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guérison de ces affection^ en deux grands groupes fondamentaux. i° Traitements cnternes par médication empirique; 20 Traitements destructeurs ou modificateurs.

i° Traitements internes. — Les substances les plus diverses ont été tour à tour essayées e1 recommandées dans ce but; nous n'avons même pas à en tenter une énumération qui nous entraînerait trop loin et hors du cadre de ces recherches. L'idée directrice qui présidait à leur emploi était l'espoir de trouver pour le cancer un spécifique tel que le mercure et l'iodure de potassium pour la syphilis, le quinquina pour la fièvre.

Ces recherches n'ont pour point de départ aucune hypothèse plausible ; elles sont par essence même de nature empirique, aussi ne peut-on en discuter la valeur ou la raison d'être. Sans nier leur utilité nous ne pouvons que les mentionner en passant et souhaiter qu'à défaut d'autre guide le hasard nous procure un jour le spécifique tant désiré.

a0 Traitements destructeurs ou modificateurs. — Ceux-ci forment le groupe le plus important, groupe qui peut se diviser lui-même en cinq classes principales : A, extirpation par l'instrument tranchant ou par le thermocautère ; B, destruction par le broyage et l'écrasement sous-cutanés ; C, destruction par les caustiques ou la galvanocaustique ; D, régression par compression ; E, destruction par injections modificatrices.

Il ne m'appartient ni de définir ni de décrire ces procédés qui sont connus de tous. Je me bornerai à examiner dans quelle mesure ils sont en harmonie avec les données que nous possédons sur l'histologie des cancers épithéliaux.

A. Extirpation par V instrument tranchant ou par le thermocautère. — L'étude de l'anatomie microscopique des cancers nous apprend que ces affections, nettement caractérisées par des éléments en voie de prolifération anormale, naissent d'un groupe de cellules plus ou moins circonscrit puis se propagent par transformation ou par envahissement. Par conséquent, l'extirpation complète du groupe cellulaire en puissance d hyperplasie doit amener théoriquement la délivrance du malade. En pratique cel heureux résultat se trouve parfois et trop souvent empêché : i° parce que l'extirpation faite nécessairement au jugé n'a pas été complète, d'où repullulation

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Locale immédiate des cellules néoplasiques abandonnées sur les lieux; a° parce que la zone de transformation, c'est-à-dire celle dans laquelle les cellules en apparence saines sont pourtant encore en puissance d'hyperplasie n'a pas été réséquée ; 3° enfin ' parce que les éléments néoplasiques Jnis, au cours de l'opération, en contact avec les tissus sains et les vaisseaux béants s'y sont infiltrés el y ont formé des noyaux secondaires locaux ou éloignés (métastases). Ces trois causes d'insuccès peuvent être évitées dans une certaine mesure par l'amplitude voulue et aussi large que possible de l'extirpation et par la précaution — souvent irréalisable — d'opérer le néoplasme sans le mettre en contact avec les tissus sains qui formeront les parois de la plaie opératoire. J'ajouterai que les laits nombreux d'apparition d'un cancer épithélial chez le môme sujet sur un point éloigné de la première opération et après un laps de temps assez considérable pour écarter toute idée d'apport métastatique résultant de la première intervention, permet de supposer que la prédisposition à l'hyperplasie peut exister simultanément en plusieurs points du corps. En d'autres termes, une opération locale aussi heureuse que possible n'entrave nullement une manifestation ultérieure de ce que l'on désigne faute de mieux par le nom de diathèse cancéreuse.

Il y a longtemps d'ailleurs que la chirurgie avait reconnu la nécessité des larges opérations et qu'elle se conforme de son mieux à l'exécution de ce précepte. Peut-être y a-t-il lieu d'insister davantage sur le danger des auto-inoculations, signalées également depuis nombre d'années, mais dont le véritable mécanisme n'a été réellement démontré que par les expériences récentes et fructueuses de greffe et d'inoculation.

B. Destruction par broyage et par écrasement sous-cutanés. Ces procédés, qui ne sont plus employés de nos jours, auraient été imaginés en vue de favoriser la dissémination métastatique des masses néoplasiques, an sein de tous les organes, qu'ils auraient parfaitement rempli leur but (i), mais envisages comme

(i) M. Morau a réalisé expérimentalement la généralisation métastatique du cancer chez la souris, en procédant à l'écrasement sous-cutané d'une tumeur de 1» même façon que l'on s'y étnît pris | • en tenter le destruction,

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modes de traitement ils paraissent, a priori moins efficaces que l'expectation pure et simple.

