‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 79 sur 132 · MV · texte numérisé non relu

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f.ES CANCERS F.PITIIÈUAUX

développé aux dépens de la langue (cas n° nj-) et suivi de généralisation, l'autre dans l'œsophage.

La figure 44 de la page ia5 montre à un très faible grossissement une coupe d'ensemble laite au niveau du sillon d'ulcération du carcinome lingual dont nous avons donné la description macroscopique p. ?.5. A part quelques globes épidermiques dans la profondeur de ce sillon el dans le voisinage de La muqueuse encore intacte, on ne trouve aucun vestige d'orientation concentrique. A un faible grossissement, on perçoil seulement un*' infiltration générale qui a dissocié les fibres musculaires ou s'esl substituée à elles, éludions de plus près cette infiltration sur une coupe fine à un fort grossissement (fig. -'.'>;. Des amas cellulaires d'origine épithéliale, de forme allongée, diversement ramifiés sont plongés dans un stroma liés dense composé tantôt de fibres musculaires encore intactes quoique légèrement atrophiées, tantôt d'un tissu d'inflammation résultant de la destruction préalable du muscle par les éléments migrateurs [prolifération conjonctive préparatoire, Voy. ch. vin, p. 126). Ces amas cellulaires, sans trace aucune de couche basilaire ni par conséquent de membrane basale, offrent tous un aspect identique, celui d'un mélange de cellules épithéliales à tous les degrés d'évolution kératinique. Les unes sont jeunes, munies d'un noyau volumineux fortement coloré, quelques-unes sont en voie de division directe ou indirecte ; les autres offrent tous les caractères de cellules malpighiennes adultes, d'autres enfin sont mortes sur place et sont en voie d'altération et de régression.

De telles masses cellulaires évoluent indéfiniment sans arrêt, comme sans direction, ou plutôt la seule direction qu'elles reconnaissent c'est celle que leur indiquent les points de moindre résistance. Elles coulent pour ainsi dire entre les muscles, en compriment et en détruisent sucessivemenl les capillaires, les nerfs et les libres musculaires même. C'est pour cette raison que nous trouvons dans la coupe d'ensemble d'une telle tumeur une disposition des amas épithéliaux absolument identique à celle des faisceaux musculaires auxquels ils se sont substitués.

Un type absolument semblable se retrouve dans le carcinome

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œsophagien, n" 6i. T.à aussi nous voyons fig. ~\ les traînées épithéliales se couler cuire les faisceaux musculaires, mais ici il n'existe plus de prolifération conjonctive, le stroma de la tumeur est constitué par le lissu musculaire à peu près intact. 11 v a, si je puis m'exprimer ainsi, commensalisme et non parasitisme du l'ail de la cellule néoplasique. Cette résistance du

Fig. 72.

Carcinome pavimenteux adulte de la langue. Figure empruntée à M. Brault (1894)lobules de la tumeur; g, globe epidermiepae logé dans un lobule; s, stroma.

muscle à la destruction a eu pour conséquence la réduction au minimum d'épaisseur des traînées épithéliales qui, entre les faisceaux, se trouvent souvent réduites à L'épaisseur (Tune seule cellule. De place en place, aux carrefours intermusculaires, la résistance devenant moindre, la masse néoplasique s'épand davantage et forme alors de petits îlots à bords rayonnés où se manifestent des vestiges d'orientation concentrique cl des

LES CANCERS ÊPITUÉLIAUX

globules ôpidermiques rudimentaires de quatre ou cinq cellules. La suite naturelle de ce cominensalisme entre le muscle et l'épithélium a été la formation d'une tumeur annulaire solide dont la lumière s'est peu à peu rétrécie au point d'amener l'obstruction complète de l'œsophage et la mort du malade avant toute trace de généralisation ou d'extension périœsophagienne.

