‹ Les Cancers Supprimés Du PoumonChapitre 33 sur 36 · DRE AR TRES · texte numérisé non relu

DRE AR TRES

Figure 16

ral meilleur. L’appétit reparaît. L'expectoration est moins abondante (250 gr.), le poids remonte un peu. En février, nouvelle période d'aggravation, avec élévation thermique, altération de l’état général, expectoration plus abondante, striée parfois de sang, sans hémoptysie. Cette période dure quinze jours environ. Depuis, alternative d'amélioration et d'aggravation par périodes d’environ quinze jours chacune,

L'examen à l’entrée dans le service est le suivant : Malade amaigri — couché sur le côté gauche pour faciliter l’expectoration — hippocratisme digital marqué. Le thorax est décharné. Rétraction hémithoracique gauche. Les vibrations sont abolies dans tout l’hémithorax gauche en avant et en arrière ; matité franche, silence respiratoire compiet à gauche sauf dans la gouttière vertébrale où on perçoit un souffle de compression bronchique.

Il n'y a pas de ganglions axillaires ni sus-claviculaires perceptibles.

Examen des bourses : Le testicule droit est normal. Aucune tumeur n’est perceptible, la cicatrice opératoire estnormale. On note quelques télangiectasies post-radiothérapiques, on ne trouve aucun ganglion inguinal Le cœur est normal, la tension artérielle est de 13-8. L'examen du système nerveux ne révèle rien d’anormal.

Quelques jours après son entrée on fait un examen bronchoscopique dont le résultat est le suivant ; le tube pénètre d'abord dans la bronche souche droite, puis en retirant légèrement le tube, on voit l’orifice de la bronche gauche dont la lumière est obstruée par une masse grisàtre saignante très pulsatile. Dans la crainte d'une hémorragie, on ne fait pas de biopsie. ;

Dans les jours suivants apparaît un petit ganglion axillaire que l’on prélève pour examen. On constate une sclérose complète du follicule, avec épaississement scléreux très marqué autour des capillaires, aucune cellule qui puisse faire penser au néoplasme.

PAUCHARD 9

Pig. 17. — SÉMINOME SECONDAIRE SUPPURÉ DU POUMON (Obs. Xi)

Poumon gauche fendu par son bord externe.

Tout le lobe supérieur est le siège d'une grande quantité de petites cavités suppurées. -

Marqués par + deux nodules séminomateux sous-scissuraux.

Le lobe inférieur est condensé, rétracté : atélectasié mais non suppuré.

On remarque l'épaississement considérable de la plèvre.

Marqués par X les parois de la cavité pleurale suppurée qui communiquait par un petit pertuis avec la corticalité du poumon

(fistule pleuro-pulmonaire).

Fig. 18. — SÉMINOME SECONDAIRE SUPPURÉ DU POUMON (Obs. XI) COUPE D'UN FRAGMENT DE LA TUMEUR SUPPURÉE JUXTA-BRONCHIQUE.

Dans les mailles d'un stroma collagène constitué de rubans de fines fibrilles, on voit des spermatogonies à noyaux poussiéreux, à noyaux croûtelleux avec des mitoses normales ou pluri-polaires ainsi que quelques spermatocytes. $

Figure 17

jee

. Le malade crache de 200 à 300 gr. de muco pus, la température est oscillante entre 37 et 38°2. En juin : On fait des injections de substance anti-néoplasique tous les jours. Au début, la température baisse ua peu, l’expectoration diminue. Puis, en juillet, alors que le malade a reçu 22 injections de substance anti-néoplasique, la température remonte, l'expectoration redevient plus abondente. Le 18 juillet, crise de dyspnée intense. Le 20 août, on recommence les injections de la substance anti-néopiasique. L’expectoration devient plus abondante que jamais. Le 22 août, crise dyspnéique intense, élévation de la température à 39,6 et mort.

Autopsie :

A l'ouverture du thorax on constate que le poumon droit déborde de plus de quatre travers de doigt la ligne médiane. Le poumon gauche et le péricarde sont complètement tassés contre la paroi costale.

A l'ouverture du cœur on constate que le péricarde est intégralement adkérent au poumon gauche, celui-ci d'autre part adhère dans sa totalité à la paroi thoracique. On y distingue :

1° Une zone correspondant au lobe supérieur et qui doit être sculptée littéralement ;

20 Une zone correspondant au lobe inférieur et qui peut être décollée à la main jusqu'au diaphragme. En décollant celle-ci au tiers inférieur on rompt une cavité pleurale enkystée contenant 80 à 100 cc. de pus et communiquant par un pertuis avec la corticalité du poumon.

3° Une zone adhérente à la trachée et à la crosse de l'aorte et truftée de ganglions d'aspect néoplasique.

A l’ouverture du poumon gauche on constate :

1° Une cavité grande comme un œuf de poule, logée dans la partie supérieure du lobe inférieur gauche dans la concavité costale postérieure Cette cavité anfractueuse, irrégulière est remplie de débris nécrosés d'apparence néoplasique ;

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elle s’insinue en avant au dessous de la bronche souche gauche qui est fortement repoussée en dehors et largement ouverte dans la‘ cavité ;

20 Le cathétérisme des diverses bronches ne montre pas d’obstruction bronchique ni dans le lobe supérieur ni dans le lobe inférieur ;

3e Le lobe supérieur entouré d'une forte coque pleurale de l'apex est criblé d'une série de cavités alvéolaires suppurées qui ne respectent que la trame broncho-vasculaire (toutes ces cavités sont ouvertes entre elles et dans les bronches : {abcès péri-bronchiques multiples) ;

4 Le lobe inférieur est atélectasié (volume du tiers au moins de son volume normal). Il existe deux à trois abcès à la base dont l’un communique avec la plèvre;

50 A l’union des deux lobes existe une zone intermédiaire parsemée de deux nodules néoplasiques gros comme une amende (fig. n° 17).

La mort à du être causée par l'ouverture de la collection suppurée dans les bronches, toute la trachée étant remplie jusqu'en haut. Le poumon opposé ne présente aucune lésion notable.

Îl n’existe aucune autre lésion viscérale. La région opérée explorée est sans indication pathologique.

Quelques ganglions aortiques sont examinés : ils ne présentent pas d'aspect anormal.

L'examen histologique d'un fragment de tissu séparant deux logettes suppurées donne le résultat suivant : petites masses séminomateuses séparées par du tissu de caractère inflammatoire ; très nombreuses cellules à poussières, très nombreux lymphocytes, quelques polynucléaires.

On distingue un nodule muqueux dégénéré dans lequel on trouve des grains de pigment provenant de la désintégration du tissu pulmonaire.

On voit nettement des nodules séminomateux avec

grosses cellules à aspect de spermatogonies qui tendent à infiltrer le parenchyme environnant /fig. 18).

On trouve différents stades d'évolution des spermatogonies : noyaux «( Croûtelleux » et « poussiéreux » typiques et mitoses pas très nombreuses mais souvent anormales, pleuri-polaires. Le noyau des spermatogonies les plus volumineuses est souvent réniformes et on devine la trace de l'idiozome dans la concavité du noyau. On trouve également un certain nombre de stades de spermatocytes (D' Parat).

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