C. Destruction pur les caustiques chimiques et la galvanocaustique. ■ — Que Ton extirpe un néoplasme parle bistouri ou le thermocautère, qu'on le détruise par un agent susceptible d'annihiler la vitalité de ses cellules, les deux procédés n'en sont pas moins fondamentalement identiques. Les raisons qui (Mêlent à l'opérateur le choix de la méthode à employer ne sont pas de notre compétence et nous n'envisagerons ici que le point de vue histologique de la question pour nous demander si le caustique peut être plus ou moins efficace que le bistouri. Je pense avoir suffisamment insisté sur l'étroite parenté des tissus néoplasiques avec les tissus sains pour n'avoir pas besoin de faire remarquer ici qu'il ne peut guère exister un caustique spécifique, c'est-à-dire un agent qui détruise la vitalité des cellules néoplasiques en les poursuivant dans l'intimité des tissus sains sans altérer aussi ces derniers. Par conséquent, il convient de considérer le caustique comme un destructeur brutal et aveugle de tout tissu vivant. Si son action porte sur une tumeur bien circonscrite, peu développée en profondeur, et si cette action s'étend assez loin pour dépasser les limites de la tumeur, le caustique agira aussi bien que le bistouri, mieux peut-être même parce qu'il évitera les chances d'auto-inoculation par le système circulatoire. Si, au contraire, la tumeur à enlever se trouve intimement enclavée dans les tissus environnants, si par exemple, elle s'infiltre (Mitre des faisceaux musculaires, l'action du caustique n'entravera nullement la prolifération ultérieure des cellules qui n'auront pas elé touchées par lui. Dans ce second cas, le bistouri moins brutal et guidé par un œil exercé, sera incontestablement plus utile. Ce sont là d'ailleurs des vérités reconnues et je ne m'y arrête que pour combattre L'idée d'une action spécifique de tels ou tels agents chimiques destructeurs. Les mêmes remarques s'appliquent à la galvanocaustique.

D. Résolution par compression. — Ce mode de traitement, fortemenl préconisé il y a une cinquantaine d'années, esl actuellement abandonné el relégué au rang des moyens inutiles. L'opinion des cliniciens ne s'étant naturellement formée sur ce

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point qu'après de longues et patientes expériences, je ne saurais avoir la prétention de la modifier par des réflexions personnelles et purement théoriques, mais j'avoue que certaines expériences récentes d'HERTWiG au sujet des modifications de l'orientation de la division cellulaire sous l'influence de la t compression, m'ont conduit à me demander s'il n'y aurait pas ; au fond de cette vieille méthode quelque chose de rationnel et de justifié. En présence d'une question aussi ardue et en apparence aussi insoluble que celle de la guérison des néoplasics cancéreuses, le moindre fait positif doit être retenu el soigneusement envisagé sous tous ses aspects. Or, nous verrons tout à l'heure à quels résultats Hertwig est parvenu en soumettant à la compression des œufs en voie de segmentation.

E. Injections modificatrices. — Plusieurs expérimentateurs se sont proposé, en poussant des injections interstitielles de diverses substances, soit dans l'épaisseur des tissus néoplasiques, soit dans leur voisinage, d'en amener la destruction ou la régression. Parmi ces substances, les unes sont des matières colorantes (bleu de méthylène), les autres des caustiques ou du moins des poisons cellulaires (acide picrique), les autres enfin sont des sérums ou des toxines.

A la suite des résultats heureux annoncés par plusieurs expérimentateurs au moyen de sérums de diverses provenances je crus devoir exposer (1895), dans les comptes rendus de la Société de biologie, les raisons qui permettaient de douter de l'interprétation des faits obtenus et de proposer une explication qui permit de concilier l'objectivité de ces faits et l'erreur à laquelle ils avaient donné lieu. Cette explication s'étendant à toutes les injections modificatrices quelles qu'elles soient, je me borne à reproduire textuellement ici ma note de 1895.

