APPLICATION THÉRAPEUTIQUE DES CANCERS ÉPITHÉLUUX
la communication de M. Dubois, à la Société de Biologie, M. d'Arsonvax rappela quelques expériences précédemment instituées par lui cl appuya les conclusions de M. Dubois.
11 ne semble pas avoir été l'ail depuis cette époque de nouvelles recherches eu France sur le cytotropisme H ce sonl 1rs auteurs allemands qui, a la suite des travaux d'HERMANN et de Blasius et Schweizer, contribuent le plus à accroître nos
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Galvanotropismc du Paramœcium aurelia, expérience de Verwokn. Les organismes se portent vers le pôle — en suivant la direction du courant qui traverse la préparation de -f- à — .
connaissances sur ce point. Verworîî (1889), Roux(i8y6), J.vconY et Schwyzer (189.)), Loeb cl Maxwell (1896) Ludloff (i8o,5), constatent l'influence du courant électrique sur la direction cellulaire ci lâchent d'en déterminer les lois. Sans entrer dans de longs détails sur ces intéressantes expériences, je nie bornerai à relater ici celles de Verworn sur le Paramœcium aurelia parce que ce sont celles qui semblent les plus nettes et les plus directement intéressantes pour noire sujet.
Avant déposé sur une lame de verre une goutte d'eau
CANCERS BP1THBLUUX. 27
; i s les CANCERS ÉPITUÉUAUX
contenant de nombreuses Paramœcies oui nageaient vivement dans toutes les di réel ions, Ykhwoiin fil passer dans le liquide un eourani continu provenant de quelques éléments de pile au bichromate. Immédiatement les Parainœcics — organismes unicellulaires — s'orientèrent suivant le sens du courant et se dirigèrent vers le pôle négatif où elles s'accumulèrent (fig. 1 4 1 ). A chaque inversion de courant elles se retournaient instantanément e1 se précipitaient vers l'extrémité opposée de la goutte d'eau en dirigeanl toujours leur grand axe dans le sens des lignes de passage du (lux électrique. La même expérience répétée sur un grand nombre d'organismes Amibes, Flagellés, etc.) donna des résultats identiques. Certaines espèces cependanl Spirostomûm) s'orientaienl perpendiculairement au courant, d'autres, en petit nombre, semblaient réfractaires à son action.
J'ai liés souvent répété l'expérience de Verworn sur les Paramœcies et j'ai toujours constaté leur grande sensibilité à l'action directrice du courant électrique à tel poinl que j'emploie actuellement ce moyen pour les réunir en un poinl déterminé d'un vase de culture cl les y récolter à loisir. Les organismes pluricellulaires aquatiques, les Florifères, les Entomostracés, les Gopépodes obéissent au courant de la même manière que les Paramœcies. Il m'a semblé par contre que les éléments inertes mais vivants, les globules sanguins par exemple, suivaienl une direction opposée et se laissaient transporter vers le pôle |)osiiil*. Il y a là tout un champ d'expériences extrêmement intéressant à parcourir, niais dont je ne veux extraire que ce qui peut nous intéresser pour le moment. Les expériences de Verworn ont été reprises et complétées par Ludloff en iStp.
! M us récemment encore (Ialeotti (1896) étendant ces recherches aux cellules tissulaires de la Salamandre reconnut que le courant électrique pouvait avoir une action directrice sur la division cellulaire des éléments de l'épiderme.
L'électricité n'est pas seule à exercer une action cytotropique sur la cellule. Mkndelssohn (1895) a reconnu le mémo pouvoir à la chaleur sur le Paramœcinm an relia. Enfin, Hertwig, dans ses belles recherches sur l'influence des agents extérieurs sur la segmentation de- l'œuf, reconnaît que le plan de division est
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toujours parallèle au plan de compression cl que loule modification imprimée à la position de ce dernier se transmet a l'œuf.
