‹ [Les Cancans]Chapitre 95 sur 297 · LE CHOLÉRA A IIOLY-ROOD · texte numérisé non relu

LE CHOLÉRA A IIOLY-ROOD

On écrit de Londres t Le choléra est à Edimbourg ; Je tremble lorsque je songe qu'il va envaliir cV abord le quartier oie se trouvent nos amis. On ne néglige aucune précaution pour s'en présenter. Dieu veuille que l'on y pan'ienne ■'

Le choléra est à Edimbourg !..., il va envahir le quartier oii se trouvent nos amis!.... Français, dignes de ce nom , vous tous qui sentiz dans vos cœurs bnttre un sentiment généreux de sympathie pour le malheur et l'innocence , tremblez , tremblez bien fort, un glaive est suspendu sur la tête de notre

Henri! Le crime est li aux aguets; d'un geste il peut l'aire

lombcr ce glaive menaçant.,. Les cjomplices ('e l'assa^smat de LoiiisXVî , (leMarie-Anloiiictte , dElisabelh, du duc d'Enghien et du duc de Berri , ceux qui dirigèrent naguère les mains des parricides de Saint-Leu , ont encore de l'or, beaucoup d'or poiir solder un nouveau forfait!

On ne néglige aucune précaution Hélas î que peuvent

les précautions? pour un moindre iatcrêt le dernier des Coudés mourut étrangle dans son château, au milieu de ses serviteurs et de ses gardes!.... Un vêtement, un jouet, rm fruit présente' |)ar une main perfide peut co nmuniquer la terribie contagion. Notre dernier espoir peut s'évanouir avec lui, et noire malheureuse patrie être condamnée à subir éiernellement î ignominie i\n

juste-milieu ^ Mais, que dis-je? Dieu protégera l'eulàn^; de

nos rois , car il veut >auvcr la France;:

Compagnons de l'exilé, veillez, veilloz sur lui! La trahison, l;i neiTiHie rô-'lent tans cesse autour de vous. Elles épient ie moment, prêles à s'élancer sur leur proie. Ali! veillez bien , veillez toujours! Vous devez compte à la patrie du dépôt fjui vous est confie. Le jour appvoche peuf-èlre où la France demandera, avec anxicle, à chacun de vous, «qu'as-tu fait de uioii (ils?...» Avec quel trin^port, alors, vous vous écrierez : «Le voilà! le voilà, ce nol^le fils de France! le vciîà brilbnt de force, dV'nergie et de santé', [ilein d'amour pour son pays, d'enlhonsiasmc pour ia gloire , et d'entraînement pour tout ce qui est bon ou beau. Le voilà !...

« Comme l'aslre radieux du jour, lorsqu'il perce enfin un ciel ténébreux, il vient dissiper les brouillards, les nuages, il vient apai'cr la tempête, i! vient porter partout la vie et le bonheur »

INIais si le mal atroce que !'A-sic a vomi sur l'Europe, ce mal (|ui fù': re.->te bien loin de nous sans la révolution de i83o, nous

ravissait noire Henri conunent oseriez-vous reparaître dans

voire patrie en deuil?... Ah! veillez, veillez bien, veillez toujours.

Èi nous, prions, prions sans ces«e... Prions pour lui, ou plutôt pour nous, car lui c'est enoore nous.

BIGARRURES

^^^M'"^ la baronne de F. donne dans l'he'rilage à plein collier.

^""^ A la dernière distribution de riz que le cluc (VO.

a t'ait faire aux itjdigens , ceux-ci disaient: «On voit bien que ce n'est pas du riz de Caroline! »

^*^ J'c-père que M. Gisquet peut fournir des cloches à certain amateur démêlons.

^*^ M. Gisquet ne cesse de ci ier : a îl faut que l'affaire aille, il faut que laj'éraille. ... etc. »

^*^ La police vient, dit-on, d'arrêter plusieurs voitiues de fusils. On compte sur de gros pots-de-vin.

^*^ La police a défait, la unit dernière, plusieurs trames de conspiralions ; c'est l'ouvrage de Pénélope!!!

^^^ Sous presse : Les Conspirations ., roman en deuK volumes, par M- G Le i*^*" volume contiendra la conspiration des touis de Notre-Dame, et le 2°, celle de la rue des Prouvaires.

j^*^ A la dernière conspiration, Chose avait fait mettre un factionnaire à côte de chacun de ses sacs de mille francs; son hôlcl ressemblait ainsi à un bivouac de la grande armée.

^*^ Nouvelle di'ccuvcrle! Chose rogne toutes les pièces de cinq et de vingt francs qui lui passent par les mains (et Dieu sait combien il en passe!), et en envoie, à la Monnaie , pour les refondre, les copeaux d'or et d'argent ; il appelle ces rcgnincs les intére'ts de ta pièce.

^^ On dit que le Constitutionnel a vu toute la conspiralion par un Judas pratiqué au plafond du restaurant de la rue des Prouvaires. Aussi e.->t-il bien informé, comme vous voyez.

^*^ Pour préserver dorénavant les Tuileries d'un coup de

main, M""' la baronne (ic F a j)io[)Osu d'eiitoiirer !e clia-

teau d'un cordon sanitaire.

LE SABBAT DU J USTE - MI L lEU,

EONDE CHANTÉP. AU BAL DES TUILERIES.

Aia : Nous n'avons qu'un temps à vivre.

Nous n'uvons qu'un temp^ à vivre,

Doublons cens et plaisirs :

L« trti^or et le grand-livre

Viendront payer nos loi irs.

Comme il faut, en bon politi'^iue , Prévoir l'orage avant l'cclair, Je fais Hier eu Âmc'ri'iue Tous les millions de Resner.

Nous n'avons qu'un temps à vivre, elc.

Pour accomplir la destinée Qui nous mené tambours battans. Faisons payer dans unii année Les budgets unis de deux ans.

Nous n'avons qu'un temps à vivre , elc.

A la presse , objet de nos haines , Faisons porter, en dix-huit mois, Plus d'amendes et plus de chaînes Qu'elle n'en porta sous deux rois !

Nous n'avons qu'un temps à vivre , elc.

Si le sort ne nous prête vie Pour aller jusqu'au jugement, Que cha(]ue prison, bien remplie, Tue au moins provisoirement.

Nous n'avons qu'un temps à vivre , etc. Tant que nos pieds courbent ses têtes , Au petipie prodiguons l'affront ; A nous son argent et ses têtes, Avant qu'il relève son front.

Nous n'avons qu'iui temps à vivre, etc. De celte jeunesse si fi ère Usons l'ardente puberté, Avant que sa grande colère Rugisse au nom de liberté.

Nous n'avons qu'un temps à vivre , etc. Couronnons nos joyeux quadrilles De protocoles et de fleuri.

Demain , les larmes des familles ; Demain, la mort et ses horreurs.

Nous n'avons qu'un temps à vivre.

Doublons ccus et plaisirs :

Le trésor et le granù-livrc

Viendront p:îyer nos loisirs.

BERARD, auteur et éditeur, à Sainte-Pélagie.

Imprimeiie de G.-A. DE^Tu , ni^ d'Erfuvth, n° 1 bis.

Page 1