IV AVANT -PROPOS
nous avons vue dans notre enfance, et qui nous est toujours restée dans la mémoire.
Deux hommes, les yeux injectés de sang, se battaient dans une des rues de Paris, la grande ville, la capitale du monde civilisé : ils se portaient de rudes coups en plein visage, et le sang ne tarda pas à couler. Autour de ces deux énergumènes, se tenait une foule nombreuse qui semblait prendre plaisir à cette lutte sans nom. Du sein de cette foule, quelques timides voix criaient : Assez I assez ! Mais d'autres, en plus grand nombre, s'élevaient pour dire : Laissez-les faire !... laissez-les faire I
L'un de ces hommes, par un acte impossible à d'écrire, avait renversé son adversaire, et là, il le frappait sans trêve ni merci. Celui qui était dessous, parvint à saisir le misérable qui avait si cruellement brisé ses forces, et, dans un accès de rage, de délire, il lui dévora le visage avec les dents. Un coup violemment porté lui fit lâcher prise, et le vainqueur, après s'être relevé promptement, termina la lutte en donnant à celui qui gisait à terre, un affreux coup de talon ferré en plein visage. La foule, pour jouir d'un spectacle sanguinaire, avait crié : Laissez-les faire, et quand les agents de l'autorité survinrent, le mal était fait. On l'avait laissé faire : et cela s'est