CHIEN TRANSFUSÉ
Survie.
> 36 heures >24 -
> i 2 heures
Deux séries d'expériences de contrôle ont été poursuivies simultanément:
Injection de sang de chien, mort de la destruction des capsules, à un chien normal ou opéré partiellement des deux capsules.
Injection du sang d'un animal, mort par traumatisme simple, à un chien acapsulé.
La première série comprend deux expériences :
120 centimètres cubes de sang, exprimé à la presse, avaient été recueillis sur un chien mort de la destruction des capsules. La prise de sang remontait à six heures après la mort. 40 centimètres cubes, injectés à un chien d'un peu moins de 9 kilogrammes (8^,700), n'ont déterminé chez lui aucun symptôme, soit immédiat, soit ultérieur. Les 80 centimètres cubes restant ont été injectés au chien VII, dont il a été déjà question (page 48), et dont l'observation doit être donnée en entier.
Chien de chasse de i4''^^,500, opéré Je 27 décembre de la capsule droite. L'opération est laborieuse, une partie de la capsule est située en
arrière de la veine cave, complètement adhérente à ce vaisseau, et on ne peut songer à l'ablation en un temps ; je procède par incision de la majeure partie de Torgane et par raclage et cautérisation.
Le 2 février, l'animal est en parfaite santé, il retrouve son poids primitif. On l'opère du côté gauche. L'opération est encore assez difficile et la capsule ne peut être énuclée en bloc.
Le 3 février, l'animal reste couché ; la plaie est en bonne voie ; faiblesse du train postérieur. T. 37°, 8. L'état de faiblesse persiste quelques jours, l'animal maigrit: le 7 février, 13 kilogrammes ; le 9 février, 12^*^600. T. 38°,2. La plaie est cicatrisée, puis, à partir de cette date une amélioration manifeste se produit, le chien, jeune et caressant, redevient vif et gai, et il retrouve son poids. Le 18 février, 14 kilogrammes.
Le 20 février, injection de 80 centimètres cubes de sang de chien acapsulé. Après l'injection, l'animal est détaché, fait quelques tours dans le laboratoire, boit du lait, puis va se coucher et présente, deux heures après l'injection, un certain état de somnolence, de paresse dans les mouvements du train postérieur ; la respiration n'a rien d'anormal» L'excitation électrique faite à travers la peau n'indique rien de spécial. Cet état de paresse va en s'accentuant.
Dans la soirée, il y a presque de la parésie, cinq heures environ après l'injection. Mais la respiration reste régulière, la température, de 38°,6 est presque normale. Le lendemain vers 8 heures, il était complètement remis et ne présentait aucun symptôme morbide . Cet animal est resté en observation pendant trente-cinq jours après la seconde ablation, malheureusement, à la suite de contact avec un chien enragé, j'ai dû le sacrifier par mesure de prudence.
A l'autopsie, ainsi qu'il a été signalé plus haut on trouva deux fragments de capsules, l'un peu important à gauche, l'autre plus volumineux à droite, les deux réunis représentant le 1/11 du poids total supposé des capsules.
Cette observation présente un double intérêt: elle montre la survie possible avec un minimum de capsule, et, d'autre part, Faction parésiante passagère du sang d'animaux acapsulés sur des animaux chez lesquels la fonction surrénale est tout au moins atténuée. Marino Zucco a déjà signalé l'action curarisante du sang des lapins privés de capsules, il est intéressant de voir cette action se produire, même quand on emploie des doses de sang assez faibles, sur des animaux aux capsules diminuées. L'injection de sang d'un animal non privé de ses capsules, et mort par tout autre
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traumatisme, à un chien privé de ses capsules, n'a amené aucune modification dans les phénomènes observés, ni dansi la durée de la survie.
Chien de 12 kilogrammes, opéré de la seconde capsule, après un intervalle de vingt-deux jours. Reçoit 60 centimètres cubes de sang recueilli sur un chien mort par excitation électrique directe du cœur. L'injection a lieu quatre heures après Tablation de la seconde capsule.
L'animal n'a présenté rien d'anormal, et il est mort dans un délai assez éloigné, de trente-six heures environ, supérieur même à la moyenne de vingt-huit heures, donnée par les autres expériences. Le sang de ce chien a été utilisé pour l'expérience XXIV.
Brown-Séquard, lors de la communication de ces observations à la Société de biologie, a signalé les résultats remarquables obtenus en transfusant du sang normal à des cobayes auxquels il avait soustrait, au préalable, une certaine quantité de sang intoxiqué. La survie des animaux a été notablement prolongée. La concordance des résultats dans les recherches de Brown-Séquard (1858-1892), d'AsELOus et Langlois, de Marino Zucco, avec ceux exposés dans ce chapitre démontre nettement la toxicité du sang des animaux acapsulés.
Injection intraveineuse d'eau salée chez les animaux
acapsulés.
Si la mort chez les animaux acapsulés résulte de Taccumulation dans le sang d'une substance toxique, et c'est cette opinion que toutes nos expériences antérieures nous conduisent à adopter, il était logique de chercher si le lavage de l'organisme par des injections intraveineuses d'eau salée permettait de prolonger la résistance des animaux acapsulés.