Un l'ait principal ressort de toutes ces expériences à savoir que la cellule obéil aux agents extérieurs et qu'elle s'oriente sous leur influence suivant une direction facile à déterminer. Or la division cellulaire obéit elle aussi à des lois extrêmement précises, relatives à la direction de son grand axe (loi de bipartition de Hertwig) et si Ton possède le moyen de faire varier la position de cet axe on possède par le fait même celui d'imprimer une direction déterminée à son plan de division (i).
Il ne s'agit point ici, comme on le voit, de simples hypothèses accumulées les unes au-dessus des autres.
Certes je n'ai pas la prétention d'inventer de toutes pièces un traitement radical des cancers épithéliaux , mais en me reportant, d'une part, aux constatations que j'ai pu faire sur la désorientation cellulaire dans les tumeurs, en rapprochant, d'autre part, de ces constatations les faits relatifs
(i) « Le plan de division du noyau cl do la cellule est déterminé par la position que prennent dans le cytoplasma les centrosomes avec leurs sphères attractives. Nous pouvons légitimement supposer que dans ces éléments se trouve une force ou mieux, un système de forces, les unes attractives, les autres répulsives, variant d'intensité suivant les diverses phases de la division. Chaque sphère attractive exerce sur toutes les molécules du noyau et du cytoplasma une action dont l'intensité varie en raison inverse du carré des distances ; dans chaque moitié d'une cellule en division, c'est-à-dire dans chaque future cellule-fille, la sphère attractive se place de telle sorte que la distance moyenne à tous les points de la masse protoplnsiniquc soit aussi petite que possible. Or il est facile de démontrer, soit par l'analyse mathématique, soit par une simple construction géométrique que, dans une cellule de forme ellipsoïdale, les deux sphères, pour remplir cette condition, doivent se trouver sur le grand axe de l'ellipsoïde. L'obser- ' vation directe des cytodiérèses, dans les œufs cl dans les cellules animales et végétales, prouve que c'est en effet cette position queprennent les sphères attractives. » (Hcnneguy, La Cellule, p. 440.)
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Schéma montrant l'application de l'énergie électrique suivant une direction déterminée sur une tumeur cpithéliale T, tumeur; a, a', anode; c, c', cathode; II, lignes de force; P P, parois du corps ou du membre porteur de la tumeur.
4ao LES C. t. x a: lis êpjteêliâux
au cytotropisme expérimental, il me semble assez légitime de baser sur ce rapprochement sinon quelque espoir du moins une indication cle recherches.
Il serait prématuré de vouloir dès maintenant instituer chez L'Homme des essais de traitement basés sur ces données. On conçoit d'ailleurs aisément, après ee que je viens de dire, de quelle façon devraient être conduits ces essais. La détermination des propriétés cylotropiques de nos propres tissus indiquera la marche à suivre, et le schéma ci-joint (P19. 142) n'est qu'une ébauche destinée à montrer de quelle façon je rattache les faits de désorientation néoplasique à ceux de cytotropisme expérimental.
Pourrait-on d'ailleurs chercher autre part que dans l'étude de la mécanique cellulaire le III conducteur <le la thérapeutique des cancers le jour où ces affections seraienl définitivement classées parmi les tératomes ? Force nous sera bien un jour, si rien ne vienl confirmer les persévérants efforts de ces dernières années, de renoncer à l'encourageante hypothèse d'un parasite plus ou moins facile à attaquer et à combattre. Devrons-nous par cela même nous déclarer impuissants, renoncer à trouver hors des voies ouvertes par la microbiologie un nouveau terrain plus ferme encore, et retomber dans le domaine si hasardeux et si désespérant de la thérapeutique empirique. Je ne le crois pas ; seule la méthode expérimentale appuyée sur les bases rationnelles édifiées par l'esprit le plus puissant du siècle, l'immortel Claude Bernard, permettra, grâce à l'étude des phénomènes cellulaires, d'arriver un jour à la solution d'un des problèmes les plus importants et les plus difficiles de la Pathologie.
EXPLICATION DES PLANCHES