‹ Les Cancers Supprimés Du PoumonChapitre 32 sur 36 · CANCER SECONDAIRE · texte numérisé non relu

CANCER SECONDAIRE

Obs. XI (inédite) du service au Professeur Sergent.

Hou..., 28 ans, agriculteur, entre le 40 mai 1934 dans le service médico-chirurgical de l'hôpital Broussais.

Bien portant jusqu’en 1931. Au début de 1931, il remarque l'apparition d'une tumeur testiculaire gauche qui atteint rapidement le volume d'une orange. Cette tumeur est douloureuse, l'évolution est apyrétique. En octobre 1931 exérèse de la tumeur par un chirurgien de Cherbourg, l'examen histologique montra qu'il s'agissait d'une tumeur maligne. Un mois et demi après l'intervention, réapparition de douleurs scrotales avec irradiation abdominale, 40 séances de radiothérapie (de 20 minutes chacune) sont faites et la résolution est complète en décembre 1931. L'année 1932 se passe normalement. Le malade a repris toute son activité, son poids s'est accru de 10 kilos.

En février 1933, apparition d'asthénie, d’anorexie et amaigrissement rapide. En mars 1933, apparition brutale d'un point de côté violent continu, siègeant surtout à la base de l'hémithorax gauche en arrière de la ligne axillaire, la température monte rapidement à 39,7. Le malade est obligé de cesser ses occupations. Le médecin appelé fait le diagnostic de pleurésie et fait une ponction exploratrice. Elle permet de retirer un liquide séro-sanglant, légèrement trouble qui ne fut pas examiné. Quelques jours après on refait une ponction. On retire 1 à 2 cc. de liquide purulent épais, jaunâtre, dont l'analyse fut faite : liquide purulent avec pneumocoques nombreux à l'examen direct -- culture pure de pneumocoques, pas d'autre germe — pas de bacille de Koch. L'inoculation au cobaye est négative. D’autres ponctions ultérieures restèrent blanches.

Deux examens radiologiques sont faits. Ils montrent l'existence d'une opacité homogène s'étendant à presque

tout l'hémithorax. Cependant, sous la clavicule gauche, oû peut voir à la partie interne une image plus opaque de contours parfaitement arrondis (fig. 15).

Dans le même temps, le malade commence à tousser. Il entre dans une clinique pour pleurotomie. Celle-ci n’est pas faite. Traitement anti-infectieux. Après trois semaines : améliorations : la température est descendue lentement, l'appétit est redevenu bon, le malade a repris du poids. Cette amélioration persiste jusqu'en juin. En juin, hémoptysie de petite abondance (crachats hémoptoïques sang noir). Quelques jours après le malade se met à expectorer. L'expectoration est peu abondante au début, muco-purulente, verdâtre, non fétide, et s’accompagne de crochets thermiques. Son abondance augmente progressivement et atteint en octobre 500 gr. Après avoir envisagé et rejeté l'hypothèse d'un néoplasme pleural et d'infection pneumococcique, on

pense à une affection tuberculeuse (sa mère est morte de tuberculose pulmonaire) et on conseille une cure sanatoriale à Hauteville. Il y arrive en septembre, très fatigué, dyspnéique, toussant et crachant d’une façon continuelle. La température est à grandes oscillations (maximum 39,5). A l'examen clinique on constate alors l'existence de matité et de silence respiratoire sur tout l'hémithorax gauche. Une radiographie montre l'existence d'une opacité presque absolue de cet hémithorax. Dans les crachats : pas de bacille de Koch, flore banale où prédomine le pneumocoque. On pose le diagnostic de pleurésie purulente primitive qui s’est fistulisée et suppuration pleuro-pulmonaire. Un examen radiologique après lipiodol montre une imperméabilité totale de la bronche souche gauche (fig. 16).

Plusieurs thérapeutiques furent mises en œuvres. Elles -n’apportèrent pas de modification notable (autovaccin, alcool). En octobre et novembre : Expectoration abondante — température élevée et oscillante — le malade a maigri depuis le début des accidents de 18 à 20 kilos. En décembre : Etat géné-

Fig. 15. — SÉMINOME SECONDAIRE SUPPURÉ DU POUMON (Obs. XI) (Cliché négatif)

On remarque ;:

a) Une opacité à contours assez régulièrement arrondis juxtahilaire gauche dont la limite supérieure se confond dans l'ombre de l'extrémité interne de la clavicule gauche ;

b) Une série de marbrures dans le lobe supérieur dont l'extrême sommet reste relativement clair ;

c) Une opacité diffuse homogène des deux tiers inférieurs du poumon gauche s'étendant à peu près jusqu’à la base, à teinte dégradée sur les bords.

Fig. 16. — SÉMINOME SECONDAIRE SUPPURÉ DU POUMON (Obs. XI)

Radiographie après injection intra-trachéale de lipiodol par sonde naso-pharyngée.

Seulesles arborisations bronchiques du lobe inférieur droit sont injectées. Par contre on voit l'arrêt du lipiodol dans la bronche gauche oblitérée près de son origine. D'autre part opacité diffuse de tout le poumon gauche suppurant ou atélectasié.

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