la Cour d'' assises ! î !
« M. Berard, ancien othcier, étaft im simple couriier de la malle, fort exact, fort ccnsciencieux.il s'occupait exclusivement de se? dépêches , et ne soupçonnait pas le talent dont il avait ^lé doté par Ij nature. Il fut jeté brusquement sur !e pavé, sans pain, sans retiaiLe, sans graîilicaticw), par ces mêmes hommes qui avaient professa tant d'horreur pour les réactions. £n t9i5;
après k* ceiït jours, Louis XVIII donna une indemnité de looo fr. aux employas qu'il renvoyait, mOme à ceux nommes la veille de sotj i etotir.
<r II lestnit à mon client du courage, uu cœ-ir droit , une ima-
ination vive, une pkune doïil il ignorait la puissance. Il écrivit.
e nom du loi Louis-P!iili[)pe, son caraLtèro , ses habitudes, n'ont jamais étc introduits dans lea Cancans...., du moins dans <eux (U'. M. iJcrard
« On nous reproclie une offense envers on roi auquel nous* ne voulions porte:- ni encens, ni injures, et l'on incrimine ce cjuatraiu :
Le penple en (x- jour ic couronnr .
C'.' oon prince , aviilf d'argent ; Oïl a beau dire qu'il se doiine, Moi , jr crois plutôt qu'il se vetiil.
«Pourquoi voulez-vou'i que ce Imdu prince soit Loui6-Hirlippe.'*.* Ce n'est pas lui. ... Comment un roi pomiait-il se vendre?..à quel prix?... TJn roi n'est pas cliose possible à mettre dans le commerce.... Les vers de M. Bcrard ne sont pas une Philippicjue. Ils ont été faits pour tout individu , pourvu qu'il -oit prince, ai'are, et qu'il se vende. Si Louis-Pliilip[)e c>t ottensd, c'e*t par ceux qui Ini appliquent imprudeminenf de^ triits où ils ne devraient [)as reucontiT.r son image.
« IjC mot regrets s'est crliappé de notre plume, continue M'^ Nibelie; le temps oti l'on avait du paia , eu la banqueroute t'iail ioin de nos portes, est regrettable sous tous les gouvernemens. Les regie's soni li proprie't:' du nnlhetir.
« Un jonrna! a fiouhaitc cpie la m.oitie' de la Franc* f6t extermineV, plutôt que tie voir un rnfanl au Irôiîe de ses aïeux. Il y avait de la guerre civile dans ce vœu impie. li n'a pas e'te poursuivi, c! l'on po irsuit des regrets qui ne renfermen' que de la doiilcu' !
f 0«r , dit cnt?rm'nanl M' Nih^'.le, toute cette immense accu'ialioii de dctaii , et do it on pourr.^it faire luj volume , porte >ur de- analyses de journaux et des cila!ion> liiNtoriques, et l'histoire n'est jamais condammb'e. M de (^linteaMbrl md a dit et dit imjiun 'm^ntt Donne-t-on ries coups ctépée dans ler>entre de ceux qui tournent le dos! Il a dit que l'on nous aumônait la paix. k'\ les pages brûlantes d indignation qu'im beau génie a fait tomber sur notre cjiorjue co itensient un di'lil, on n'aurait pas craint, «ans dou'e , de se heurter contre une grande puis^anco littéraire. La iimdie a rcsp'-ctf' le ch'^ner elle épargnera le faible lOS'MU, et vou.-' serez son appui dans la tempête.
o Pour molérer l'ivresse du triomphe, à Rome, la satire était |«jrmisi- au'our du chir qui jtortait le vaincjucur au Capito'e.
« Si quchptes m.ilins cniicms ont tioirblélcs ministres au railieu de leius nouvelle^ gran'icius, vous ne serex jiasdes vengeurs ininis'eriels. O.jand un ministre dete.^lé c'crasiit la Frai.ee d'impôU, le Fr.inÇius, toujours le même, se conso'ait par de- couplet-. Mazarin ne dénonçait pas les < lianon< ajx gens du roi. Ils cantrnt, dirait l'ilaliou , tant vrieur, ils fxtieronl! Ah! messieurs , le pétiple a', pîu^ ffuc jarft!ii>, l)e^in t'e cha>rt?j-
Wimeb'l" Hre. Ce lx)rjheiii' q«i Uii re-)tc Kii fait au rix)iDs ou-^ Wier sa misire. »
Icitleux ou trob jnreâ jetèrent les veiis sur le cadran de la salle qui marcjuait sept heures. L'uu d'eiiï ih un t;e.sfe significatif; il bui et mangea du vin et du pain qu'où lui apporta
Ses com[)agoons le le^aîdèreut «Malheur à moi, raiu--
« murais-jc, mon jiny a des faihlesies d'tstomac, mon jury « invoque le pot au lea ; ventie allainK n'a pas d'orcilks : Dieu «' veuille que restonnc ne l'einpoie pas iur la conscience ; « leurs deux voix vont crier dans letu- poitrine. La faim et Par- « tarieu-Lafoi.se à coi^battie , ali! c'en e^t Iroo ! » et cependant je me levai , car je voulais lutter contre ce nouvel ennemi. La salle était sombre et silencieuse; les douze téte= du jury tombaient lourdement sur ses douxe poitrines. « Guerre à mort ! » m'e'criai-je. — Le» jures se réveil iôren t. — « Guerre à moi ta la liberté' delapressel» Telle est , mesMcurs les jurés, le cri que les hommes qui depuis quinze ans combattaient dans les rangs de l'opposition la plus violente qui fût jamais , poutsèrent eu arrivant au pouvoir.