« Il est aujourd'hui démontré : i° que le sérum du sang des animaux infectés par certaines formes microbiennes contient un principe actif particulier; 20 que ce principe actif inoculé à l'homme lui confère l'immunité vis-à-vis d'espèces microbiennes habituellement pathogènes. Tel est le point de départ, expérimentalement justifié, de la sérothérapie. Ce mode de

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traitement est donc rationnellement applicable aux maladies d'origine bactérienne.

« Autanl cependanl il semble nécessaire d'en utiliser les applications toutes les Ibis que Ton se trouve en présence d'une affection présentant les caractères de cette étiologie, c'est-à-dire la contagiosité, sinon la transmissibilité par l'inoculation de l'agent pathogène isolé en cultures pures, autant il paraît illogique de l'appliquer au traitement de tous les maux. C'est précisément ce que l'on est en train de faire pour les cancers et les expériences tentées dans cette voie n'ont pour base qu'un rapprochement illégitime des affections microbiennes d'une part et des néoplasies cancéreuses d'autre part.

« Les résultats annoncés prématurément comme des guérisons n'ont au point de vue de leur nombre, de leur durée, de leur interprétation qu'une portée analogue à ceux que l'on a successivement, enregistrés après les autres injections modificatrices trop vite préconisées comme curatives des cancers. Tous rentrent dans une môme catégorie de phénomènes, et trouvent leur véritable interprétation dans la connaissance de la structure histologique de ces affections.

« Rien n'est moins démontré que la nature, je ne dirai pas microbienne, mais parasitaire des cancers. Ils ne possèdent même pas la contagiosité qui, à défaut de démonstration effective, permet pour certaines autres affections, comme la rage, la syphilis dont on ignore l'agent pathogène, de conclure à l'entrée, dans l'organisme, d'un corps chimique ou figuré venu du dehors et déterminant la maladie. On ne peut, en effet, considérer connue une contagion les cas de transmission de cancers par la greffe expérimentale ou accidentelle de tissus aéoplasiques en pleine vitalité. Par conséquent, la voie suivie par les expérimentateurs qui appliquent au traitement des néoplasmes le principe de la sérothérapie est purement empirique. El rien ne l'ail mieux ressortir le caractère de ces tentatives que la comparaison des procédés employés par leurs préconisateurs.

« MM. Richet et Héricourt se servent de sérum sanguin d'un Ane inoculé avec du suc d'osléo-sarcome et obtiennent

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indifFéremmenl la guérison d'un fibro-sarcome el d'une tumeur indéterminée de l'estomac.

u MM. Emmerich et Sciioll guérissent des cancers récidives du sein et un sarcome de l'épaule par du sérum sanguin de .Mouton inoculé au moyeu de cultures d'érysipélocoques.

« Enfin M. Coley observe des résultats aussi favorables pour les carcinomes et les sarcomes, indifféremment, après injection de cultures d'érysipélocoques chauffées à 100 degrés et parfois additionnées de toxines du BaciUus prodigiosw.

« 11 ne saurait être question ici, cela va sans dire, de l'objectivité des phénomènes constatés de liés bonne foi par les observateurs que je viens de citer, mais de leur interprétation. Or ces phénomènes me paraissent présenter la même signification que ceux dont on a pu, de longue date, constater la fugacité. Je veux parler des effets produits par les injections locales modificatrices en général dont le mode d'action me paraît être le suivant :

« Les tumeurs sont constituées par un tissu adulte ou embryonnaire, vivant, susceptible par conséquent de subir, sous l'influence de certains agents, tout comme le tissu normal qui les environne, des phénomènes de désorganisation et de régression. De plus, dans presque toutes ces formations, l'élément conjonctif migrateur tient une place importante.

ce Les injections modificatrices agissent sur l'ensemble de la masse néoplasique de façons différentes selon leurs propriétés toxiques et probablement chimiotaxiques. Injecte-t-on dans une tumeur de l'huile phosphorée comme l'a fait récemment encore M. Nepveu, de l'acide picrique (Moii.vu) ou tout autre poison cellulaire, les éléments touchés par le réactif périssent immédiatement en même temps que celui-ci se combinant avec les albuminoïdes des tissus forme avec eux des combinaisons insolubles et par conséquent inertes. Les parties ainsi frappées de nécrose aseptique ne lardent pas à être résorbées par les éléments mobiles du tissu conjonctif, et le volume de la tumeur diminue proportionnellement. Dans ce premier cas, l'injection modificatrice agit à la façon d'un simple caustique. Son efficacité est limitée par le fait que jamais son action no s'étend à tous les éléments constitutifs de la tumeur.

