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moins épaisse renforcée parfois d'une couche périphérique constituée par les cellules atrophiées et refoulées du tissu envahi. Je ne connais pas de cas de prolifération par transformation de tumeurs secondaires s'effectuant aux dépens des cellules d'un organe, môme quand celui-ci se compose également comme le foie et le rein, de cellules épithéliales susceptibles de présenter à l'occasion la prolifération néoplasique primitive. Le fait est intéressant à rapprocher de l'observation de M. Morau qui, dans ses tumeurs secondaires expérimentales, a toujours également constaté l'existence d'une zone conjonctive périphérique.
Sous quelle forme et à quel stade de leur existence les cellules néoplasiques émigrent-elles pour donner naissance aux tumeurs secondaires? Nous savons que la cellule épithéliale à son stade le plus jeune se distingue difficilement d'une cellule embryonnaire ; nous savons également que c'est à ce moment de sa vie qu'elle présente au plus haut point la faculté de se multiplier. A ce moment aussi la cellule épithéliale offre peu de cohésion avec ses voisines ; elle s'en détache facilement sous l'influence du moindre traumatisme. Tout permettrait donc de conclure a priori que c'est le transport à distance des éléments jeunes, aptes à la prolifération, qui détermine les métastases. Mais l'observation directe vient confirmer ces conclusions et leur donner toute la précision désirable. En étudiant des ganglions, voisins d'un carcinome pavimenteux adulte de la langue (cas n° 193), j'ai été assez heureux pour y saisir le début de l'infection néoplasique et pour identifier les éléments jeunes de la tumeur à ceux rencontrés dans les ganglions. Ceux-ci étaient durs, engorges, du volume d'un haricot, mais ne présentaient sur leur surface de section aucune différenciation d'apparence cancéreuse. Des coupes pratiquées à travers l'un de ces ganglions [fig. [8 montrent cependant dans toute sa masse1 des zones plus claires, des îlots de dimensions variables qu'un examen plus complet permet de reconnaître comme formés de cellules en voie de différenciation épithéliale 49)- Certains de ces îlots sont, à peine distincts du tissu lymphatique environnant ; les plus avancés en organisation ont au contraire des cellules de nature
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manifestement épithéliale.Toûs ces éléments peuvenl être considérés comme les cellules dites èpithélioïdes des anciens ailleurs et Ton comprend en les étudiant avec quelle facilité une pièce de ce genre peut eut rainer l'observateur à conclure de la transformation des cellules lymphatiques en cellules épithéliales et de là à la théorie de l'indifférence cellulaire. Le doute n'est
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Fie. 49.
L'un des noyaux métastatiques de la figure précédente. Au milieu des cellules épithéliales embryonnaires, l'on distingue sur la droite de nombreuses figures de division karyokinétique. Gross. 35o/i.
pourtant pas possible, car Ton réunit aisémenl les plus jeunes de ces éléments aux éléments épithéliaux par d'insensibles transitions.
.Nous pouvons donc, nous basant d'une part sur les faits généraux qui nous sont enseignés par la théorie aujourd'hui admise de La spécificité cellulaire, d'autre part sur les faits
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directs d'observation considérer le processus de la généralisation comme une série de greffes internes, multiples s'effectuant sur le trajet des vaisseaux sanguins et lymphatiques, greffes résultant du transport par ces vaisseaux d'une seule cellule ou d'un 1res petil amas de cellules néoplasiques embryonnaires.
Lorsque Ton considère dans son ensemble le mécanisme formatif des cancers épithéliaux, lorsque l'on se rend compte en même temps de la manière dont ils se généralisent, Ton demeure tout d'abord confondu de la simplicité apparente de leur évolution et en même temps de la persistance el de la gravité des désordres qu'ils occasionnent dans l'économie. Peut-être même que les cliniciens qui, eux, rompus de longue date à la lutte quotidienne et presque désespérée contre ces ennemis que la victoire entoure d'une sorte d'auréole mystérieuse et sacrée trouveront-ils que l'histologie porte une main bien hardie sur le voile, encore impénétrable. Ils se diront sans doute que c'est expliquer bien simplement des désordres don1 la thérapeutique laisse à peine entrevoir la répression partielle et temporaire. Et pourtant nous avons la conviction que la conception des cancers épithéliaux tels que nous les comprenons, répond exactement aux faits cliniques. La prolifération indéfinie et irrégulière de quelques cellules épithéliales, le transport loin de leur lieu de naissance des éléments qui en dérivent suffisent à occasionner les manifestations les plus variées du cancer. Ces manifestations ne sont variées qu'en apparence et en raison même de la diversité des organes aux dépens desquels elles s'exercent; elles obéissenl à un petit nombre de lois dont on soupçonne encore à peine l'existence, mais que l'observation et surtout l'expérimentation si féconde déjà en résultats arriveront progressivement a établir et à coordonner.