u Désavouant ainsi sans pudeur leur propre ouvrage , foulant en quelque sorte aux pieds f.objet de ieur culte, donnant à la face de la France un démenti formel aux principes qu'ils avaient professés , on les a vu3 tout à coup se jeter bassement dans la voie de la persécution , eux qui criaient si arrogamment coatie elle.
« Aussi qu'il dut être f«rt, celui qui le premier fut appelé à leur tribunal sous la double prévention d'excilalion à la haine et au renversement an gouvernement, de ce gouvcrnejtieut dont les principaux membres , la veille encore , travaillaient eux-mêmeé à faire haïr et à renverser.
« Que son regard dut être difficile à soutenir par i>es juges; qvie sa voix dut paraître e'trange à Tccho r.e cette enceinte qui s'était endormi sur la foi d'une victoire complète remportée par la liberté de la presse sur la tyrannie de Charles X.
« Aussi toutes le:, charges élevcfcs contre lui tombé i en t-elles à cette seule question qu'il adressa au ministère public : « De quel droit prétendez- vous m'inteidire aujourd'hui ce qui vous semblait hier si juste peur vou3-niémes ?
« Eh bien 1 moi , messieurs , je veux aller plus loin eiicoro ; je dirai à mes accusateurs j H vous sied bien d'ii.orimuitr de légères plaisan'ieiies oîi la pudeur, h morale et la religion .sont toujours respectées, quand vous iermez obsliaément les yeux sur ces brochures scandaleuses qui se vendent publiq-uement jusque sous les fenêtres de voire roi-citoyen. Quoi ! voJ-is trouverez mes Cancans criminels, parce qu'ils renferment des vérités pénibles pour le pouvoir, et vous absoudrai le mensonge audacieux qui servira voire caiîse.'
«Vous n'aurez point de rigiieiu's pour l'auleur de ces comédies immorales, de ces gravures licencieuses qui s'étalent en plein jour dans les rues, et vous aurez des fers loujo'.us piêts jX)ur l'écrivain politique (jui croira trouver dans vos lois , et surtout dans vos e-xemples , le droit d'éinttue pubJinnen/eut s«n opinion? Bien plus, à vous entendre, c'c^^t à hii (pi 'il fou-
t3i*a attribtity tous les maux cpii désolent la |xiliie. Si le comluerce s'en va mourant fautii l'e confiance, si les classes ouvricies lani^uisbe:>t faule de travail, m la France entière ge'mit > faute de picire , si , nialgic une nue'e innombrable de gendarmes, la tran(|iiillile' ne peut se rétablir, c'est la liberté de la presse, c'est l'écrivain, direx-vous, qui causent tout ce de'sordre; et dcs-lors plus de mesures dans les poursuites dirige'es contre lui ; le.4 saisies succèdent aux saisies; y près elles viennent les mandats de comparution ; puii les nipudats^ d'amener, ei eulin la prison — , et ie juj^eme.it vient quand il peut.
o Vcilà , messieurs les jures, couiment on voudrait expliquer anjourd'luii la grande liberté que la Cbaite a consacrée.
< Mais enfin qu'ai-je donc écril de si terrible contre le gouvernement , pour m'attirer tant de perseculious? J'ai rapporte des laits dont Texaelitude ne saurait être contestt'ee; j'ai peint la misère du peuple avec des coufeurs vives, mais hèlasî malbeureu ement trop vraies.
c J'ai dit au peuple i «Voici ce que des bommes de duplicité et de mensoijge t'avaient promis; voilà ce qu'ds le donnent; juge-les maintenant toi-même. »
a J'ai chcrcbè à flétrir par âes noms odieux celte police , l'opprobre de notre tiècle , la bonté de notre nation, qui s'introduit fnriivemeut dans le sein des familles pour y cpier les regret», y compter les soupirs, et en tirer ensuite un abominable salaire.
