MADRIGAL
Incarnate et dodue et narguant les chloroses, Avec ta bouche rutilante et ton maintien Impudique, et ton front que le remords chrétien.. Ne saurait assombrir de hantises moroses ;
Avec tes seins petits et tes hanches décloses, Et tes cheveux tordus, tu représentes bien Ce conventionnel amour, que Tart païen — Maïs le nôtre — para de rubans et de roses ^
Or, je rêve d*un temple aux doriques piliers
'Où grimpent les volubilis parmi les mauves ;
Et dans le pur acier de tes prunelles fauves
Je vois des bois de myrte aux nymphes familiers. Et des ruisseaux furtifs où boivent les dorcades, Et qui coulent par niélodieuses saccades.