HISTORIQUE
Il est intéressant de noter que la suppuration du cancer du poumon a élé signalée par les auteurs qui, les premiers, décrivirent cette affection. Les premiers cas publiés concernaient des cancers parenchymateux nécrosés et leur diagnostic n’avait été fait qu’à l’autopsie.
En 1810, Bayle, qui isole du groupe confus des pneumopathies le cancer du poumon sous le nom de phtisie cancéreuse, dit dans le compte rendu nécropsique d’une de ses observations : « Le tissu pulmonaire environnant (la tumeur) était beaucoup plus mou et plus noir que partout ailleurs et celte altération s’étendait à une épaisseur de deux à trois lignes ». Stokes, ensuite, qui complète la description anatomo-clinique du cancer du poumon rapporte une observation où à l'autopsie d’un sujet qui avait craché « une grande quantité de pus », il a constaté que « au-dessous de la tumeur, le poumon paraissait enflammé et était creusé d’une cavité qui
communiquait avec les tuyaux bronchiques et avait tous les caractères d’un abcès gangreneux ».
Boufflers, en 1896, étudie spécialement les suppurations gangreneuses se produisant au cours de lévolution des cancers du poumon.
Quelques années plus tard Menetrier et Lelulle décrivent les suppurations qui accompagnent le cancer des bronches souches. Mais il semble que les excavations néoplasiques proprement dites et les suppurations extra-néoplasiques survenant à l’occasion du cancer ne soient pas encore neltement distinguées et restent confondues dans le terme générique de « bronchectasies cancéreuses ».
Jusqu’à une époque très récente les unes et les autres sont considérées comme exceptionnelles et restent des trouvailles d’autopsies.
Depuis une quinzaine d’années de nombreux cas sont signalés en France et à l'Etranger: ces suppurations cancéreuses acquièrent vraiment une individualité clinique, grâce à la généralisation des examens radiolologiques.
Nous voyons d’abord un certain nombre d’observations isolées rapportées dans les différentes sociétés médicales.
En Province, à Lyon en particulier, en 1920 Mlle Cottin, Cramer et Saloz publient plusieurs observations, puis on retrouve celles de Bonnamour ; Roubier et Milhaut ; Olmer, Rouslacroix et Poinsot, Vedel et Puech : Vaucher.
À Paris, à la Société médicale des hôpitaux, depuis
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le cas rapporté par Ameuille en 1924, les communications se multiplient, ce sont celles de Caussade, Surmont et Lacapère ; Garnier et Cathala ; Bezançon ; Harvier; Ameuille et Huguenin; Lemierre et Lambling ; Sergent ; Troisier ; Cathala et Maingot.
NouS retrouvons aussi les publications de Durand, de Mignot, de Petit de la Villéon, de Ramond.
Mais ce sont là des observations de cas isolés dont le nombre cependant indique la fréquence d'une éventualité considérée auparavant comme très rare.
Ensuite des travaux d’ensemble sont publiés sur les suppurations pulmonaires néoplasiques. En 1928, Burlats, en 1929 Roubier, en 1930 et 1931 Sergent et ses Collaborateurs, en rapportant 7 cas personnels, individualisent d’une façon définitive ces formes cliniques des cancers du poumon, insistent sur leur fréquence, établissent la distinction entre les suppurations cancéreuses el les suppurations pleuro-pulmonaires adjacentes à la tumeur.
l’étude de ces dernières est reprise en 1933 par Chiray et ses Collaborateurs à propos des lésions pulmonaires révélatrices des cancers sténosants des bronches souches.
Nous-même publierons dix observations inédites, pour la plupart recueillies dans le service du professeur Sergent. À la lumière des Ctudes antérieures, à laide des observations récentes nous nous efforcerons de réaliser la synthèse des faits établis et de préciser les caractères cliniques et radiologiques de ces suppurations cancéreuses,