«J'ai présent'.', sop.s diverses alle'gorirs, l'imajie d'imbonbeur que mon cœur souhaite avec ardeur voir bientôt se lever sur la t x'ance. Le reste des phrases qui n)e sont imputées à crimes , se réduit à qi:elques jeux de mots, plaisanteries et cbansons , que le [jeuple aime avec ardeur depuis qne M. Be'ranger et le i^/g^«ro ont exploite, avec des surcès sibrillans, cesdeiix piii>s:in-> moyens d'opposition.
« Si ce sont là îles attaques dangereuses pour le gouverncmetit, je le plajus; car il faut que son existence so'\[ bitn fragile, et il n'est pas au bout de ses [teines, s'il est re'diùt à trembler devant une vcrilé ou im bon mot!
« De bonne foi, messieurs, les amis du mi-bourgeois ne «ont guère forts eu politicpie ! Ne devraient-ils pas tous s.^ rejouir de nous voir d humeur à rire encore quand nous avons de .^i giands sujets de nous lamenter! Et iuin de nous inU^rdire l'iiuiocenie epigramme, je crois (ju'i^s devraient se trouver ''.eureux que l'envie ne nous preni.e pas de les louer.... Car ecinmenl laire? à moins de parler encore de Jcmmaijes et de Valmy , à moins de dire les campagnes ce Lisbonne et de Belgique, où le sang des soldats français fut si prudenmient e'conomisè pour les rues de Lyon ; à moins peut-êtie de retracer aussi l'bisloire douloureuse de la Pologne!) ! M, ils, je me tais, parce qu'ajirès
tout, mesàeurs, je m'aperçois bien qu'il s'agit moins ici p')ur le pouvo r de rc[)rimer un simple délit de la presse, (|uc de me conlrainilre, à force de coiulamnatlous, à renoncei à une publication qui l'inciuièie^, parce qu'elle est devenue tout à fait populaire.
«M-ais je ['avertis (ju'il ?q In in,e clrangcnienlsil eroil Ia5s^ir
mon c(Mu*age en n:tultij)iiant confi e mcji le« 9Bi4e< et les procès. Non , non, je tiens trop à do f)rincipes f|iii seuls peuvent faire le bonheur de la France, pour les abandonner huMiemenl en pre'sence delà perse'cntioii. Et vous, messieurs les jures, vous avez trop de lumières et trop de justice pour ne pas de'tnôler ce que le ministère public exige, d'avec ce qu'il a droit «robtenir de vous. »
Il e'iait huit betu-es el demie, le jury dtait presse d'en finir ; d'ailleui's il aim^ mieux donner raison au pouvoir qu'à un simple prole'taire. Une heure aprè<; , le chef vint dccl;u'er, sur sa conscience , d('vant Dieu et devant les hommes^ les Cancans criminels d-e lèse-majeste.
Eh bien' coNDAMNEt-Moi donc! car mon père n'(5l.iit point un régicide, il ne s'a[)pelait pss Egalitt^; il ne reniait pas ka famille; il n'a jamais en honte de sou nom.
Co?fDAMN!Z-MOi ! (;ar je n'ai jrjmais pissd à l'ennemi; je n'ai pas fait la puene au drapenu que j'avais adonté; je n'ai jamais conspire contre mon roi, ni contre mon bienfaiteur, ni contie celui qui m'avait rendu l'honneur et la fortune.
CowDAMiïEi-MOi ! je n'ai pas effare' honteusement mes armes de mon bouclier ; je n'ai pa.s de'nie la noblesse de mes ancêtres, ni jet(' leur gloire, comnie une pâture, au peuple, sur b place publique.
CoNDAMKEZ-Moi ! mcssicurs , car je n'ai pas, par de viles cousi'îe'ratious d'intrrê! , a;cueilli chez moi la femme coupab'e que la sorip'le' repousse de son sein ; je ne n)e suis pas enrichi de son forfait.
CoNDAMNEz-Koi! carlese-ii! <le ma demeure ne fut pas souillé par le sang de l'innocent qui s'y e'iait rdfugie'.
CoNDAMWEz-MOî! car je suis assez riche, et l'or d'un peuple mallieureux ne me tenterait ja^nais ; je n'ai pis cte' sourd a la voix liu pauvre; je n'ai pas de'pouille l'orphelin, ni interdit à la veuve îe doiloureux plaisir de venir prier sur la tombe de son éjiojîi.
CowDAMîfEZ-iHOi ! car je n'ai pas appelé la rougeur sur le front d'un vieillard malheureux, ni livrt' sa vertu aux outrages et à la riséç- de la mniiilude.
