I. — Cœur des cancéreux
Le premier fait qui ait frappé les anatomo-pathologistes à l’autopsie des cancéreux, c’est le faible volume de leur cœur et la diminution de la capacité de ses cavités et du poids de son myocarde.
Louis (1) signala cette particularité comme étant surtout fréquente et accusée dans le cancer de l’estomac et de l’utérus et il rapprocha cette constatation de celle qu’il avait faite chez les sujets atteints de maladies chroniques cachectisantes, telles que la tuberculose.
Cette donnée du cœur cachectique atrophique a été confirmée par nombre d’auteurs : Du Castel (5, 6), Peacock (7), Spatz (8), Pont (9), Krehl (10), Parrot (4), etc.
Ordinairement le cœur a perdu son tissu graisseux sous-péricardique, il est de petit volume, ressemblant à un cœur d’enfant et arrivant à peser 150 ou 130 grammes ; quelquefois le muscle est mou, s’affaisse sur la table d’autopsie et se laisse déchirer facilement. Tous ceux qui se sont occupés de la question ont comparé ce qui se passe au niveau du cœur à ce qui a lieu dans les muscles de la vie de relation ; il s’agit pour eux d’un véritable amaigrissement du myocarde débutant par la disparition de la surcharge graisseuse normale et aboutissant au cœur cachectique avec des cavités rétractées et un muscle diminué d’épaisseur, quelquefois même atteint de lésions caractérisées du mvocarde.