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absolue môme, ne constitue pas un caractère suffisant pour assigner à l'élément conjonctif qui le forme le rôle actif dans la formation des adénomes et pour autoriser à ranger ceux-ci parmi les fibromes. Faut-il considérer comme tels les néoplasmes dans lesquels l'acinus glandulaire a perdu sa forme acineuse pour revêtir l'aspect de fentes ou de lacunes et réserver le nom d'adénomes à ceux où les glandes hypertrophiées gardenl encore un peu de leur aspect primitif? Celle manière de résoudre la difficulté me parait plus artificielle que naturelle, pour la bonne raison que l'on trouve tous les termes de passage entre les deux formes, que Ton serait fort embarrassé de direoù finissent et où commencent l'adénome tubulaire et le fibrome intracanaliculaire de Ziegler, son adénome acineux et son fibrome péricanaliculaire, et que sur la môme coupe d'un néoplasme on trouve, voisinant, les deux formes. Ne vaudrait-il pas mieux admettre que dans certains cas le tissu glandulaire et le tissu fibreux ont un pouvoir de prolifération équivalent, que dans d'autres le second l'emporte sur le premier, tout comme dans le squirrhe, et qu'enfin dans ces tonnes à développement épithélial exubérant, comme le représente, par exemple, la figure 85 la désorientation cellulaire est la cause de ces indications de tissus tout comme nous avons essayé de le démontrer pour un euthéliome téguinentaire aussi compliqué que celui du n° 198? En admettant cette manière de voir, on considérerait comme adénomes types de la glande mammaire ceux dans lesquels les lobules glandulaires ont conservé leur groupement normal (fig. 82) et partant de ce type l'on suivrait les diverses modifications qu'il subit dans la série des tumeurs de môme nature jusqu'à la réduction de l'épithélium à l'état de travées ou de tubes ramifiés. On réserverait alors le nom de fibromes pour les tumeurs qui — comme cela se passe partout ailleurs — ne contiennent que du tissu fibreux avec ou sans vestiges d'acinis glandulaires atrophiés, mais ne présentant aucune autre modification dans leur agencement que celle occasionnée par l'atrophie. Il est évident que quand un fibrome débute dans un lobule glandulaire quelconque, il englobe une certaine quantité des acinis de cette glande. Ces acinis tendent à se réduire, à s'atrophier. La prolifération conjonctive peut être à la fois assez peu intense pour ne pas atrophier les glandes
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quelle entoure et assez étendue pour en circonscrire un grand nombre. Les glandes existent dans ce cas, préformées dans la tumeur fibreuse, mais n'en constituent qu'un élément accessoire au même titre que le sont les muscles, par exemple, dans un cancer infiltré de la langue. Si Ton enlève chirurgicalement une tumeur à ce stade de développement cm aura quelques raisons
Fig. 85.
Adénome papilleux de la glande mammaire d'après une préparation de M. Lyot.
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d'en faire un adénome, et si cette tumeur, par suite d'extirpation incomplète, récidive sous forme de fibrome pur, Ton pourra, par une déduction fort logique en apparence, conclure à la parenté de l'adénome et du fibrome. Peut-être est-ce là l'explication de tous ces cas où Ton voit des tumeurs conjonctives contenant des glandes récidiver sous l'orme de myxomes, de sarcomes, etc.
Pour les raisons que je viens d'énumérer, je considère comme des euthéliomes glandulaires toutes les tumeurs dans lesquelles
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LES CANCERS EPITIIÉLIAUX
la prolifération épithélialc concourt avec la prolifération conjonctive à former la masse néoplasique et, me basant là-dessus, je passe à la description de celles qui répondent à cette définition.
Le cas n° 33 correspond à la figure d'adénome mammaire la plus typique que j'aie rencontrée. Tumeur ovoïde aplatie, bien limitée, sinon encapsulée, grosse comme un œuf et présentant à la coupe l'aspect d'un tissu dense, uniformémenl garni d'acinis glandulaires blanchâtres, du volume d'une tête d'épingle environ. Sur une large coupe à la celloïdine {fig. 82), on voit que ces acinissont groupés de façon assez régulière, que chacun d'eux est entouré de son tissu fibreux péri-acineux, et que nulle part l'atrophie du tissu glandulaire ne détermine la formation de travées ou de nids de cellules mortes, comme on en voit dans d'autres formes. Toutes les parties de la tumeur sont bien vivantes.
