LES CANCERS Ê PITII É LIA UX
multiplication sous cette forme, l'abolition plus ou moins complète de son pouvoir évolutif centrifuge normal. Une courte incursion clans le domaine de l'embryologie nous permettra de mieux saisir l'essence de ce phénomène et d'en comparer les significations normales et pathologiques. Sur une coupe de la peau ou d'une muqueuse quelconque d'un fœtus de mammifère encore peu développé, on voit que l'épithélium de revêtement qui en couvre la surface ne présente aucun diverticule dans la profondeur. Sa face interne et sa face externe sont semblablement limitées par deux lignes à peu près parallèles et rectilignes (fig. 5o A). C'est le cas, par exemple, de la peau du doigt d'un fœtus humain de 3 mois. Mais prenons le même organe chez un sujet plus âgé, chez un fœtus de 4 mois nous verrons que, tandis que la ligne limitante externe de l'épiderme conserve sa rectitude, celle qui sépare les premières cellules épithéliales du tissu conjonctif embryonnaire sous-jacenl présente de place en place des saillies, des épaississements en forme de mamelons dont la pointe s'enfonce vers la profondeur. Un grossissement suffisant nous permet de constater que ces mamelons sont uniquement formés de cellules exactement semblables à celles qui constituent les assises les plus profondes de la couche épithéliale {fig. 5o B). Chez un fœtus de 6 mois, les bourgeons de la face profonde se sont allongés sous forme de tubes perpendiculaires au plan de la peau, leur extrémité s'est renflée en massue, quelques-uns même commencent à se contourner en forme de crosse {fig. 5o D). Enfin, au moment de la naissance, chacun des mamelons primitifs que nous avions vus se former chez le fœtus de 4 mois a donné lieu à la production d une glande sudoripare avec son peloton el son tube excréteur.
Les glandes sudoripares proviennent donc d'un bourgeonnement centripète et embryonnaire de la couche profonde de l'épiderme. Ce bourgeonnement est dit embryonnaire parce que sa production n'a lieu que pendant la période de vie fœtale el qu'il ne s'observe plus durant le reste de l'existence de l'individu. Mais ce n'esi pas tout; au fur et à mesure que les bourgeons intradermiques s'accroissent et s'allongent, les cellules qui les constituent se différencient progressivement
TUMEURS ÊPITHÉLlALES DE REVETEMENT
pour donner l'épithélium de revètemenl glandulaire, d'où Ton peul conclure que celui-ci esta l'état adulte le terme ultime de I rvolulion embryonnaire centripète de l'épithélium de revêtement. Eh bien, tandis que dans l'état de vie normale nous ne pouvons assister au développement centripète de l'épithélium, à l'état de vie pathologique, au contraire, ce processus évolutif peul paraître de nouveau; la couche basilairc peut envoyer des bourgeons [fig. jo) analogues à ceux que nous voyons chez le fœtus de 6" mois, et les bourgeons, une l'ois formés, peuvent
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Fig. 5o.
Schéma du développement d'une glande en tube aux dépens d'un épilhélium de revêtement (peau du fœtus). A, peau d'un fœtus âgé de 3 mois. — B, bourgeon destiné à donner naissance à une glande chez un fœtus âgé de 4 mois. — G et D, le même bourgeon chez le fœtus de 5-6 mois.
continuer à croître et à se développer tout en demeurant à un stade quelconque de leur vie embryonnaire. Et si l'on veut bien alors établir mentalement la comparaison entre une tumeur embryonnaire de ce genre et une tumeur glandulaire également revenue à un stade plus jeune d'évolution, on verra que ces deux genres de néoplasmes se rejoignent à leur point d'origine en une souche commune, comme l'on comprendra également combien peu de différences séparent les carcinomes provenant des épithéliums de revêtement des carcinomes qui se développent aux dépens des épithéliums glandulaires.