Oui , messieurs, cowDiHRKZ-MOi ! car m ;s ainis ne sont ni des concussionnaires ni des hommes de sang ; ils préfèrent l'honneur au rang et à ia fortune, et leur fidéliié n'a pas passé de mains en main^, cotnme une fille de débauche, avant de m'appai tenir! !
Ferme! ferme! tenez bon ! poussez! hardi! au secours! au seco'nvs! . — Eh bien, ju'y a-t-il doue?
— Comment, vous ne voyez pa^ la boutique qui branle. Elle tombe, cIIj tombe!... Ahi ! alii! gare, gare! Est-il entête, ce gros maître-maçon, de vouloir souteriir ça toul seul! Il ne s'aperçoit donc pas que sa ma-ure va lut tomber sur le dos? Ah! monsieur, je vous en prie, avertissez-le du danger qu'il court. — Non, non, lais^ez-!e faire, puisque la cupidité l'aveugle au point de préfi'rer s'enterrer sous des ruines, q-ie de U-
cher prise; qu'il s'arrange! — Mais sa lemœe, mais ses eiifans! — Que dites-vous? et celle autre femme, et ces autr&, enfaiis qu'il n'a pas craint de réduire à la misèr^; bL>>»e^ bissez, qu'il reçoive la juste puuition de sou crimol
BiGARRURES,
^*^ Pourquoi diable aussi n'avez - vous pas reçu ë les plus tnauvals jures? Eh! mon ami, il aurait ialkt les rccut^er tous.
^*^ Le mininiani des laveurs du juste-milieu e'rt six mois et 5oo fr. Oh! reudez moi le maxinwtni.
^*^ J'ai ëtd assassine' dans la forêt de Bouc/y. Dans !« cas où j'en serais mort, la fosse était là!
^*^ Dominez une hontie raison à vos juges , Partarriou lu fausse.
^* ^ M. Partarrieu-Latosse , avocat-ge'ncral , a dit,enpldi~ liant <onlre u.oi, que nous étions dans le siècle des luuiicres M-, l^rtariieu n'est pas de force à le prouver.
^*, J'invite messieurs les commerça ns à ne faire jamais crc- <li( à mes douze jure's, ils it'acquiUcHt jamais.
^*^ /ivis aiijc amnteurs . — No choisissez pas un jury à jemi , et tâchez que voire nfiFaire vienne de midi à cinq heitres ; ie temys de la digestion fait des prodig'js-
*** ^' ^'^^ question de donner aux pièces d'or le nom de Philippes , au lieu de louis ou de napolcuas.
^*^ Ne YOtss e'îonnez pai de \\ niullitM(!e de ctinjuralions
tramées et décuuvertes sOus le rcgue de G : on dit qu'à
cliaqiie victoire il reçoit une gratilicatiou (!e 100,000 fr.
LE MlNISTERlEr..
Aitt : Le cœur fie nid Manette.
Ma |)olitiqtieest bonae, Je suis toujours muet ; J" ne tiens à p^i sonne, Mais je liens au budget.
Eh ! mais, oui cià , Comment ^/eut-on trouver du mal à ça ?
|(Az>.)
Qa'un ddputé dilTâmc Le pouvoir couronnd; Moi ,. jamais je ue Ijlâiïie Qu'un pouvoir clcU'ôot?.
Eh ! aiais , elc.
Ressner voyant la France, Qu'on gûspille au hasard, S'est dit: «En conscience.
J'en dois preudre ma part, n ' Eh ' muis, elc.
A sa ^eUe hérifièi e. , , ConcîJ [elle nu inotjclioir ; M'Ai la tendre fruUiôie ' Lui repasse en sautoir.
Eh ! mais , etc.
O.i peint i!ii lâche • un traître, Un gueux de bon a loi ;
Partarrieu qui p<jnctre
S'e'crie : Ah ! c'est oi..,
Eh ! mais , etc.
Que la police souille L'asile (ït I honneur, Qi;e le jufv f'epouille Un malheureux auteur, Eii ! mais, etc.
Que rim|^t vous ravissç L'argent du dernier pain, Que l'ouvrier pe'risse De misère et de faim , Eh! mais, etc.
Si ies ci'is , si les larmes D'un peuple tout entier , Ne troublent plus les rharmes Du festin de Pe'rier^ Eh ! mais', elc.
Si l'écrit légitime
Vous conduit en prison ,
Le vol n'est point un crime,
Quand il passe un milîrnn.
Eh! mais, oui dà , ^ ),^^.^ ,
ment peiit-on trouver du mal à çaV i^ ''
BEEARD, aiiieur et éditeur, à Sainle-Pëlagie.
Im^i imcrie de G. -A. Dentc, rue J'Erfnrlh, n» 1 ///*.