LES CANCERS ÉPIT1IÉLIAUX
direction donnée, se séparent on doux groupes destinés à devenir les noyaux-filles, lesquels, après la division du corps cellulaire, se trouvent logés chacun dans une des deux parties de clui-ci. ("est la division indirecte on Karyokinèse. Celle-ci peut, comme la division directe, être égale ou inégale et dans ce dernier cas la division prend aussi le nom de bourgeonnement. On voit donc que le bourgeonnement n'est qu'une forme secondaire delà eytodiérèse et qu'il peut "s'effectuer par l'un quelconque de ses modes.
Par le troisième processus enfin Le noyau émel dans le corps cellulaire lui-même un ou plusieurs bourgeons qui s'isolent, condensent autour d'eux une zone protoplasniique e1 s individualisent dans le sein de la cellule ou ils ont pris naissance. Ce processus, qui a recule nom de multiplication endogène, est, comme les deux précédents, susceptible de présenter des variations secondaires; c'esl ainsi que l'on peut considérer, comme s'y rapportant, la gemmation indirecte des noyaux de l'épithélium intestinal de la Salamandre.
Ces trois formes de multiplication ont été constatées dans les tumeurs épithéliales, et, tant qu'elles s'y présentent avec leurs caractères normaux, elles ne peuvent donner lieu à aucune erreur d'interprétation. Mais il n'en est pas de même quand l'une des nombreuses dégénérescences qui frappent habituellement la cellule épithéliale néoplasique en dévie ou en arrête la marche et en altère la configuration. C'est alors (pie l'observateur peut méconnaître la nature du phénomène dont il ignore les phases antérieures, perdre même, de vue l'origine des éléments dont la filiation lui échappe et, cherchant une explication à leur présence, conclure avec un semblant de raison que seule l'invasion parasitaire se montre susceptible d'éclairer à la fois l'étiologie du cancer et la nature des corps auxquels on doit nécessairement l'attribuer. L'étude de la multiplication cellulaire dans les tumeurs épithéliales nous intéresse donc a un double point de vue : par son importance propre et par les interprétations erronées auxquelles elle a pu donner lieu. - J'ai fait, suivant en cela l'exemple des ouvrages classiques de cytologie, Une énumération succincte des trois modes fondamentaux suivant lesquels s'effectue la division cellulaire, mais
DIVISION CELLULAIRE
ce serail une erreur de se Qgurer que ce tableau correspond strictement à la réalité. Il ne représente, comme toutes les classifications dans lesquelles nous tentons d'encadrer les phénomènes naturels, que les faits les plus fréquemment e1 les plus communément observés. A envisager la question de plus près, Ton ne tarde pas à se convaincre qu'ici également il existe d'une part dos variations secondaires infinies, d'autre part des anomalies dans chacun de ces modes. En troisième! lieu, enfin, chacun de ceux-ci se relie à ses voisins par des processus intermédiaires, de telle sorte que Waldeyer a pu assez justement émettre l'opinion que la division directe et la division indirecte ne sont que les variations extrêmes d'un processus unique entre lesquelles on peut trouver toutes les transitions.
Il arrive fréquemment que la cellule en voie de multiplication, au lieu de se diviser en deux cellules-filles par l'un quelconque des processus admis ci-dessus, donne naissance à un nombre plus élevé de rejetons. C'est à ce phénomène que l'on donne le nom de division. La division multipolaire, peut donc procéder delà division directe ou de la division indirecte. Arnold (1879), qui, l'un des premiers, s'est occupé de la cytodiérèse dans les tissus néoplasiques, propose de classer les phénomènes suivant lesquels elle s'effectue en deux groupes principaux : la segmentation et la fragmentation. La segmentation est la division de la cellule en deux parties par voie directe ou par voie indirecte; la fragmentation est la division de la cellule en .plus de deux parties égales ou inégales suivant des procèdes analogues (1). La segmentation d'ARNOLD correspond donc aux phénomènes cytodiérétiques normaux, la fragmentation comprend ceux que certains auteurs ont improprement appelés anormaux. Si Ton tient compte que dans certains tissus normaux et sains, tant animaux que végétaux, la fragmentation constitue le seul mode de multiplication usité,
(1) Henneguy (i8o(j) fait observer que le terme de segmentation s'appliquant surtout aux divisions cellulaires dans l'œuf, il vaut mieux réserver le mot de division pour la bipartition égale du noyau, opposer la division directe à la division indirecte, appeler <li\i-imi multipolaire la fragmentation Indirecte et conserver le mot de fragmentation pour la division directe inégale ou en plusieurs segments.