En nous basant sur ce qui précède', nous sommes donc amenés à reconnaître deux formes fondamentales d'évolution dans les tumeurs épithéliales de revêtement el à distinguer avec M. Bard ( 1 885) la forme adulte dans laquelle les éléments épithéliaux évoluent vers le type d'élimination qui leur est
propre, la l'orme embryonnaire dans laquelle les éléments
L E S CANCERS ÉPJTHÉLIAVX
épithéliaux, ayant repris un état embryonnaire analogue à ceux de La couche basilaire ou même j > I u s jeune évoluent dans cet état.
Ces deux formes d'évolution adulte et embryonnaire ne suivent (railleurs pas une marche parallèle a celle de la désorientation du plan de la division cellulaire. Un épithéliome, par exemple, peut évoluer sous une forme plus embryonnaire qu'un carcinome dermique; il peut présenter une désorientation assez, peu accentuée pour donner naissance à des nids de cellules concentriques, niais celles-ci évoluant sous la (orme embryonnaire ne forment plus de globes épidermiques vrais, de globes cornés. Au contraire, un carcinome de la peau à cytodiérèse totalement désorientée peut évoluer encore sous une forme plus adulte que l'épithéliome précédent et donner alors naissance non plus à des nids, à des globes épidermiques mais à des globes cornés, résultant de la kératinisation isolée et successive des cellules parvenues au terme ultime de leur évolution. Il y a donc lieu de se demander lorsque Ton examine une tumeur épithéliale dont on a pu discerner l'origine tégumentaire : i° à quel stade de désorientation elle se développe; a0 quelle est la forme d'évolution de ses éléments. Ces deux points étant éclaircis, on pourra passer plus sûrement alors à l'étude des altérations ou des modifications accessoires dont elle est le siège, soit quant à ses éléments propres, soit quant à son stroma.
Nous avons, à plusieurs reprises, énoncé cette idée que les tumeurs épithéliales participent toujours des caractères propres aux épithélinms d'où elles dérivent. Gela revient à dire qu'il y a autant de formes de tumeurs épithéliales que de formes d'épithéliums et que pour bien se rendre compte de la constitution de ceux-là, il faut absolument posséder tout d'abord la connaissance morphologique de ces derniers.
La forme d'épithélium la plus répandue dans l'organisme,
celle qui constitue le revêtement le plus important du corps
humain, c'est incontestablement l'épithélium pavimenteux stratifié ou l'épithélium du type malpighien. Non seulement il forme à lui seul la couche épidermique de la peau, mais encore avec très peu de variation dans sa texture intime, il se prolonge
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intérieurement dans la cavité buceo-pharyngienne, revèl une partie de la muqueuse du larynx, celle de L'œsophage jusqu'à sa jonction avec l'estomac. C'est lui également qui recouvre les organes génitaux externes, une partie du canal de l'urètre, le vagin et le col de l'utérus. L'origine de l'épithélium pavimentcux stratifié semble être toujours ectodermique. Pour celui de l'œsophage, cependant, les avis sont encore partagés , certains le faisanl provenir de l'ectoderme, tandis que d'autres, dont l'opinion semble prévaloir aujourd'hui, lui assignent une, origine endodermique. Tous les épithéliums pavimenteux stratifiés possèdent un caractère qui leur est particulier, auquel ils doivent leur faciès spécial, un caractère qui manque bien rarement, quoique souvent extrêmement atténué, dans les tumeurs qui en dérivent : je veux parler de la constitution filamenteuse de la couche moyenne de leurs cellules ou couche de Malpighi, Nous reviendrons tout à l'heure plus longuement sur la description de cette importante variété.
Certains épithéliums se rattachent par quelques côtés à l'épithélium pavimenteux stratifié, quoiqu'ils s'en distinguent nettement, grâce à l'absence de la couche des cellules malpighiennes. C'est ainsi que l'épithélium des uretères, delà vessie, de la région profonde du canal de l'urètre se trouve formé de cellules cylindriques entassées sur plusieurs couches dont les plus externes s'aplatissent progressivement au point de constituer à la surface des organes un véritable, revêtement lamelleux analogue à celui de la muqueuse buccale ou oesophagienne. 11 est clair que les tumeurs émanant de semblables épithéliums ne sauraient jamais présenter tous les caractères malpighiens, mais que néanmoins on pourra y constater un mode d'évolution cellulaire voisin de celui des épithéliums pavimenteux proprement dits.
