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OBSERVATIONS

CANCERS PRIMITIFS |. — Cancers nécrosants suppurés

1° Cancers nécrosants circonscrits

Obs. I (inédite) du service du professeur SERGENT.

M. V... 52 ans, médecin. Consulte le D° Kourilsky le 21 octobre 1932. Tousseur invétéré depuis de longues années. En 1931, apparaît une expectoration de crachats d'aspect anthracosique. En juillet 1932, après une quinte de-toux il rejette quelques crachats rouge vif. L'un a l'aspect de caillot cruorique : l'hémoptysie se répète sous la même forme pen dant les jours suivants (5 à 6 jours), puis les crachats deviennent rouillés collants, de type pneumonique. L’expectoration cesse. Le malade va faire un séjour au bord de la mer ; ce voyage est parfaitement supporté et il revient semblant se porter très bien. Mais à la fin septembre, apparaît de la fièvre — 37,8-38. — Cette fièvre s'accompagne d’une altération de l’état général avec sensation de lassitude et amaigrissement de 2 kilos. Puis les crachats rouillés réap” paraissent et vers le début d'octobre devicnnent muco-purulents.

Une radiographie à ce moment montre une image arrondie de

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limites régulières, de dimension d’une grosse, orange,:sans cavité ni niveau liquide. Elle évoque l'idée d'un abcès du poumon du lobe supérieur gauche.

Examen : Sujet obèse, foie gros (le malade est un gros mangeur). L'examen thoracique ne montre rien d'anormal. Le cœur estnormal {le malade a eu une crise de R. A. A. à 12 ans qui n'a pas laissé de séquelle cardiaque).

Divers examens complémentaires sont faits : Une numération globulaire montre un nombre de globules rouges à peine diminué : 4325000, une hyperleucocytose à 11000 avec polynucléose 80 %. La réaction de Bordet-Wassermann est négative, l'urée sanguine de 0,30. Enfin l'examen de l'expectoration montre la présence de cellules à noyaux ronds (alvéolaires), la flore microbienne est rare, iln’y a pas de bacilles de Koch à l'examen avant ni après homogénéisation.

La tuberculose pulmonaire éliminée, le caractère parfaitement limité de l’image radiologique évoqua l'idée de gomme syphilitique. En effet, si on ne trouvait aucun stigmatle de syphilis, si la réaction de Bordet-Wassermann était négative, on pouvait penser à une hérédo-syphilis tardive, des accidents pouvant être considérés comme d’origine syphilitique existaient dans les antécédents familiaux — la mère du malade avait fait de nombreuses fausses couches. — Des injections de cyanure de mercure furent faites et on fut vite obligé de les interrompre : elles n'étaient pas tolérées. Mais l'expectoration muco-purulente reparaît abondante. Etant donné l'évolution fébrile, l'hypothèse d'abcès du poumon reprit corps, fut considéré comme étant le diagnostic exact, etle Dr V. lui mème, persuadé de l'exactitude de ce diagnostic, se fait hospitaliser dans le service médico-chirurgi: cal du Professeur Sergent à la Charité pour y être opéré.

A son entrée, on constate toujours les mêmes signes : Examen clinique à peu près muet, expectoration muco puru lente, surtout purulente, et image radiographique arrondie

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du lobe supérieur gauche, apparaissant très postérieure suf les clichés de profil (fig. 1 et 2).

Mais le mode de début fitque l'on sorienta vers le diagnostic de cancer du poumon surinfecté et suppuré. Etant donné l'aspect localisé de la lésion, on discuta même la lobectomie qui finalement fut écartée.

Sur les instances du Dr V.. qui toujours persuadé qu'il avait un abcès demandait le traitement chirurgical, on décida d'intervenir comme pour un abcès du poumon, ce qui permit d'ailleurs un traitement radium-thérapique.

L'intervention fut faite en deux temps. Dans un premier temps, on fit une brèche pariétale, résection costale de trois côtes et badigeonnage iodé de la plèvre non symphysée pour obtenir la symphyse. Dans un deuxième temps, ouverture au thermocautère de la formation suppurée. A 2 ou 3 centimètres de profondeur on tomba sur une masse molle grisâtre, saignante, nécrosée ; on profita de l'intervention pour faire implanter par le Dr Gérard, électro-radiologiste des hôpitaux, des aiguilles de radium dans la tumeur. 11 y eut une grosse réaction fébrile les jours suivants et une suppuration abondante de la paroi. On vit la cavité se creuser, une partie de la masse s’éliminer et sur la paroi postérieure des bourgeons ; on put en prélever un pour examen. L'examen fait par le D' Durand ne laissait aucun doute sur la nature de l'affection. Il s'agissait d’un épithélioma évident. Cet examen confirmait le bien-fondé du diagnostic clinique.

Cependant, l’état général s'améliorait. Une radiographie montra la disparition presque totate de la zone opaque, il persista une petite plage dans la région hilaire qu'il avait été impossible d'atteindre par le radium, la proximité du hile faisant craindre une blessure des gros vaisseaux

Il sortit en février 1933 du service. Nous devons insister sur l'amélioration considérable de l’état général au point que le Dr V... malgré sa plaie thoracique qui continuait à suppurer un peu, put reprendre ses consultations et voir sa clientèle, et si

Fig. 1. — CANCER NÉCROSANT CIRCONSCRIT PSEUDO-KYSTIQUE (Obs. n° I)

Image opaque homogène à contours parfaitement arrondis du lobe supérieur gauche sans réaction hilaire importante.

Fig. 2. — RADIOGRAPHIE DU MÊME MALADE DE PROFIL

Elle montre que la localisation est très postérieure. On remarque la netteté du contour inférieur (( comme tracé au compas ».

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