‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 45 sur 132 · LES CANCRE US ÉPITUÉLIÀVX · texte numérisé non relu

LES CANCRE US ÉPITUÉLIÀVX

l'on reconnaîtra qu1 Arnold a quelque raison de l'aire rentrer ce processus dans une classification générale 'l<-s phénomènes de division cellulaire.

Tous les autours cependant ne partagent pas celte manière de voir; il en esi pour qui La division indirecte esi la seule (orme vraimsnl physiologique, la division directe n'en étant qu'une sorte <le déviation ou d'atrophie. 'Telle esi l'opinion des traducteurs de Ziegler, Augier el van Ermenghem p. 199). D'autres vonl beaucoup j)lus loin encore. Ziegler, par exemple p. 198), nie toute division nucléaire sans métamorphose interne appréciable. « Je crois, dit-il, que les données anciennes sur l'étranglement simple du noyau sans déplacement des éléments chromatiques, exposés clans les traités d'histologie, reposent sur des observations incomplètes et ne s'appliquent qu'à des noyaux déformés, altérés dans leur forme sous l'influence d'une cause quelconque. »

Nous verrons que cette opinion est trop exclusive et lait réellement trop bon marché d'observations récentes effectuées avec toute la précision désirable.

L'élude de la cvtodiérèse dans les tissus sains a fait dans ces dernières années l'objet d'un nombre considérable de recherches et de travaux. Ces questions se trouvent magistralement exposées dans les ouvrages d'HERTWiG (189^ sur la cellule, ainsi que dans les belles leçons d'HENNEGUY [189^ . professées il y a deux ans au Collège de France. Nous y renvoyons le lecteur, qui y trouvera la bibliographie complète du sujet et voudra bien me permettre de ne m'arrèter ici qu'à ce qui concerne spécialement la cytodiérèse dans les tumeurs épithéliales. En tête de l'étude de chacun des trois modes de division, je me bornerai à en tracer un schéma rapide el à en donner un aperçu historique strictemenl limité aux travaux as ant I rail à nol ro su jet.

1 Division directe. — Ce mode de division, le plus anciennement connu, était considéré connue le seul qui produisit la multiplication cellulaire, el ce n'est que depuis l'établissement de la théorie de la karyokinèse en 1873, par Flemming, que l'on s'aperçut qu'il n'en constituait en réalité qu'un mode presque

DI VISIO S CELLULAIRE

exceptionnel. Ainsi que nous L'avons vu plus haut, il consiste simplement en un étiremenl de toutes les parties de la cellule, d'où résulte la scission du noyau cl du protoplasma en doux parties égales ou inégales. Certains éléments de l'organisme, et beaucoup d'êtres unicellulaires libres, ne possèdent pas d'autre moyen de se multiplier. Ce qui distingue essentiellement la division directe de la division indirecte, c'est que clans la première le noyau conserve sa membrane et ne présente, en apparence du moins, aucune transformation chromatique.

La division directe dans les néoplasmes a peu attire l'attention des observateurs, et la plupart se sont attachés à y découvrir les stades de la karyokinèse. Après les recherches d' Arnold, Borrel (1891-2), le premier, s'en est occupé dans un travail qui nous arrêtera avec d'autant plus de raison qu'il résume parfaitement l'état de la question.

Borrel distingue dans les épithéliomes (tumeurs épithéliales en général) deux types cellulaires, le type à noyau simple et le type à noyau composé; du premier dérive le second par une division nucléaire non suivie de la division protoplasmique. Ces deux types de cellules peuvent être le siège de tous les processus cytodiérétiques ; mais n'envisageons ici que leur division directe, et voyons d'abord ce qui se passe dans une cellule à un seul noyau. Ou bien il se forme dans celui-ci un pli médian qui parait s'invaginer, et la division du corps cellulaire suit de près celle du noyau (division directe bipolaire de Borrel), ou bien, au contraire, les deux parties s'étirent en bissac et la division s'effectue par un étranglement simultané du corps, du noyau et du nucléole de Ja cellule (division directe par étiremenl ou bourgeonnement de Borrel). La division bipolaire, portant sur le noyau seulement, produit la formation d'une cellule à noyaux multiples, et celle cellule peut ensuite, à son tour, subir l'un des deux modes do division bipolaire ou par étirement. Dans ce cas, la masse totale des noyaux contenus dans la cellule se segmente en même temps el serl à constituer deux nouvelles cellules à noyaux multiples. Arnold a fail les mêmes observations au sujet do la multiplication des globules blancs el (les cellules de la moelle des os (i883).

