POUR 100 CENTIMÈTRES CUBES DE SANG
Veine crurale. Veine précapsulaire. Artère carotide.
Mais cette expérience ne doit pas entrer en ligne de compte, le sang se coagulait très facilement dans Tintérieur même de la veine capsulaire, la circulation dans la glande était très faible, et nous avons dû renoncer à faire de nouveaux dosages du sang efférent de la capsule après la deuxième prise.
Les écarts considérables dans la teneur en oxygène du sang artériel, et du sang veineux observés par les auteurs, écarts qui varient de H à 21 pour le sang artériel, de 4 à ITpour le sang veineux, nous indiquent qu'il faut se contenter de simples rapports.
Or, si nous négligeons la deuxième prise de Texpérience III, on voit qu'il existe une différence constante dans la teneur en oxygène du sang de la veine capsulaire et de celui du système veineux général.
Chez le premier chien, le rapport entre la quantité d'oxygène du sang de la veine saphène et celle du sang de la veine
Veine capsulaire 143*
Chez le second chien, il oscille entre 38 et 63 p. 100 :
- . , , Veine saphène 1
capsulaire est de : ^^r-, — p-r— = -
Veine crurale 100 ,100
Veine capsulaire 170 156'
Cette richesse en oxygèae du sang efférent de la capsule surrénale était à prévoir. On sait, en effet, que cet organe, qui se rattache au groupe des glandes défensives de Torganisme, chargées d'annihiler les substan ces toxiques qui se forment continuellement dans l'économie, doit posséder une activité constante, et par suite présente r constamment les phénomènes vasculaires observés dans les glandes à fondions intermittentes, au moment oh elles en trent en activité : une circulation intensive, conservant môme dans la veine son caractère artériel.
L'examen microscopique du sang de la veine précapsuairene nous a pas permis de reconnaître de différence appréciable avec le sang d'une veine quelconque. Le nombre des globules rouges, leur forme, la quantité deshématoblastes, les rapports entre le chiffre des hématies et celui des leucocytes ne diffèrent pas sensiblement des chiffres notés avec le sang d'une veine quelconque.
Nous nous contenterons de relever quelques chiffres pris par nous en utilisant la méthode de Haye m et indiquant seulement le rapport entre les hématies et les leucocytes.
NOMBRB RAPPORT
des dos leucocytes
hématies. aux hématies.
Sang. Veine saphèiip 76
— Veine capsulain-. ... 77
— Veine cave 73
— Veine sushépatiquc . . 64
Action physiologique du sang de la veine capsulaire.
Vulpian(224), dans sa Note de 1856, après avoir insisté sur les réactions caractéristiques que présente la substance médullaire de la capsule avec le perchlorure de fer, fait une remarque importante.
CAPSULES SURRÉNALES. 12i
Il pense que la matière qui se montre ainsi dans la substance médullaire est entraînée dans le torrent circulatoire. « Chez le mouton, il y a une veine principale, une sorte de sinus qui parcourt toute la longueur de la substance médullaire et s'ouvre à une des extrémités de la capsule ; j'ai toujours vu la gouttelette de liquide sanguinolent qui sortait de Torifice veineiix produire avec le sesquichlorure de fer la réaction indiquée. »
«Ainsi serait prouvée pour la première fois, et d'une façon décisive, Thypothèse qui regarde les capsule surrénales comme des glandes dites sanguines, c'est-à-dire versant directement dans le sang leur produit de sécrétion. »
Pfaundler(182), dans le même ordre d'idées, insiste sur la présence, dans le sang de la veine capsulaire, de fines granulations identiques à celles trouvées dans les cellules de la capsule, mais la démonstration physiologique n'avait pas été faite. Or,en'1895, Cybulski (76) signala en quelques lignes (tout au moins dans le texte allemand que nous ayons eu sous les yeux) l'action du sang de la veine efférenle. Il prit du sang défibriné provenant de la veine capsulaire et l'injecta aux doses suivantes maxima : 4 centimètres cubes aux lapins^ 12 centimètres cubes aux chats et 30 centimètres cubes aux chiens et vit chaque fois la pression s'élever et le pouls se ralentir, comme après l'injection d'extrait capsulaire.
