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L E S C A N C F. RS ÉPIT 11 É L 1 A U X

cellules néoplasiques. Ces cellules, transportées loin do leur lieu d'origine, y prolifèrent et forment par leur multiplication la tumeur secondaire dont la production est liée à leur présence même, Par conséquent, le transport dans un ganglion d'un parasite sans la cellule épithéliale initiale serait absolument inoffensif et pour admettre son action transformatrice de cellules lymphatiques en cellules épithéliales il faudrait faire abstraction de toute une série de faits logiquement et solidement établis, relatifs à la spécificité cellulaire. On pourrait toutefois concevoir l'hypothèse du transport (rime cellule épithéliale munie d'un parasite et admettre que la prolifération cellulaire se produit justement sous l'influence de ce dernier. Mais alors le rôle du parasite se trouve de plus en plus subordonné à la transmission et à la greffe de la cellule néoplasique vivante, en pleine activité, et il n'est pas besoin pour expliquer la multiplication de celle-ci d'invoquer un agent parasitaire. L'hypothèse de cet agent, basée sur un simple raisonnement, prend tout juste La môme importance en l'absence de faits précis que n'importe quelle autre hypothèse embryologique ou tératologique. Je dirai môme que Tune quelconque de ces dernières se trouve singulièrement renforcée par le fait de la production aux dépens d'un seul ou d'un très petit nombre d'éléments cellulaires de rudiments d'organisation tissulaire reproduisant fidèlement le tissu d'origine.

3° Gradation insensible des tumeurs éjjit/iéliales. — Si l'on a, pour plus de commodité dans les descriptions, établi un certain nombre de types de tumeurs épithéliales, il n'en est pas moins certain que toutes ces tumeurs passent des unes aux autres par des gradations insensibles. Doit-on supposer autant d'espèces parallèles de parasites graduellement reliées aussiles unes aux autresctpropreschacune aune forme de tumeurs? Faùt-il croire au contraire, que c'est une seule espèce de parasite qui, selon certaines conditions indéterminées, occasionne la formation d'un épithéliome à globes épidermiques ou d'un carcinome embryonnaire ? J'avoue que jusqu'ici l'étude des vraies formes parasitaires m'a habitué à une spécificité beaucoup plus rigoureuse de leurs caractères et des lésions qu'elles déterminent par leur présence. D'un autre côté, il nie semble difficile de concilier la

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multiplicité des formes avec La similitude des figures observées par un seul auteur dans les tumeurs épithéliales les plus diverses.

4° Arguments tirés île la comparaison des productions pathologiques des animaux et des végétaux. — Dans son article paru dans la Revue des Sciences, M. Metghnikoff établit toute une série d'arguments en laveur de l'hypothèse parasitaire en se basant sur les phénomènes morbides produits par le parasitisme sur les êtres vivants. Ces arguments méritent l'examen à plus d'un titre, car ils élèvent la question en lui donnant une portée plus générale et, émanant d'un savant justement considéré, pèsent d'un grand poids dans le côté de la balance où s'accumulent les faits favorables à l'hypothèse parasitaire. Je dois dire cependant que, malgré l'incontestable habileté avec laquelle ils se trouvent présentés et agencés, ils sont incapables de détruire la conviction résultant de l'étude approfondie des formes pseudo-parasitaires et que la plupart d'entre eux, examinés de plus près, paraissent venir à l'enconlre du but que se propose M. Metciinikoff.

On ne connaît pas encore de cancers épithéliaux chez les invertébrés et, de même que M. Metchnikoff, je n'ai pu trouver dans la littérature scientifique d'observations relatives aux néoplasmes chez ces êtres. M. Metciinikoff se sert de cet argument pour nier l'origine embryologique du cancer ou plutôt l'hypothèse de Cohniieim « de l'inclusion fœtale ». Car, dit-il, « si pour produire ce dernier (le cancer) il ne faut qu'un fragment de feuillet embryonnaire égaré, on ne comprend pas pourquoi les invertébrés seraient indemnes de pareilles productions. » Pas plus que M. Metciinikoff, je ne pense que les cancers soient justiciables d'inclusions fœtales d'épithélium ; tout au plus ces dernières peuvent-elles expliquer la présence du tissu épithélial néoplasique dans des points de l'organisme où l'on supposait n'exister aucune cellule épithéliale (Malassez). Mais, si l'hypothèse de Cohnheim n'est pas confirmée par l'observation, il in- s'ensuit nullement que l'on doive systématiquement proscrire l'hypothèse d'une étiologie cancéreuse relevant de la tératologie cellulaire.

