‹ Les cantilénes, 1883-1886Chapitre 24 sur 26 · LA VIEILLE FEMME DE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE FEMME DE

Les cloches sonnaient à toute volée, Les chantres chantaient l'âme désolée,

Et les prêtres priaient tout tremblants Pâles et tremblants sous leurs surplis blancs.

Et rempli d'effroi le moine marmonne Son rosaire, auprès de sa sœur la nonne.

Et le coq chanta dans le matin d'o Et les démons s'enfuirent encor.

La troisième nuit vint enfin. Livide, Dans l'ombre oîi circule une odeur fétide,

La flamme des grands cierges consumés, Oscilledans les lustres gemmés.

Au loin les démons dansent une ronde,

Et Ton entend leur voix, leur voix qui gronde

Pareille au vent d'ouest et pareille aux flots Qui battent les caps et les îlots.

Et Ton entend leur bouche qui ricane Comme une gueule de barbacane.

Et les prêtres restent tout tremblants Tremblants et muets sous leurs surplis blancs.

Et la nonne et le moine son frère Tombent la face contre la terre.

Et les cloches hélas ! ne tintent plus.

Tant les sonneurs de terreur sont perclus.

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