Les résultats de nos recherches viennent confirmer ceux de Cybulski, ainsi que les idées émises par Vulpian.
Expérience XIIL — Chien noir de 4 kilogrammes à jeun depuis deux jours. Injection rapide de 0,50 de peptone, en i8 centimètres cubes d'eau salée.
On avait recueilli la veille 30 grammes de sang de la veine capsulaire d'un chien peptonisé, de 7 kilogrammes, également à jeun depuis trois jours.
Ce sang incoagulable avait été centrifugé et décanté.
1« Injection de 8 centimètres cubes de plasma dilué avec 10 centimètres cubes d'eau salée.
Pression avant l'injection, 10,6; après, 18.
p. LANGLOIS.
2" Injection de 9 centimètres cubes des globules centrifugés dilués avec 9 cenlimètres cubes d'eau salée.
Pression avant rinjection, 9; après, 11, S.
3° Injection de 10 centimËtrea cubes de sérum d'un chien normal dilué en 10 centimètres cubes d'eau salée.
Pression avant l'injection, 7,5 ; après, 8,5.
4" Injection de 20 centi grain mes de capsule de cobaye.
Pression avant l'injection, 5; après, 11.
5° Injection de 00 centigrammes de capsule de chien.
Pression avant l'injection, 5; après, 12.
6° Injection de la même dose, mais par le bout périphérique
de l'artère crurale, sans ligature de l'artère et à l'aide d'une fine aiguille de Pravaï. L'injection, par suite de la résistance de l'aiguille, est faite beaucoup plus lentement que les injections ordinaires: deux secondes par centimètre cube au lieu d'une seconde. On ne peut donc insister sur le relard observé dans l'élévation de preasion. Le passage de l'extrait à travers tout l'appareil circulatoire ne parait pas avoir modifié son action.
Pression avant l'injection, 7; après, 16.
7° Injection de 15 centimètres cubes de la mfime solution, est placé dans un ballon Pasteurà l'autoclave. Le ballon est laissé vingt minutes, dont six minutes à une température de 121°.
Le liquide filtré, devenu limpide, est injecté.
Pression avant l'injection, 7; après, 12 (fig. 7, p. 87}.
S" Injection, Même condition, mais la température est maintenue pendant si.x minutes è. 134°.
CAPSULES SURRÉNALES. 123
Pression avant l'injection, 9; après, 9.
9^ Injection. Expériences simplement de contrôle. On injecte de Textrait sec de cheval bouilli dans l'eau salée et filtrée. 10 centimètres cubes de la solution.
Pression avant l'injection, 10 ; après, 17.
Au lieu d'employer du sang défibriné, nous avons utilisé du sang rendu incoagulable par la peptone.
Nous avons pu ainsi injecter successivement non le sérum, mais le plasma seul sans les globules^ et, d'autre part^ le dépôt globulaire.
On voit qu'une injection de 8 centimètres cubes de plasma suffit pour déterminer chez l'animal une élévation de pression très notable, 8 centimètres de Hg. Au contraire, l'injection de la même quantité de globules centrifugés n'a donné lieu qu'aune élévation de pression insignifiante, 2^™,8, et il y a lieu de supposer que cette élévation est due au sérum retenu en quantité appréciable avec les globules.
Expérience. — Chien de 42 kilogrammes.
Reçoit 30 centigrammes de morphine, chloroforme. Canule disposée dans la veine capsulaire après injection de 10 grammes de peptone dans 100 grammes d*eau salée par la jugulaire.