L'épithélium cylindrique stratifié constitue le revêtement de la majeure partie des voies respiratoires. Tantôt les cellules les plus externes qui le constituent sont nues, tantôt elles sont revêtues d une couche de cils vibratils.
Tour terminer enfin cette brève énumération des principales formes d'épithéliums, nous rappellerons que le tube digestif, du cardia à l'anus, est tapissé d'un épithélium cylindrique simple.
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dont les surfaces libres sont garnies d'épaississements en forme de plateaux striés.
Reprenons maintenant l'étude plus détaillée de chacune de ces formes d'épithéliums et commençons par le plus important, l'épithélium pavimenteux stratifié.
L'épiderme cutané, type de ce genre d'épithélium, mesure <>""", <>."> — omm,3o d'épaisseur et se présente sous la forme d'une lame continue semi-translucide dont la surface est plus ou moins garnie de sillons peu profonds et d'ouvertures microscopiques, par où débouchent les tubes excréteurs des glandes de la peau. Sa face interne, en rapport avec le derme, n'est point uniformément plane, mais offre de nombreuses excavations coniques assez régulièrement espacées et représentant, comme un moule en creux, des papilles dermiques qui s'y insinuent et qui les remplissent. Il en résulte que, sur une coupe verticale de l'épiderme, celui-ci apparaît, non comme une lame à faces parallèles, mais comme une zone limitée en haut par une ligne droite ou légèrement sinueuse ; en bas, par une sorte de festonnage représentant les coupes axiales ou tangentielles des espaces interpapillaires et des papilles dermiques qui se compénètrent. Les organes accessoires qui dérivent de l'épiderme et qui s'en sont dillerenciés pendant la période embryonnaire, les poils et les glandes pénètrent dans le derme et atteignent môme parfois les limites les plus extrêmes de sa profondeur, mais conservent toujours avec l'épiderme une ligne de jonction, soit par leur canal excréteur, soit par leur follicule. De plus, tous ces organes émanant d'une prolifération épidermique se trouvent, en quelque sorte, contenus dans une enveloppe commune qui les sépare, ainsi que l'épiderme du derme sous-jacent et marque la ligne de démarcation entre le territoire épithélial et le territoire conjonctif. Cette enveloppe est la membrane basale, ou vitrée, ou basement membrane ou membrane propre,
La signification de la membrane basale n'est pas encore très exactement connue, et Ton n'est pas non plus d'accord sur sou origine ; pour les uns, ce serait une sécrétion des cellules de la Couche génératrice de l'épiderme; pour les autres, au contraire, elle dépendrait des cellules du derme et serait, par conséquent, d'origine conjonctive. Quoi qu'il en soit, elle apparaît nomme
TUMEURS Èl'lTHÉLlALl-S DE REVÊTEMENT i$i
une membrane hyaline anhyste^ d'épaisseur fort variable, tantôl presque invisible, tantôt nettement limitée par un double contour très apparent. La constatation de la membrane basale au-dessous des cellules épithéliales dos tumeurs, ou son absence, ont joué et jouent encore un grand rôle dans leur diagnostic histologique. Le premier symptôme de l'hétérotopie est en effet la disparition de cette membrane et l'irruption des cellules qui y sont contenues dans les éléments conjonctifs du derme. Toutefois ce caractère n'est pas toujours facile à vérifier étant données, d'une part, la minceur considérable de la membrane basale dans certaines tumeurs à évolution quasi-embryonnaire, d'autre part, les altérations consécutives du stroma conjonctif, voisin de l'épithélium. De plus nous verrons que très souvent, loin de disparaître dans certaines tumeurs susceptibles de généralisation, au plus haut degré, hétérotopiques par conséquent, la basale peut s'épaissir et prendre autour des lobules néoplasiques des proportions absolument anormales.
