L'ÉPOUSE FIDÈLE
A la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, A la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
Son noir cheval est blanc D'écume et de poussière^ il est blanc de la queue Jusques à la crinière.
76 AIRS ET RÉCITS
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A la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, A la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
— « La bel'e qui puisez Dans le seau d'or cerclé, Versez au cavalier Et versez à la bête. y>
Elle verse de Teau Sans relever la tête, Elle verse de l'eau Avec un long sanglot.
— Qu'avez-vous donc, la belle, A sangloter ainsi ?
Avez-vous du chagrin, Avez- vous du souci ?
L EPOUSE FIDILE
— Mon mari fait la guerre, Voilà sept ans à Pâques.
J'attends encore un an Et puis j'entre au couvent.
^ii
— Votre mari» la belle, Est mort l'hiver dernier, Et j'ai payé les chantres, Les chantres et le prêtre.
— Si vous avez payé Les chantres et le prêtre, Je vous rendrai l'argent, L'argent et l'intérêt.
— Rendez-moi donc, la belle, Rendez-moi le baiser Que j'ai mis sur ses lèvres Avant de l'enterrer ?
AIRS ET RÉCITS
— Comme des fleurs au rent Mes baisers sont allés !
Je vous rendrai Targent^ L'argent et l'intérêt.
— Réjouis-toi, la belle, Car je suis ton mari.
J'ai dans mon escarcelle Cent bagues de rubis.
— Pour les doigts de ma main Vos bagues sont trop grandes ; Passez votre chemin.
Seigneur, et Dieu vous garde.
— Dans ton jardin le myrte Fleurit me me en octobre, Une lampe d'ivoire Brûle dans ton alcôve.