Le sang de la veine capsulaire tombe goutte à goutte dans un ballon; il est beaucoup plus rouge que le sang de la jugulaire. La pression étant très basse, 7 dans la carotide, l'écoulement se fait lentement : 62 gouttes par minute, environ 5 centimètres cubes.
On y recueille en quinze minutes 50 centimètres cubes de sang capsulaire. Ces 50 centimètres cubes sont étendus de deux fois leurvx)lume d'eau salée.
1° Injection dans la jugulaire de 60 centimètres cubes du mélange.
Pression avant Tinjection, 7; après l'injection, 10.
L'injection dure trente secondes; c'est seulement vingt-cinq minutes après la fin de l'injection que l'on observe les grandes oscillations de pression avec ralentissement marqué. Les mouvements respiratoires sont à la fois plus intenses et plus fréquents; puis, au bout d'une minute, le pouls s'accélère et reprend son rythme en même temps que la pression baisse, tout en restant supérieure à celle avant l'injection.
2® Injection identique, 60 centimètres cubes.
Pression avant l'injection, 8 ; après l'injection, 11.
Mais le rythme reste accéléré, les grands mouvements respiratoires ne
se groémseat q^'xme miimteapips Vmitictian et pa&daiit ▼ingt secondes agglemeiit
^ Injeetioii de aona euQUdisL ililiié an. tiers, 60ceiitiiiiètres.
Ancnnp modiâcalioa ilans le tracé, mal ime descsite brusque de ^ centimètres pimdant L'îii|ectiiiii.
4P lolection de saim capsniairepnr ^ cenlimètres onbes «l dix-sept secondes, légère élévation de presson de 1^.
5^ Injection d'extrait sec eapsoloire «le ehevaL 6 ggntifrrammesw
Avant rinjeetion^ 9 : après lln^ection. ICl
Sais contrairement aox expériences précédentes. Le rythmen^est qne très SubLement ralenti. Les résnitats sont identiques à ceux annales par ÙLmsa et ScaiFEB. Sctsobovicz. Tblilh. sir les animanT atrapinisés.
5oas n'avons pas malhenrenâernent à ce moment son^iéà vérifier rinté^té des nerfe pnetimogastriqaes.
ExpfiBisncs XL- — Clii«i de t»> kiio^rammes».
Extirpation des deux capsules sorrénaies terminée à tl heures.
A ^ heures du soir, ranimai est très affaibli, on observe de La paresse dn train postérieur, la respiration est dyspnéique.
Injection de tO centimètres cubes de plasma ceutrifiigé du san^ de la vone eapsalaire dn ciiiai cité dans L* expérience précédente.
Immédiatement après l'injection,, le cœur bat plus énersiquement,, la respiration est plus ré^uiiére^ ranimai 5e tient debout sur ses pattes^ mais Teffet est passager, il s'a£iisse bientôt^ se couche et on le trouv^e Biort le I»Ld^nain matin à *} heures.
L'injeetion de i& eentiiaètres cubes de sang eapsalaire a produit on effet très net sur le cœur et la pression^ mais cet effet a été très passager, et finalem^it ranimai est mort dans le délai ordinaire des dix-sept à dix-doit heures. II était Sieile de préToir ce résultat, en étudiant 1 Wiion de l'extrait eapsulaire ou du sang e^^sulaire sur la circulation.
UéléTation de pression observée après llnjeetion d*extraît eapsolaire ne s'est jamais maintenue plus de quatre minutes chez les mammifères, quelle que soit la dose injectée, et nous avons souvent employé des doses hypermaxima. Nous avons insisté précédemment sur cette suppression rapide de l*effet tonique de Textrait eapsolaire. H en est de même quand on injecte du sang capsulaire. et pour obtenir un effet sinon euratif, ao moins supplétif^ il faudrait maintenir une injection constante. Même en procédant ainsi^ nous ne croyons pas
CAPSULES SURRÉiNALES. 125
que le sang capsulaire pourrait suppléer au fonciioonement de Torgane. Nos expériences antérieures sur la toxicité du sang des animaux acapsulés : grenouilles, cobayes, chiens, nous permettent d'affirmer que les capsules n'ont pas seulement pour fonction de verser dans le sang une substance capable de maintenir le tonus des vaisseaux, mais qu'elles ont encore pour objet de s'opposer, par un procédé inconnu, à l'accumulation dans le sang de substances toxiques paralysantes.
