LE RUFFIAN
Je ne suis pas laide et je suisriche ; je saurai vous aimer et me montrer reconnaissante.
Dans le splendîde écrîn de sa bouche écarlate De ses trente-deux dénis rémail luisant éclate. Ses cheveux, pour lesquels une Abbesse l'aima Jadis très follement, calamistrés en boucles, Tombent jusqu'à ses yeux — féeriques escarboucles Etjses cils recourbés semblent peints de çurma.
Sa main de noîr gantée à la hanche campée,
Avec sa toque à plume, avec sa longue épée^
Il passe sous les hauts balcons indolemment.
Son pourpoint est de soie, et ses poignards superbes
Portent sur leurs pommeaux, parmi l'argent en gerbes,
La viride émeraude et le clair diamant.
Dans son alcôve où l'on respire les haleines Des bouquets effeuillés, les*fières châtelaines, Sous leur voile le front de volupté chargé, Entassent les joyaux, les doublons et les piastres Pour baiser ses yeux noirs vivants conjme des astres Et sa lèvre pareille au bétail égorgé.