CHAPITRE II
ÉTIOLOGIE. FRÉQUENCE
I. — L'étude de ces cas permet d’abord de confirmer certaines données étiologiques générales des cancers du poumon. s
Les malades qui font l’objet des observations que nous rapportons sont tous des hommes. Cette constatation est analogue à celle que faisaient le professeur Sergent et ses Collaborateurs qui, sur 29 cancers n’en relevaient que 2 cas survenus dans le sexe féminin.
L'âge est variable, 28 ans pour le plus jeune des malades, 64 pour le plus âgé. Cependant, on remarque que la plus grande fréquence se rencontre entre 50 et 60 ans. Cette constatation est d’ailleurs conforme aux données classiques ; peut-être cet âge moyen est-il légèrement supérieur à celui généralement admis.
La localisation semble se faire avec une égale fréquence à droite et à gauche, au sommet et à la base, cependant si quelque différence pouvait être notée, ce serail le lobe inférieur droit et le lobe supérieur gauche qui paraîtraient le plus fréquemment atteints.
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Plusieurs de nos malades étaient sans passé pathologique mais nous relevons que pour la plupart, ils étaient de vieux lousseurs, des « bronchitiques chroniques ». On peut se demander quel fut le rôle joué par ces infections anciennes, par la sclérose qu'elles ont pu provoquer, dans l’éclosion du cancer et dans la genèse de sa suppuration.
L'association de la syphilis ne nous a pas paru spécialement fréquente puisque nous ne relevons sa présence probable que chez deux de nos malades.
Dans une de nos observations une poussée de tuberculose évolutive avec bacilles dans les crachats est venue compliquer lPévolution, mais il s’agit d’une infection Surajoutée qui ne peut pas entrer en ligne de compte dans la genèse du cancer.
II. — La donnée étiologique la plus importante à déterminer dans celte étude est de préciser la fréquence relative de la suppuration dans les cancers du poumon.
Dans le travail de Mile Cottin, Cramer et Saloz consacré à tous les cas de cancer du poumon constatés à l'autopsie, dans un même établissement, on remarque que sur 29 cas rapportés, dans 4 cas, un septième, l’aspect clinique a été celui d’abcès gangreneux, de kyste hydatique, de pleurésie interlobaire. |
Dans l’étude du Professeur Sergent qui porte sur vingt-cinq observations, sept, soit un peu plus du quart. se présentaient comme des abcès, des abcès amibiens ou des kystes hydatiques suppurés.
Les recherches que nous avons faites dans les Archives de la Clinique Médicale de Broussais, nous ont
permis de retrouver 26 cas de cancer du poumon, depuis 1931 (date du mémoire du Professeur SERGENT). Sur ces 26 cancers, 10 — plus du tiers — étaient suppurés.
Peut-être ce pourcentage est-il un peu trop élevé ; en effet presque toujours le diagnostic avec lequel étaient admis les malades dont nous rapportons les observations était celui de suppuration pulmonaire, ils étaient adressés pour traitement chirurgical dans un service médico-chirurgical spécialisé. Mais cette particularité connue il n’en reste pas moins que de l’ensemble des trois statistiques, il ressort que dans un quart des cas environ le cancer du poumon s’accompagne de suppuration. Et compte tenu du nombre élevé d'observations que nous avons pu retrouver — même simplement en France — le nombre des cas où le cancer du poumon se présente cliniquement sous la forme d’une suppuration pulmonaire ou pleurale s’avère de beaucoup supérieur à celui qu’il était classique d'admettre, Ainsi se trouve indireclement vérifié le bien fondé de l’aphorisme de GRAHAM : « Dans l’ensemble un dixième des cas d’abcès du poumon sont des cancers au-dessus de quarante ans ».
III. — Une autre constatation qui ressort de la lecture de ces observations est que la suppuration n’est pas spéciale au cancer primitif, elle peut se rencontrer également dans les cancers secondaires, peut-être avec une fréquence moins grande,