Chez, les êtres inférieurs, toutes les néoplasies sont d'origine

4 ou

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infectieuse, et l'auteur se demande pourquoi il n'eu serait pas de même chez l'homme, pourquoi I on ne venait point se produire chez lui ce que; l'on observe chez les végétaux qui sont le siège de diverses galles résultant de la piqûre d'insectes parasites.

Je prendrai la liberté de l'aire observer à M. Metchnikoff, qu'en confondant sous un même ternie les productions parasitaires et les tumeurs proprement dites, il revient à la conception ancienne du mot tumeur et réunit des affections que Ton a reconnues depuis longtemps comme ('tant d'essence absolu in eut différente.

Ce qui dislingue la néoplasie parasitaire de la tumeur proprement dite, c'est que la première disparaît avec la cause qui lui a donné. naissance, qu'elle est un processus de réaction, un moyen de défense de l'organisme, et qu'il est loin d'en être de même pour les véritables tumeurs.

Pour être d'accord avec les faits relatifs aux végétaux, par exemple, M. Metchnikoff devrait comparer les galles de ceux-ci aux kystes à échinocoques de l'homme, et les cancers des arbres aux cancers des mammifères. Il eut trouvé alors une remarquable homologie entre les néoplasies parasitaires des végétaux et des animaux, et les néoplasies cancéreuses de ces êtres. Si, en effet, l'on se reporte aux traités de pathologie végétale les plus récents (i), l'on voit les galles classées parmi les maladies parasitaires, mais parmi les alfections non parasitaires on trouve les cancers. C'est même là un fait extrêmement intéres-

(i) Sorauer, Pfliuizenkrankheitcn. — Erstcr Band, Nichl parasit'ùrc Krankhciten Zweiter Auflage, 1886, p. 399.

Voici la traduction littérale du passage où se trouve défini le cancer : « Le cancer (Carcinoma). — Sous le nom de cancer, je désigne toutes ces plaies qui se distinguent par leur accroissement luxuriant, leur développement rapide, leur propension à mourir dans leurs parties externes, leur diamètre dépassant souvent celui du tronc qui les porte, leurs bords saillants mamelonnés, formés de préférence de parenchyme ligneux Il n'y a pas de plaies cancéreuses dont le bois ne soit gravement altéré et mort par places. »

Il existe, par contre, chez les végétaux des productions manifestement parasitaires, des maladies microbiennes auxquelles on a appliqué le nom do tumeurs dans 1.' litres large où l'entendaient les anciens nnutomo-pntbologistes et où l'entend encore M. Metchnikoff. Les tumeurs de l'Olivier, décrites pour la première fois par Savastano en 1887, Pu's Par M Pu ILLIEUX (i8<)o), celles du Pin d'Alep, étudiées par Vlillemin (1800), sont au cancer des arbres, dans le domaine de la pathologie végétale, ce qu'en pathologie animale les abcès sont aux néoplasmes proprement dits.

ÈTIOLOGIE PARASITAIRE — DISCUSSION 401

sant que La constatation d'une affecti igoureusemenl homo-

logablechez les végétaux, tellement homologable tnôme, qu'en

lisant dans l'ouvrage de SORÀUER la définition <lu cancer des

arbres, on retrouve un grand nombre des caractères assignés aux tumeurs malignes des Vertébrés. Je n'insisterai pas davantage sur ce peint qui mérite, à bien des égards, une sérieuse attention, et nous offrirait par son développement des considé-

Frc. 140.

Cancer du Pommier, d'après Sorauek, (oc. cit., pl. IV. 1. Vue d'ensemble

de la tumeur. — ?.. Coupe.

rations intéressantes, mais trop étrangères à notre sujet pour (pie nous puissions les aborder ici. Je liens seulement à faire remarquer que la comparaison de Metchnikoff portait sur des affections de nature essentiellemenl différente et que, pour être juste, (die aurait dû viser non les galles, mais les vrais cancers des végétaux. Or, ceux-là n'étant pas, que Ton sache, d'origine parasitaire, l'argument que nous venons d'examiner n'a plus de perlée en ce qui concerne les véritables tumeurs des animaux.

