‹ Les cannibales et leur temps: souvenirs de la campagne de l'Océanie sous le commandant MarceauChapitre 3 sur 11 · AVANT. PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT. PROPOS V

passé dans le xix* siècle, celai dont on est si fier.

Voyons, examinons froidement les choses, en nous plaçant en face des faits et en mettant de côté toute autre question pour n'envisager que celle de l'humanité.

Chez nous, on en parle beaucoup d'humanité, on va même jusqu'à faire des lois, et cela justement, contre ceux qui maltraitent, plus que de raison, les animaux, et particulièrement les chevaux qui souvent n'en peuvent plus, tant ils sont surmenés. Et Ton voudrait que, de gaîlé de cœur, on laissât des hommes qui sont nos frères, malgré la distance qui nous sépare d'eux, s'entre* dévorer de la façon la plus hideuse, alors que tout nous commande d'empêcher un si grand mal.

Non, à la réflexion, hommes au cœur droit et élevé, vous ne devez pas dire, vous ne direz plus : Laissez-les faire ; vous comprendrez que ce serait là commettre une faute grave contre l'humanité. En ce moment, nous ne traitons que cette question, parce qu'elle regarde tous ceux qui sentent battre en eux une fibre fraternelle, et parce que le sentiment qui remue cette fibre, qui l'ébranlé et excite l'émotion dans les âmes qu'il entraîne, crie à l'humanité tout entière, de sa voix la plus

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