Quantité de sang passant par les capsules surrénales.
Un des arguments invoqués jadis contre l'utilité des capsules surrénales, en tant surtout qu'organes dépurateurs, était leur peu de volume. Nous savons aujourd'hui que cet argument n'a aucune valeur; il est néanmoins intéressant de chercher à savoir quelle est la valeur de l'irrigation surrénale, quelle quantité de sang capsulaire est déversée continuellement dans la circulation générale, et enfin, en combien de temps peut-on supposer que la totalité du sang a passé par les capsules?
Le problème est en réalité assez difficile à résoudre, et les chiffres que nous donnerons, bien qu'établis sur des données expérimentales, restent approximatifs.
Par suite même de la dissémination du système artériel arrivant à la capsule, il est assez difficile de poser les ligatures veineuses sans s'exposer à léser quelques arlérioles. En outre, il faut tenir compte de l'obstacle opposé au cours du sang, par la canule, toujours assez petite, placée dans la veine. Quoi qu'il en soit, nous essaierons de donner quelques chiffres.
Nos premiers calculs ont été faits, au moment des dosages des gaz du sang de la veine efférente, sur des animaux chloralisés. La pression était presque normale, mais le sang faci-
lement coagulable. Nous avons obtenu ainsi quelques chiflFres.
Chien de iS kilogrammes. Pression carotidienne : 16 cm. de Hg.
Débit par minute : 6 Chien de 16 kilogrammes. Pression carotidienne : 14.
Débit par minute : 8
Les calculs de la seconde série ont été faits sur des chiens peptonisés, par conséquent à pression faible, 7 à 8 centimètres de Hg. Mais nous avons fait quelques numérations pendant les élévations de pression déterminées, soit par rinjection d'extrait capsulaire, soit par l'injection de spartéine.
Débit Pression par min. en
en ce. cm. do Hg
après 10 gr. de peptone ... 3 7 après injection d'extrait capsulaire 7 14
après injection de spartéine . ;> 10 après 10 gr. de peptone ... 5 8 après injection de sang cap- Chien de 42 kil. < pulaire 7 11
après injection d'extrait capsulaire 10 16
Chien de 20 kii.
En ne tenant compte que des chiffres recueillis au moment où la pression était équivalente à la pression d'un chien normal 14 à 16, nous trouvons les débits suivants par heure : 360, 420, 480, 600 centimètres cubes.
Mais nous pensons, d'après les raisons signalées plus haut, que tous ces chiffres doivent être légèrement majorés, et portés sans exagération à 400, 800, 700, soit pour les deux capsules 800, 1000, 1400; or, en admettant que le
volume total du sang est le jq du poids du corps, on voit
CAPSULES SURRÉNALES. 127
que la totalité du sang peut passer dans les capsules dans l'espace de temps suivant :
Cbiea dei6 kilogrammes : 1200 grammes de sanpr. . . 1 h. 12.
Enfin rappelons que les quantités de sang capsulaire déversées par minute dans le sang suffisent à maintenir la tension sanguine, puisque ce débit ne descend normalement pas au-dessous do 10 centimètres cubes par minute et que nous avons vu 8 centimètres de plasma centrifugé injectés en quinze secondes, faire passer la pression de 10,6 à 18 pendant plus de deux minutes.
Les recherches faites pour retrouver dans le sang capsulaire la réaction colorante caractéristique de la substance médullaire de la capsule ne nous ont pas doublé jusqu'ici des résultats assez nets pour que nous insistions sur ce point.