CANCKHN ÉIMT1IÉMAVX. 2G

LES CAXCERS ÉPITffÉlJAtTX

Les arguments tirés du règne animal ne sont pas non plus irréfutables. 11 existe incontestablement chez les animaux des néoplasies d'origine parasitaire, et elles sont bien loin d'y être rares. Mais, de même que nous voyons chez les végétaux les galles se dessécher et disparaître avec la cause qui les produisait, de môme aussi nous pouvons constater chez les animaux la disparition des néoplasies parasitaires avec les parasites. Il n'est pas logique d'assimiler une réaction inflammatoire comme un abcès, ou un tubercule, à une hyperplasie cancéreuse à évolution lente, continue et fatalement progressive; il l'est encore moins de conclure de l'étiologie parasitaire de la première affection à la vraisemblance d'une étiologie analosrue

pour la seconde. Dans son travail déjà cité, M. Bhault a longuement insisté sur ce point, et il serait difficile après lui de réunir plus de laits, aussi logiquement groupés. Je me bornerai à r< nvoyerle lecteur à la deuxième partie de ce mémoire (p. 52-82 où sont comparées les lésions de la tuberculose, de la strongylose, de l'aspergyllose, de la syphilis, de la lèpre, de l'actinomycose et du rhinosclérome, aux néoplasies cancéreuses. Je ne puis donc, pas plus que M. Bràult, me ranger à l'avis de M. Metchnikoff en ce qui concerne ce dernier point.

Un des grands arguments des partisans de l'hypothèse parasitaire, un de ceux que INI. Metchnikoff défend avec le plus de prédilection, c'est que Ton trouve chez les animaux, et en particulier chezle Lapin, des tumeurs occasionnées par de véritables Coccidies. Ici encore nous devons revenir à la définition du mol tumeu?\hes affections coccidiennes des Vertébrés ne sauraient rentrer dans cette définition; elles sont assimilables à des abcès et n'ont rien à voir avec les néoplasies épithéliales. Que voyonsnous se produire dans le foie d'un Lapin atteint de coccidiose? Au début de l'infection nous constatons, il est vrai, une hyperplasie des canalicules biliaires résultant de la pénétration des parasites dans leurs cellules de revêtement. Cette pénétration donne lieu à une réaction de l'organisme, à une distension des canalicules, et M. M etchnikoff superpose immédiatement la figure ainsi formée à celle d'un adénome du rectum. Y a-t-il prolifération exagérée du tissu épithélial à la suite de ce premier processus ? Pas le moins du monde ; les cellules atteintes par le

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parasite tombent dans la lumière du canalicule ; il se développe peu à peu, dans le foie, une cavité pleine de parasites mélangés à drs débris de cellules mortes, el finalement nous assistons à la naissance d'abcès plus ou moins volumineux, rarement uniques, parfois assez, nombreux pour détruire presque tout le tissu hépatique sans augmenter notablement le volume de l'organe. Si la coccidiose du Lapin esi comparable à une tumeur épithéliale, nous pouvons dire alors que dans ce cas l'hyperplasie cellulaire est représentée uniquement par celle du parasite lui-même.

En examinant de quelle manière se comportent les Levures vraies qui se développent soit spontanément, soit à la suite d'inoculations chez l'homme et chez les animaux, on s'aperçoil que là également les choses se passent à peu près de la même façon que dans les coccidioses. Les travaux de S.vx Felice, de Curtis, sont extrêmement intéressants à cet égard, car ils jettent une grande lumière sur un point encore obscur de la pathologie comparée. Mais il serait absolument irrationnel d'y chercher une preuve, même lointaine, de l'hypothèse parasitaire des néoplasmes. Les Levures agissent vis-à-vis des tissus comme la Coccidie oviforme vis-à-vis du tissu hépatique du Lapin, comme les Bactéries vis-à vis du bois de l'olivier et du pin d'Alep.

