LES CANCERS ÉPI TUÉ LIA V X
tique : la dégénérescence physiologique et La morl. La cellule épithéliale jeune, issue (l'une cellule semblable à elle dans la couche la plus profonde du lissu qu'elle, etrastitue, se trouve bientôt repoussée par des sœurs plus jeunes vers les couches supérieures de ce lissu; dans cel acheminemenl lenl vers la surface, elle subil des altérations de forme el de texture, elle vieillit e1 se détache enfin de l'organisme comme un corps el ranger.
Cette évolution centrifuge de la cellule épithéliale constitue, ne l'oublions pas, le caractère fondamental des éléments de cet ordre ; elle mérite qu'on s'y arrête et qu'on en étudie les conséquences, tant à l'état normal ou physiologique qu'à l'étal pathologique.
Quand l'épithélium revêt une surface libre à laquelle il serl de couche protectrice ou de revêtement, son rôle se termine avec son existence. Mais lorsque la cellule épithéliale s'enfonce dans l'épaisseur des tissus pour y former des glandes, elle s'y différencie en vue d'autres fonctions; son évolution restant la même, son rôle se transforme, et d'élément protecteur elle devient élément sécréteur. La cellule glandulaire se charge de certains produits extraits de l'organisme, puis tombant en déliquescence totale ou partielle, en est chassée comme la cellule de revêtement, mais seulement sous une forme différente.
Cette forme évolutive de la cellule épithéliale qui, comme je l'ai déjà dit, la distingue tout d'abord de tous les autres éléments de l'organisme (i) présente; à elle seule une importance considérable au point de vue général, aussi bien qu'au point de vue particulier, qui nous occupe ici. Etudions-la donc de plus près sous ses deux aspects principaux, ('eux qu'elle présente dans les épithéliums de revêtement et dans les épithéliums glandulaires.
(i) M. Df.sfosses (1881, p. .I;!) insiste toul, particulièrement sur colle évolution spéciale du tissu épithélial et en fait un tnblcnu parfaitement exiiot. On peut d'ailleurs retrouver lu môme idée exprimée plus ou moins nettement dans un fécond nombre d'autres travaux* et si je m'y appesantis ici, c'est, on le eompren'dra aisément, non pour établir un fait déjà admis de tous, niais seulement pour assurer un point de déport plus stable aux déductions que je vais établir.
Si Ton examine une coupé de peau 'maie, Ton constate
au premier coup d'œil que 1rs cellules épithéliales qui en constituenl l'épiderme sont d'autanl |>lus déformées, d'autanl plus âgées qu'elles sont plus rapprochées de la surface où elles linissriii par former une couche cornée eu voie d'exfoliation continuelle. C'est là un fait banal sur lequel il est inutile d'insister davantage. On sait également que les cellules les plusjeunes, celles de la couche basilaire immédiatement apposées a. la membrane limita nie du derme, sont les plus actives et que c'est par leur multiplication incessante que se produisent les éléments destinés à remplacer ceux qui sont arrivés au terme ultime de leur évolution. La couche ainsi formée de cellules reproductrices a été nommée aussi pour celte raison couche génératrice de l'épiderme.
U est assez difficile de constater les phases de la division cellulaire au sein de la couche basilaire de la peau saine. Flemming admet que le phénomène se produit de place en place sous forme do nids de division. Si, au contraire, l'on détermine artificiellement une inflammation de la peau, telle qu'en peut donner, par exemple, l'application d'un vésicatoire (MM. Du val et RoïTTKiiKH, 1 886), imméd i a I ement apparaissenl de nombreuses figures karyokinétiques dans Tin lé rieur des cellules les plus profondes de la couche de Mal pighi. La peau normale et a plus forte raison la peau en voie de régénéral ion rapide tirent donc leurs éléments constitutifs (Tune ou de plusieurs couches (le cellules reproductrices. Ces cellules évoluent canckrs tsniB&uxox. 0
Fie. 27.
Coupe schématique de j>oau normale montrant l'orientation cytodiérétique de la couche basilaire. «, couche cornée; b, stratum lucidum ; c, stratum grnnulosum; d, couche basilaire de la couche de Malpighi ; c, membrane basale; f, derme.