Terminons enfin cette description des carcinomes pavimenteux adultes par l'étude d'un type assez fréquenl parmi les tumeurs de la peau et dont l'origine ne se reconnaît plus que par de rares vestiges d'orientation vers des centres. Cette forme se distingue à peine des carcinomes alvéolaires embryonnaires ou glandulaires; seule, une élude eytologique approfondie permet d'en reconnaître l'origine. Nous en trouvons un bel exemple dans le cas d'un cancer épithélial du pavillon de l'oreille, opéré par M. Mois'OD et recueilli par mon ami Veillàrd qui a bien voulu m'en donner des pièces ou des préparations parfaitement réussies, d'après la technique indiquée au commencement de ce volume. La figure j5 offre l'avantage d'en montrer à la fois et la disposition générale et le sens de l'orientation cellulaire. Toutes les divisions cellulaires qui y sont indiquées ont été dessinées à la chambre claire et dans leur vraie position. Le stroma est ici réduit à quelques travées conjonctives ; la tumeur s'est accrue à ses propres dépens; limitée vers la profondeur par le cartilage auriculaire, elle a fabriqué de toutes pièces son lissu propre et son tissu de soutènement. Elle est constituée, ainsi qu'on peut le voir, par des amas épithéliaux plus ou moins allongés dont les cellules évoluent presque toutes indépendamment les unes des autres. Ces cellules, dont l'activité vitale est démontrée par le nombre considérable de divisions indirectes visibles dans le champ de l'objectif, demeurent à peu près à l'état embryonnaire, c'està-dire qu'elles ne manifestent (pic peu de tendance à la kératinisation. De place en place, on aperçoit cependant un globule épidermique rudimentaire dans lequel la ou les cellules centrales offrent un certain degré de dégénérescence.

La limite qui sépare le carcinome pavimenteux adulte du carcinome pavimenteux embryonnaire est donc, comme on

CARCINOMES DE REVÊTEMENT ao5

peut le voir, des plus incertaines. Ce n'est pas sur une seule coupe de faible surface que Ton peut arriver à L'établir pour une tumeur d'origine douteuse et, à ce point de vue, les grandes coupes d'ensemble embrassant la plus grande partie de la tumeur si sa taille le comporte ou un segment important si celle-ci est trop grande, sont indispensables pour le diagnostic. Il est très rare, en effet, que les points les plus âgés d'une tumeur -cancéreuse ne présentent point de dégénérescences assez accentuées pour permettre d'en déterminer la vraie nature.

FlG. 73.

Carcinome de la langue (197. C. L.) montrant l'infiltration des cellules épithéliales au milieu des faisceaux musculaires ni. Gross. 25o/i.

Carcinome pavimenteux embryonnaire . — On ne saurait mieux définir le carcinome pavimenteux embryonnaire qu'en le comparant à un bourgeon glandulaire de l'épidémie fœtal proliférant indéfiniment sans plus de différenciation. Cette comparaison aura, en outre, l'avantage de faire ressortir l'analogie morphologique entre les carcinomes pavimenteux et ceux qui reconnaissent pour origine le retour de l'épithélium glandulaire vers l'état embryonnaire. Les deux évoluent vers une même forme, mais de façon différente ; le carcimone pavimenteux

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embryonnaire est le résultai de La déviation d'un processus qui normalement aboutirait à la formation d'une glande, le carcinome glandulaire est au contraire le retour de l'épithélium glandulaire normal vers un état plus rudimentaire. Il est à peu près impossible de distinguer les deux formes l'une de l'autre

Fig. 74.

Carcinome de l'œsophage (Gi. CL.), e, travées épitbélinles ; m, masses musculaires.

Gross. i5n/i.

si l'on n'en suit pas à pas le développement philogénique et ôntogénique : c'est-à-dire si, d'une part, on n'étudie les types de transition qui relient les carcinomes paviinenleux adultes aux carcinomes pavimenteux embryonnaires, et si, d'autre part, on ne s'efforce de découvrir sur une même tumeur l'origine des

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