Des fragments de cet adénome fixés au flemming. coupés à la paraffine et colorés soit à la safranine, soit à l'hématOxyline, permettent d'étudier de plus près les parties constitùtives de la tumeur; on voit alors [fig. 83) que chaque lobule glandulaire est limité par une membrane conjonctive ou basale bien nette, et qu'il est revêtu d'un épithélium prismatique régulier, dont les noyaux cellulaires sont orientés d'une façon radiaire de la périphérie au centre. Les bords libres des cellules, se continuant sans interruption les uns avec les autres, délimitent une lumière glandulaire parfaitement régulière. Si l'on veut bien comparer la figure 82 avec celles que l'on connaît do l'acinus glandulaire normal de la mamelle, on verra que leurs structures et leurs dispositions sont fondamentalement identiques.
De place en place, les cavités glandulaires s'élargissent pour donner naissance à des kystes microscopiques, productions qui manquent rarement dans l'adénome et sur la nature desquelles nous allons revenir tout à l'heure.
Les canalicules excréteurs des acinis semblent intacts, ou du moins assez peu modifiés pour que leur fonction ne soit poinl entravée. L'on connaît d'ailleurs l'intéressante observation de Goyraud, qui vit un adénome de la mamelle sécréter du lail an cours d'une grossesse exactement comme la glande saine.
Le contenu des tubes glandulaires est tantôt vide, tantôt
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rempli par un coagulum granuleux homogène, mais l'on n'y observe pas de cellules en dégénérescence.
Nous appliquerons à cette l'orme d'adénome le nom d'adénome (icineu.v, déjà employé par les auteurs.
Je dois à l'obligeance de mon ami Veillard une autre tumeur lies voisine de la précédente, mais dans laquelle on observe quelques modifications de structure dans la disposition des culs-
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Fig. 86.
Adénome canaliculé de la glande mammaire. Vers la droite de la figure on aperçoit une région où la structure des culs-de-sac glandulaires se rapporte absolument à la forme tubulée. Gross. 16/1.
de-sac glandulaires aussi bien que dans celle de leur épithélium de revêtement ; c'est le cas n° 62 bis, dont je donne (fig. 84) une vue d'ensemble. Dans cette forme, la prolifération conjonctive s'est effectuée dans une proportion à peu près égale à la prolifération glandulaire, mais d'une façon moins hautement structurée, de telle sorte que la disposition acineuse a disparu à peu près totalement. Il en est résulté un aspect tubulé plus exagéré en certains points que celui que représente la figure
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d'ensemble. Cet adénome correspond à V adénome tabulé de Ziegleh, et c'est le nom que nous pourrons lui appliquer.
La prolifération èndotubulaire tend à perdre un peu de son caractère nettement normal pour se rapprocher de celui que nous verrons plus exagéré dans les épithéliomes cylindriques de la mamelle. Je donne ici cette forme non comme un type d'adénome rigoureusement conforme à la définition, mais comme un terme de transition appartenant encore au type euthéliome glandulaire, quoique voisin du type épithéliome. I);ms cette tumeur, en effet, le revêtement des tubes, quoique limité extérieurement par une basale et intérieurement par une lumière continue, tend à s'épaissir. On distingue dans la plupart de ceux-ci deux couches de cellules plus jeunes, plus voisines de l'état embryonnaire que celles de l'adénome précédent.
Que les tubes glandulaires, au lieu de garder leur contour plus ou moins circulaire, se plissent et s'intriquent les uns dans les autres, nous passerons par des transitions insensibles à une autre forme d'adénome que je n'ai pas recueillie par moi-même, mais dont j'ai pu étudier des préparations provenant du Dr Lyot et qu'il a bien voulu me permettre de faire dessiner [fi g. 85). Il est impossible, dans ce cas, de ne pas reconnaître la prédominance de l'élément épithélial sur l'élément conjonctif; d'autre part, l'on ne peut s'empêcher, lorsqu'on étudie concurremment l'adénome tubulé précédent et celui de la figure 85, de constater combien de traits communs les unissent. Çà et là, sur l'adénome tubulé, des zones apparaissent avec l'aspect intriqué des tubes glandulaires caractéristiques de l'adénome de Lyot, tandis que sur celui-ci on trouve aussi des zones qui pourraient être prises pour une région d'adénome tubulé. C'est là un type auquel le nom à" adénome papilleux s'appliquerait assez justement.
Je n'ai pu distinguer d'une façon aussi précise que dans les deux cas précédents à quel degré d'orientation évoluait L épithélium de cet adénome. Il possède, autant qu'il m'a semblé, deux couclics de cellules; peut-être même l'hyperplasie est-elle un peu plus développée que dans le cas d'adénome tubulé, mais j'ai eu trop peu de faits sous les yeux pour pouvoir me rendre compte si cette hyperplasie est en raison de la forme des tubes