‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 24 sur 183 · Voir Histoire de Bujg ans^ page 63. Gir. de Nozeroj · texte numérisé non relu

Voir Histoire de Bujg ans^ page 63. Gir. de Nozeroj

2. Le P. Fodéré dit qu'on ravait bâti hors la viUe aân de pouvoir lui donner de plus vastes proportions que ne l'eût comporté Venceinte de la cité.

EN KRANCHE-COMTÉ 87

L'isolement des maisons de Gray, Dole, Jussey et Poligny leur fut souvent fatal. Le premier soin des Français venant mettre le siège devant Dôle, fut de s'emparer du couvent des Capucins. Comme il était maison d'étude, c'était alors le plus nombreux de la province (1" juin 1636).

Les sentiments patriotiques des religieux n'étaient point un mystère pour les assaillants ; ils en prirent sept, qu'ils déclarèrent prisonniers de guerre. Le P. Désiré, un de leurs supérieurs, qui prêchait alors à Saint-Claude, revint immédiatement ; mais il ne paraît pas qu'il ait pu rentrer dans la ville, tant elle était cernée de près.

Le siègft de Dôle, soutenu pendant quatre-vingts jours contre le prince de Condé et vingt mille Français, est certainement un des plus beaux faits d'armes qu'ait enregistrés notre histoire nationale. Il faut lire dans Bayvin les pages aussi naïves qu'émues célébrant les exploits des Bourguignons dans cette première période de la guerre de Dix ans. Nous citerons seulement les passages de son récit relatifs aux Capucins, et nous laisserons parler ce témoin si exact et si bien renseigné. Les Capucins renfermés 4^ns la ville étaient assez nombreux, quoique le quart de ceux qui habitaient le couvent de Dôle fussent prisonniers de guerre ; mais l'ardeur doublait au moins leur nombre, et on les voit se distinguer dans les travaux de la défense.

Feuillée (4 mars). La position des. Vésuliens était critique, il faut en convenir. Ils n'avaient point de troupes réglées, et leurs murailles étaient si mal en ordre, que, tandis qu*un trompette français venait sommer la ville de se rendre, il tomba « par pure caducité » un pan de mur qui fit une brèche de 20 toises*.

Le P. Schmidt se montra le plus ardent promoteur du parti de la défense. Quand on lui objecta la malencontreuse brèche qui venait de s'ouvrir, il répondit que l'attaque n'aurait point lieu de ce côté, protégé par une prairie marécageuse, et qu'on pourrait du reste facilement dissimuler cette ouverture au moyen de toiles ou de peintures représentant la muraille. Tout singulier qu'il pût être, cet avis rallia la majorité ; il fut décidé qu'on se défendrait. Mais l'ennemi avait des intelligences dans la place.

Le sieur Labbé, chef du parti, gendre d'un conseiller au Parlement, « et beau diseur », représenta si bien l'inutilité de la résistance qu'on capitula le 4 mars au soir ^

Le P. Schmidt, voyant que ses conseils étaient inutiles pour la défense du bailliage d'Amont, se rendit dans la cité impériale, qui devait être le centre des attaques françaises.

1. Relation manuscrite rédigée probablement par un partisan des Français.

Page 1