LES CANCERS ÉPITHÉLIAUX

La division directe normale est assez rare dans les tumeurs cancéreuses, on plutôt on en trouve peu chez lesquelles prédomine ce mode de division ; lorsque toutefois le l'ait se présente dans une tumeur, l'on peut assez rapidement observer tous les stades décrits par Borrel, car alors les divisions directes se présentent eu véritables nids. Ce sont surtoul les carcinomes a grandes cellules, à cellules cancéreuses types de Lebert, qui m'ont paru les plus riches en divisions directes, Je ne puis que me rallier aux observations de Borrel sur ce point, et n'ai rien à y ajouter. Le processus est d'ailleurs simple, sans grandes difficultés d'interprétation ; il ne se distingue en rien de celui qu'a figuré M. Ranvier pour les leucocytes, et les figures ci-contre (fig. 6) que je donne, d'après la tumeur n° a65 carcinome du sein), me dispenseront de plus amples explications.

Division directe multipolaire. — Si, au lieu de présenter un seul plan de division passant par le noyau, la cellule en présente plusieurs se coupant à différents angles, nous assistons à la division multipolaire,' qui n'est en somme qu'une variation du processus précédent. L'étirement des parties donne lieu alors à la formation d'un certain nombre de diverticules cellulaires qui, en s'étranglant simultanément, donnent naissance à 3, 4, etc., cellules-filles à noyau tantôt simple, tantôt multiple. Je représente ici {fig. 7), d'après Borrel, quelques-unes de ces divisions qu'il ne m'a pas été donné d'observer d'une façon aussi nette.

Division cellulaire du type mixte. — Pour certains auteurs, avons-nous vu, les divisions directes et indirectes ne seraient qu'un seul processus évoluant de façon un peu différente. Pour Waldeyer, la division indirecte ne serait « qu'une division mitotique s'effectuanl dans le cadre d'une ligure amitotique ». Je me range d'autant plus volontiers à celle opinion que certaines formes de division observées par moi dans un carcinome du sein (n° [o4)me paraissent établir un ternie de passage entre les deux modes. Je désignerai ce genre de division par L'expression de division du type mixte, pour mieux marquer la signification que Ton doit, à mon avis, lui attribuer.

DIVISION CELLULAIRE

Sur des coupes de La tumeur pratiquées après fixation par la liqueur de Flemming et colorées parla méthode d'fÏENNEGi r, à la safranine, l'on distingue parmi des figures karyokiné-

Fie. G.

Division directe des cellules d'un carcinome du sein. — A et C, cellules à noyau bourgeonnant. La cellule A contient vers sa partie inférieure un noyau isolé, — B, cellule n noyau simple. Gross. 5oo/i.

tiques bi- ou pluripolaires bien conservées un assez grand nombre de figures de divisions anormales. Ces ligures présentent avec les figures karyokinétiques le caractère commun d'être constituées par des bâtonnets chromatiques assez, réguliers, mais le groupement et surtout la direction de ces bâtonnets diffèrent quelque peu (le ce qu'on est habitué à voir clans la vraie karyokinèse. Si Ton suit sur la coupe révolution des cellules <|ui présentent ces bâtonnets, l'on

arrive assez bien à constituer une série de formes rappelant^ d'une part, les caractères intimes du noyau en voie de karyokinèse, niais évoluant, d'autre pari, à la façon de cellules en

Fie. 7.

Divisions directes multipolaires, d'après Bohrel, 1892.

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