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« Plus décevantes encore sont les injections de substances qui u'interviennent que par leur action chimiotaxique sur les leucocytes. On sa il parles expériences de Massant et Bordet, de Metchnikoff que les toxines microbiennes présentent au plus haut point ce pouvoir. On sait aussi que la chimiotaxie peut être positive ou négative (Pfeffer, Ma.ssa.rt et Bord et).

« Or l'observation microscopique nous démontre que toute tumeur contient, en proportion variable, une masse leucocytaire dont le volume peut osciller dans de larges limites, sans que pour cela le tissu néoplasique proprement dit subisse des fluctuations parallèles. C'est sur cet élément migrateur que l'injection modificatrice exerce son action chimiotaxique et Ton conçoit que dans certains cas particulièrement propices cette chimiotaxie négative puisse être assez considérable pour amener une diminution temporaire et très notable de la masse totale d une tumeur.

« Par conséquent, régression vraie par destruction partielle et incomplète du tissu néoplasique, régression apparente par raréfaction des éléments conjonctifs migrateurs, parfois production simultanée de ces deux effets, tels sont les phénomènes qui viennent en imposer pour une guérison et qui permettent, en tous cas, d'expliquer à la fois les succès temporaires observés à la suite des injections de substances chimiques les plus dissemblables, l'unité des résultats signalés malgré la diversité de ces substances et enfin la réserve avec laquelle doivent être accueillies de nouvelles expériences tentées dans le même ordre d'idées. »

Trois ans se sont écoulés depuis la publication de cette noie et les faits semblent avoir malheureusement donné raison à l'interprétation que j'y avais proposée.

Le court résumé que Ton vient de lire suffira pour montrer à quel point se trouve actuellement la question du traitement des cancers et des cancers épithéliaux en particulier. On a pu voir

qu'abstraction faite du traitement destructeur le plus souvent incomplet, aucune hypothèse plausible n'a servi de base aux recherches tentées dans celle voie. Tout au plus la supposition d'une étiologie parasitaire peut-elle expliquer certaines tenta-

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tives et encore peut-on dire que ces tentatives n'ont pas été effectuées en dehors de la voie empirique,

La conception acquise par l'observation directe de la désorientation cytotropique des tumeurs n'a pas seulement l'avantage d'éclairer l'histogénèse de ces affections, de créer entre elles un lien naturel qui les relie les unes aux autres et de les considérer comme une des manifestations graduellement accentuées d'un processus pathologique unique. Cette conception nous offre encore la possibilité, ainsi que j'ai eu déjà l'occasion de l'exposer à diverses reprises, d'établir un programme de recherches expérimentales rationnelles.

Si l'on admel — et ici nous sommes dans le domaine des faits facilement vendables — la désorientation cellulaire comme la manifestation secondaire d'une cause première ou d'une force occasionnant cette désorientation, on est conduit à se demander si l'application d'une cause ou force contraire ne pourrait contrebalancer l'action de la cause première encore inconnue. En d'autres termes, abstraction faite de l'étiologie des cancers épithéliaux, ne pourrait-on, en rectifiant la direction cytotropiq 1 1 e . imprimer à leurs tissus constitutifs la direction normale grâce a laquelle ils évoluent toujours dans le sens centrifuge ?

Des expériences déjà nombreuses ont prouvé depuis longtemps que la cellule vivante, soit libre, soit rattachée à une formation tissulaire, est susceptible de subir l'influence de divers agents physiques et de s'orienter par rapport aux forces qui la sollicitent. Chacun sait l'action qu'exerce la lumière sur la direction de croissance des végétaux; la chaleur, l'humidité, la pression possèdent des propriétés analogues ; niais nul agent ne se montre d'une puissance, d'une flexibilité comparables à celles des fluides électriques ou magnétiques. On peut désigner sous le terme général de cytotropisme les modifications de direction imprimées à la cellule vivante par l'action de ces agents et ce sont les principaux laits relatifs à l'étude du cytotropisme que nous allons passer brièvement en revue.

En i8<S(i, M. II. Dubois, faisant croître sur des hosties humides des colonies de Micrococcus prodigiosus disposées dans un champ magnétique, constata que les colonies s'orientaient suivant les lignes de force de l'aimant. Dans la même séance où était faite

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