‹ Les cantilénes, 1883-1886Chapitre 21 sur 26 · LA VEUVE · texte numérisé non relu

LA VEUVE

La jeune femme chante, au balcon assise, Et sa triste chanson pleure dans la bise.

La jeune femme chante et tous les bateaux Carguent leur voilure et baissent leurs drapeaux.. Un vaisseau de guerre, une grande galère, Garde ses drapeaux et sa voilure entière.

« Baisse, mon vaisseau, baisse ton pavillon, Car ce que je chante est bien triste chanson :.

^6 AIRS ET RÉCITS

Il me fallait du lait de guivre, et la graisse

Du grand cerf nourri par la main de l'ogresse,

Pour guérir le mal de mon pauvre mari

Qui se tordait au lit malade et flétri.

Le temps de monter sur les rochers de neige,

Le temps de préparer pour la guivre un piège.

Le temps de revenir, mon pauvre mari

'Qui se tordait au lit, malade et flétri,

La croix de la tombe a pris pour belle-mère,

Et pour épouse, hélas ! il a pris la terre. »

Page 1