Immédiatement en contact avec la basale et engrenée, pour ainsi dire, sur sa surface, se trouve une couche de cellules, simple ou double, constituant la couche basilaire ou génératrice de l'épiderme. Ainsi que son nom l'indique, cette couche est destinée, par la reproduction de ses éléments, à compenser la perte incessante que subit l'épiderme, par le fait de sa desquamation continue. Les cellules de la couche génératrice possèdent les caractères communs à toutes les cellules jeunes et en pleine activité. Leur forme est allongée ou légèrement cubique, leurs dimensions sont plus grandes en hauteur qu'en largeur. Elles possèdent un protoplasma granuleux homogène, chargé de suc, et un noyau riche en chromatine, très gros par rapport au volume de la cellule qui le contient; il en résulte que, sur une coupe verticale de l'épiderme, la couche basilaire parait plus vivement colorée que celle qui lui fait suite et appâtait à un faible grossissement comme une zone plus dense que Le derme et le corps muqueux qui la limitent des deux côtés. Le diamètre longitudinal des cellules génératrices de l'épiderme varie entre 0mm, 012 el <»""", oi/|, celui de leur noyau est de om,n,oo8.
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Par suite de leur prolifération môme, les cellules les plus supérieures de la couche génératrice sont repoussées en dehors (i forment une assise épaisse de plusieurs rangées d'éléments, dont l'ensemble constitue la couche muqueuse de Malpighi. D'abord arrondies, les cellules de celle couche ne tardenl pas à
revêtir une autre forme et une autre constitution. Par suite de leur compression réciproque, elles deviennent polygonales; leur corps cellulaire augmente de volume, taudis que celui de leur noyau demeure stationnaire. En même temps apparaît dans leur protoplasma un réseau de filaments ténus qui affectent une disposition rayonnée et dont les extrémités semblent se confondre avec celles des cellules voisines, pour constituer entre tous les éléments de la couche de Malpighi un réseau d'union intercellulaire. Étroitement accolées pendant la vie. ces cellules peuvent, dans certains cas, s'écarter un peu les unes des autres, tout en restant unies par leurs filaments. Il en résulte alors l'aspect dit scalariforme que Ton constate aussi bien dans l'épiderme normal que dans les tissus néoplasiques épithéliaux, où il prend même parfois un développement extrêmement anormal et exagéré (voir pl. II, fig. 35). Découverte par Schron ( 1 863), la disposition scalariforme des éléments malpighiens a été ensuite l'objet de nombreux travaux et d'interprétations variées. Pour le premier auteur, en effet, les espaces intercellullaires n'étaient que des pores destinés à faire communiquer entre elles les cellules du corps muqueux. Aux yeux de Schultzk (1864), qui parvint à isoler ces cellules et à y voir de véritables dents, celles-ci ne sont que des traces d'implantations ; Bizzozero ( 1 87 1), au contraire, voulait que ces dents fussent réunies par leurs extrémités, et Lott, conciliant .les deux opinions, prétendit, (pie tantôt les dents s'engainaient, tantôt elles se juxtaposaient par leurs extrémités.
C'est à M. R an vie h (1870 <|".e l'on doit la connaissance de la structure filamenteuse intraplasmique des cellules malpighiennes el des rapports exacts de ces cellules entre elles. Le premier, en effet, il a démontré que le corps de ces cellules était formé par un plasma filamenteux dont l'orientation générale est rayonnée d'une façon un peu oblique par rapport au
centre de la cellule, dé telle sorte que les filaments de celle-ci
TUMEURS ÉPITHÉLIALES DE REVÊTEMENT i ~><)
s'implantent sur une de ses faces, sortenl par une autre el vont pénétrer dans la cellule voisine pour s'implanter sur une de ses faces opposées. Les éléments cellulaires de la couche muqueuse de Malpighi ne sont donc pas, selon l'expression de rauteur, complètement individualisés ; ils constituent un tout relié par un système complexe de filaments intercellulaires.