(hielle que soit l'espèce de Coccidie à laquelle on ail affaire, qu'elle s'attaque à un Mammifère, qu'elle vive en parasite dans une Salamandre ou qu'elle se développe aux dépens des organes d'un Poisson, nous voyons toujours les faits se passer de la même manière. Le parasite refoule les cellules de l'organe qu'il a envahi, il les pénètre, il les tue, mais sa présence détermine en somme l'apparition de phénomènes nécrobiotiques el non de phénomènes hyperplasiques comparables à ceux dont le cancer est le siège. Lorsqu'il y a hyperplasie au début, comme c'est le cas pour la coccidiose du Lapin, il s'agit là d'un phénomène puremenl réactionnel, comparable à ce qui se passe dans une glande mammaire atteinte d'inflammation el non à une néoplasie épithéliale de cel organe.

On trouve chez les Mammifères de véritables cancers épithéliaux, identiques à ceux de l'Hoi e. Ces cancers sont fré-

LES CAXCKIiS ÈVITUÈLIAUX

quents chez lo Chien, le Rat, la Souris blanche ; ee sont eux qui ont servi de point de départ aux expériences d'inoculation tentées sur les animaux, niais pas plus chez eux que chez les cancers de l'Homme on n'a trouvé de véritables Goccidies. Leur éliologie parasitaire demeure aussi problématique que celles de ces derniers.

11 faudrait cependant en excepter, d'après MM. Albarran et Bernard (1897), les productions épithéliales provoquées chez l'Homme par la présence de la Bilharzia hœmatobia el donl ces auteurs ont donné une assez, longue description dans les Archives de médecine expérimentale.

L'argumentation d'ALBARRAN est la suivante. La Bilharzia a occasionné une tumeur (épithéliome) de la vessie. Or l'on objectait que jamais parasite n'avait produit de tumeur véritable. Donc le cancer envisagé d'une façon générale pourrait bien être de nature parasitaire.

Je ne saurais admettre la majeure d'un si séduisant syllogisme; fût-elle même admise, sa conclusion serait tout au moins hasardeuse. En effet, MM. Albarran et Bernard ont observe chez un malade atteint de Bilharziose que la muqueuse vésicale uniformément épaissie au point de réduire la capacité de l'organe au volume d'une noix, portait en outre des saillies ou végétations qui présentaient la constitution histologique d'un épithéliome. Il est bon de rappeler ici que partout où le parasite dépose ses œufs dans la couche sous-muqueuse, dans l'intestin, dans le vagin aussi bien que dans la vessie, il se produit un épaississement considérable du revêtement épithélial correspondant. La Bilharzia aurait donc la propriété de provoquer non pas une tumeur épithéliale mais mieux encore une « épithéliomatose » des organes. Pour donner à cette néoformation épithéliale le nom d' épithéliome, il faudrait constater — ce que les auteurs n'ont point l'ail <|uc je sache — la présence dans le sein du stroma conjonctif d'îlots épithéliaux isolés résultant de la désorientât ion cellulaire au degré correspondant au type épithéliome. (Test là un critérium indispensable, le seul qui,

d'après MM. Gornil e1 Ranvier, permette de distinguer à coup sûr un cancer épithélial. Or, si l'on se reporte aux travaux des auteurs qui ont étudié la Bilharziose, il semble au contraire que

ÈTIOLOGI E PAR A S I TA I R E

— di s ci s s i o .v

nous nous trouvons en présence d'une simple augmentation d'épaisseur de l'épithélium des muqueuses sans inclusion intraconjonctive d'îlots isolés.

.Mais en supposanl même que Ton puisse constater la présence de ces Ilots, en supposant par conséquent que Ton soit en droit de donner à ces néoformations épithéliales le nom d'épithéliomes, quelle conclusion faudrait-il en tirer, sinon que; l'épithélium est capable de proliférer et de se désorienter sous l'influence d'une cause irritative telle que la présence sous sa couche basilaire d'un nombre immense d'organismes parasites ? En quoi cette constatation viendrait-elle étayer l'interprétation des corps considérés jusqu'ici comme des parasites du cancer, corps dont on peut déceler l'origine tissulaire de la façon la plus nette ?

Je crois donc que MM. Albarran et Bernard, en donnant le nom d'épithéliome aux épaississements muqueux provoqués par la Bilharzia — épaississements qui, je le répète, sont uniformément répartis — commettent une erreur de définition. Je crois en outre que leur conclusion par comparaison est basée sur une conception erronée de ce genre d'affection.