Cette question du lavage de l'organisme avait été étudiée
avec beaucoup de soin par le professeur Dastre et notre ami
P. LOYE.
Ils avaient montré, dans une série d'expériences conduites méthodiquement, et après avoir étudié les conditions nécessaires pour réaliser ces injections sans danger, par quel mécanisme le corps se débarassait de Texcès de liquide injecté.
Enfin ils avaient été amenés à rechercher si, par ce procédé, il était possible d'éliminer de l'organisme les principes toxiques produits au cours d'une maladie infectieuse. Mais les résultats expérimentaux avaient été loin d'être encourageants. Dans tous les cas, les animaux lavés (inoculés ou intoxiqués) avaient péri plus rapidement que les témoins.
Dans ces dernières années les injections d'eau salée, soit sous-cutanées, soit intrapéritonéales, soit intraveineuses, ont été préconisées par les chirurgiens et les médecins contre les maladies infectieuses. Les résultats cliniques signalés par de nombreux auteurs ont été plutôt satisfaisants, mais ils ne comportent nécessairement pas la rigueur des expériences de laboratoire.
Quoi qu'il en soit, nous avons cherché les effets de l'injection intraveineuse d'eau salée chez un animal acapsulé.
Nous n'avons fait que deux expériences.
Expérience XXXVII. — Chien de 7 kilogrammes.
Destruction des capsules à trente jours d'intervalle. L'ablation de la capsule gauche a lieu à 6 heures du soir, très facilement et très rapidement. L'animal avait reçu avant l'opération 4 centigrammes d'oxyspartéine et 2 centigrammes de morphine, la quantité de chloroforme employée minime, l'opération faite en douze minutes. A 7 heures et demie il paraît bien remis.
Le lendemain à 8 heures, une heure après l'opération, on le trouve couché, il remue la queue, mais ne se lève pas spontanément. Si on le force à marcher, il fait quelques pas, puis se couche de nouveau. Pas de défécation, pas de miction pendant la nuit. T. 38°,75.
Injection par la veine saphène de 100 gramme s d'eau salée à7 p. 1000
CAPSULES SURRÉNALES. 63
en vingt minutes soit 08%7 par kilogramme et par minute, chiffre optimum indiqué par Dastre et Loye.
A 9 heures Tanimal marche un peu ; il boit une petite quantité d'eau, pas de miction.
A 10 h. 30, nouvelle injection de 300 grammes en trente-cinq minutes, soit un peu plus de 1 gramme par kilogramme et par minute. L'animal se couche aussitôt détaché, et meurt à 11 h. 55 sans convulsion.
A Tautopsie les reins ne présentaient au.cune lésion apparente; Texamen histologique n'a pas été fait.
Expérience XXXIX. — Chien de 8 kilogrammes.
Ablation des deux capsules, par la voie médiane, le matin à 9 heures. Anesthésie par la méthode spartéo-morphine-chloroforme. L'opération dure une heure.
A 4 heures, Tanimal est couché, affaibli ; pas de miction depuis l'opération.
Injection dans la veine saphène de 200 grammes d'eau salée en vingt minutes, soit plus de 1 gramme par kilogramme et par heure.
Le lendemain matin, l'animal marche quand on le fait lever ; il a uriné, mais, par suite d'une fuite de la cage, on ne peut connaître la quantité d'urine rendue. AH heures, nouvelle injection de 250 grammes d'eau salée en trente minutes.
Dans l'après-midi le chien prend du lait, il n'a pas l'air abattu; le troisième jour, l'animal mange ; sa plaie abdominale est en bon état, on supprime les injections.
Le septième jour, l'animal est complètement rétabli.
Il est sacrifié par hémorragie, et à l'autopsie on trouve une capsule accessoire accolée à la veine rénale près de son confluent avec la veine cave, ayant à sa face antérieure une veinule qui se jette dans la veine cave, au-dessus de la veine capsulaire normale, liée pendant l'opération. Cette capsule offrait le volume d'un petit haricot, 11 millimètres sur 7. Il n'est pas supposable qu'elle ait pu se développer pendant la courte période qui s'est écoulée entre l'opération et la mise à mort de l'animal; peut-être cependant a-t-elle subi une augmentation notable dans cet intervalle, ce qui expliquerait qu'elle n'a pas été aperçue pendant l'ablation de la capsule gauche.
La première expérience nous a donné un résultat en réalité négatif. L'animal est mort trente-six heures après l'opération. C'est une survie que nous avons noté déjà sur des animaux opérés en deux fois, et qui n'avaient reçu aucune injection. Quant à la seconde, la présence d'une capsule accessoire ne permet de tirer aucune conclusion.
On pourra nous objecter d'ailleurs que les quantités de
liquide injecté ont toujours été trop petites; un chien de sept kilogrammes renferme environ 800 grammes de sang, et les auteurs cités ontmontré que le ]a;vage deTorganisme ; c'està-dire l'élimination régulière parles reins d'une quantité d'eau égale à celle injectée par les veines, ne se produit que lorsque le liquide injecté représente approximativement le volume du sang total, et nous n'avons injecté que 300 grammes au plus. D'autre part, chez les animaux acapsulés, par le fait même de l'ablation des capsules el en dehors de l'influence ordinaire du traumatisme, la pression est toujours très basse, le tonus des vaisseaux est très diminué, l'élimination par la voie rénale est ainsi encore très compromise.