La découverte des filaments d'union de Ranvier, confirmée par Heitzmann (i8;3), a servi de base à ce dernier auteur pour établir toute une théorie générale des tissus qu'il considère comme de véritables syncytiums analogues à des myxomycètes, théorie qui n'a pour s'étayer que des considérations d'ordre purement hypothétique. M. Renaut (i885), reprenant cette étude sur le sabot de l'embryon du veau, admet dans les cellules épithéliales un éndoplasme et un exoplasme ou couche corticale qui serait traversé par des fibres unitiçes.
Plus récemment, enfin, M. Manille Ide (1888-90), utilisant comme matériaux d'étude soit des sabots d'embrvon de veau ou de porc, soit des tumeurs épithéliales, est arrivé à des conclusions intéressantes que nous allons résumer brièvement ici. Pour cet auteur, les cellules épithéliales ne diffèrent en rien, quant à leur constitution intime, des autres cellules de l'organisme ; elles sont tonnées d'un réticulum et d'une membrane. La membrane débute par l'apparition au point de jonction de deux cellules qui viennent de se diviser d'une série de points brillants qui sont des épaississements du réticulum : i° quand la limite des deux cellules est marquée par une telle figure, on a une membrane simple, ponctuée et commune à deux cellules adjacentes; a°Ia membrane commune aux deux cellules se clive, et l'on a alors deux cellules séparées par des membranes propres à chaque cellule, mais intimement appliquées l'une à l'autre de cellule à cellule; c'est le cas lorsque les cellules ne présentent aucun lien génétique, mais n'ont que des rapports de voisinage ; 3° enfin la membrane se clive comme précédemment, mais les deuxlamelles, au lieu de se séparer complètement, restent unies par des filaments; c'est la variété des membranes propres à chaque cellule et séparées l'une de l'autre par un espace intercellulaire I ra\ erse par des ponts. 1 1 existe donc pour .M . MANILLE [de trois modes d'union cellulaire de l'épithélium malpighien
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résultant soii (rime séparation incomplète des cellules après leur division, soit d'un accotement de Celles-ci, soit enfin d'un clivage incomplet de leur membrane commune qui, après séparation, reste unie par des filaments. C'est, en somme, l'explication par la division cellulaire de la structure observée par M. Ranvier. Nous devons toutefois remarquer qu'une déduction s'impose à la suite des faits avancés par M. Manille [de, à savoir que seules les cellules à parenté histogénétique directe, c'est-à-dire celles provenant de la division d'une cellule primitivement unique peuvent présenter l'aspect sealarifornie. Les autres ne pourraient offrir que des lignes de jonction continues ou par accolement. En d'autres termes, les filaments d'union ne représenteraient que les axes multiples de tout un groupe cellulaire de même origine enfilées sur ces axes comme le seraient des perles sur un écheveau. Cette manière devoir est-elle bien en harmonie avec les faits que l'on peut observer soit sur l'épidémie normal, soit sur les tissus provenant de sa prolifération pathologique .' Nous ne le pensons pas. Lorsque l'on recherche sur une coupe présentant à un haut degré la texture sealarifornie, Ton peut assez facilement distinguer que toutes les cellules présentent le même mode d'union par des ponts protoplasmiques, l'on cherche souvent vainement l'aspect figuré par M. Ide comme représentant le premier stade de la formation de la membrane et si on le découvre on constate souvent aussi que cet aspect est dû à une illusion, à une orientation défectueuse de la coupe par rapport à la cellule qui le présente. Faudrait-il admettre dans ce cas que toutes les cellules ainsi réunies par des ponts sont des sœurs jumelles. C'est là, on le comprend, une hypothèse matériellement et mécaniquement impossible (i).
Quelle que soit l'interprétation des apparences dues à la présence des filaments d'union du corps muqueux de Maxpighi, ceux-ci n'en constituent pas moins un caractère évolutif fondamental de la cellule épidermique qui permet de distinguer du premier coup d'oeil les néoformations épithéliales évoluanl vers la forme adulte et de les séparer d'autres formes de même ori-
(i) Voir pour plus de détails au sujet de cette théorie les Leçons sur la Cellule d'HENNEGUY, p. 445-446.