Les arguments de M. Albarran pas plus que ceux tic M. Metchnikoff ne plaident donc point en faveur de la théorie; parasitaire des cancers et ne portent pas grand appui aux faits d'observations faussement interprétés clans le môme sens. Je ne tenterai pas, en essayant de défendre ici l'hypothèse de Tétiologie tératologique vers laquelle je pencherais cependant, de substituer à une théorie une autre théorie tout aussi peu fondée pour le moment. Je n'essaierai pas non plus de prétendre que les cancers ne peuvent être de nature parasitaire, car rien ne nous autorise encore à une conclusion aussi formelle, mais je crois être en mesure; d'affirmer que loul ce qui a été décrit jusqu'à présent comme représentant des parasites se rattache nettemenl à des dégénérescences cellulaires.

S'il m'était permis d'exprimer à ce sujet une opinion plus générale que ne le comporte le cadre de cette étude, je dirais toutefois que Ton peut très bien concevoir une affection sans étiologie parasitaire. La généralisation des recherches de microbiologie a quelque peu contribué à obscurcir cette notïon

',o(i LES CANCERS ÉPITJJÉLIÂUX

en permettant) parfois à raison, mais bien souvent à tort, de découvrir un microbe spécifique dans presque tous les cas où on s'est donné la peine de le chercher. Le bilan effectif de la doctrine microbienne compte à son actif assez de laits primordiaux, susceptibles des plus larges et des plus utiles applications, pour n'être pas amoindri par cette constatation. Or, si Ton suit l'histoire du cancer dans ces dernières années, on s'aperçoil vite qu'elle a évolué entièrement sous l'empire de celle doctrine. Découvrir le microbe du cancer! Tel était l'objectif de chacun. La chose ne pouvait naturellement beaucoup tarder, el pendant quelques années, Ton a cru toucher enfin au bul tant désiré. Scheuerlen avait même réussi à déterminer la producl ion

du cancer (die/, le chien par l'inoculation de ses cultures. Si l'on pense à la quantité de bactéries et de micrococcus, a qui il n'en a pas tant fallu pour se faire naturaliser spécifiques, on peut s'étonner à bon droit de la rapidité avec laquelle le microbe du cancer a perdu Ions ses titres. Peut-être l'éclosion de la doctrine coccidienne y a-t-elle un peu contribué. Quoi qu'il en soit, celle-ci, après avoir joui d'une faveur liés marquée auprès du public scientifique, semble entrer également dans sa période de déclinaison, et les observateurs les plus prudents commencent eux-mêmes à prendre parti contre elle.

En supposant que notre manière de voir se confirme, et que la théorie coccidienne soit définitivement écartée, il restera toujours aux partisans du parasitisme la ressource d'objecter (pie la technique, n'a pas dit à ce sujet son dernier mot, et (pie le parasite échappe à nos moyens actuels d'investigation. Ramenée à ces jusles limites, la question demeure largemenl ouverte, mais la théorie parasitaire n'a que la valeur d'une hypothèse pure el simple sans fondements, sinon sans espoir.

Je résume, dans les propositions suivantes, les conclusions de cette discussion.

La théorie parasitaire du cancer, née des travaux de PFEIFFER, de DA.RIER, de WlCKHA-M el d'.\ LlîAHliA N , repose su r des observalions qui n'ont entre elles aucun lien, ni aucune analogie.

Les formes décrites comme des Sporozoaires n'ont avec ces êtres que des ressemblances morphologiques et n'en possèdent pas les caractères.

ÊTIOLOGJE PARASITAIRE — DISCUSSION 407

Toutes les pseudo-coccidies figurées jusqu'ici se rattachent par des gradations insensibles à la cellule néoplasique donl elles émanent par voie de dégénérescence.

Les cancers épithéliauxdes Mammifères, réellement homologables à ceux de l'Homme, ne présentenl non plus aucune forme parasitaire.

En essayant de démontrer la nécessité d'une étiologie parasitaire, par comparaison des cancers épithéliaux avec les galles des végétaux et les néoplasies infectieuses des animaux, Ton méconnaît l'essence même du cancer et Ton met en regard des termes qui ne sont nullement comparables entre eux.

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