MAILLARD, PITOIS, MATHILDE
MATHILUE.
Comment! du bruit!., une querelle !
1\LA1LLARD.
Eh! c'est M"° Malhilde Vertpré !.. vous à Paris!.. Dieu! qu'Eugénie sera contente!..
MATHILDE
Aussi, ma première visite est pour elle!.. (Reconnaissant ritois.) Eh! c'est M. Pitois ! MAILLARD, avec complaisance.
Un gros capitaliste !
MATHILDE, à Pitois.
Mais quel air chagrin !
MAILLARD
Oh! ce n'est rien!., un enfantillage... nous nous fâchons... pour rire... Pitois est un brave garçon... et moi, je suis philosophe !
MATHILDE
Vous, grand Dieu!., et depuis quand?
rrrois.
Depuis qu'il s'est ruiné... c'est assez l'usage...
MATHILDE
En effet, j'ai appris au fond de ma province , que de malheureuses spéculations de bourse...
MAILLARD
J'ai joué , c'est vrai !
PITOIS
H s'est enfoncé dans les bitumes!
MAILLARD
Ils étaient si appétissans!.. je me suis ruiné rondement, il faut être juste... mais c'est alors que j'ai montré ce que c'est qu'un philosophe !.. personne ne peut dire : Maillard a sourcillé.
PITOIS
Non , mais on peut dire : Maillard a fait une grosse maladie... et sans les soins dévoués de sa lille...
MAILLARD
Qu'est-ce qui ne fait pas de maladie?., d'ailleurs, c'est le chagrin du départ de mon neveu Anatole, la tristesse d'Eugénie , qui a commencé vers ce temps-là...
MATHILDE, vivement.
Est-ce qu'elle aimerait son cousin?
MAILLARD
Au contraire, elle ne pouvait pas le souffrir!
MATHILDE , à part.
Ah !.. il m'avait fait une peur !..
MAILLARD
Il allait trop souvent chez M. Gerfaut, le notaire, un vieil ami de son père... et cela contrariait ma fille, qui était très mal avec M"« Gerfaut...
MATHILDE , avec attention.
Ah! vraiment!..
v^ MAILLARD
I Enfin, ils étaient toujours à se taquiner... vous le savez bien !.. Eh bien ! c'est égal , je m'y hai)iluais... de sorte que son départ... le chagrin de ma fille... l'isolement...
PITOIS
Le bitume...
Tout cela m'avait agacé le moral... avec ça, que ma goutte...
PITOIS, à Mathikle.
Oh ! mais il a repris... il a bien repris!..
MAILLARD
Etpuis, écoutez donc... se confiner dans Paris, quand on était accoutumé à l'air pur de la campagne!..
MATHILDE, étonnée.
La campagne !..
PITOIS
Oui... un petit jardin... au bout de la rue Mouûetard...
MATHILDE, liant.
En effet, je me souviens... près d'une tannerie...
MAILLARD
C'est cela... un paradis terrestre!., si vous aviez vu mes cantalous... et mes œillets... et les lapins que je cidlivais de mes mains ! mais si je regrette tout cela, ce n'est pas pour moi... c'est pour cette chère Eugénie!..
PITOIS
Eh ! Mademoiselle votre fille sera riche, puisqu'elle m'épouse...
MATHILDE
Vous, M. Pitois!..
C'est-à-dire... c'est-à-dire... on ne sait Jamais à quoi s'en tenir avec ses caprices !.. MATHILDE, étonnée.
Des caprices! Eugénie! l'humeur la plus enjouée... la plus égale....
MAILLARD
Oui, il y a deu\ ans... mais depuis...
MATHILDE
Oh! les hommes jugent si mal!., ce qu'ils appellent des caprices, c'est souvent le résultat d'une idée très ferme... (Riant.) aussi, M. Maillard, je ne crois pas aux caprices!..
PITOIS, vivement.
Vqus n'y croyez pas?., eh bien, moi, j'y crois pour deux... j'y crois pour douze... Au surplus, je saurai aujourd'hui même à quoi m'en tenir , car elle m'a promis pour ce matin... à midi... un oui ou un non définitif... du positif enfin ! la voici !..