V. p. Chérubin deMESMAY, de Mesmay
Vêtu le 22 avril 1759.— Le P. Chérubin de Mesmay (Doubs)» dans le monde Guillaume-Isidore de Mesmay, fut d^abord un des adeptes du schisme, ou du moins regardé comme tel, et occupa successivement les cures de Naisey et d'Audenx. Naturellement, les scribes de Tépoque ne manquèrent pas de le faire figurer sur les registres d'abdicateurs ; mais ce fut sans en dater l'acte. Ce religieux, vertueux jusqu'au moment de l'épreuve, ne pouvait pas persévérer dans sa chute. Il se rétracta de bonne heure, et les persécuteurs
répondirent â cette courageuse manifestation de repentir par un arrêté de déportation, au commencement de Pan IV, c'est-â-dire dans les derniers mois de 1795. Aussitôt, on se mit à la recherche du nouveau confesseur de la foi. 11 fut arrêté, mais presque aussitôt arraché aux mains des gendarmes par un attroupement. Le 16 novembre 1797, la police réussit â le saisir dans la ville de Besançon, et il fut incarcéré, comme prévenu d'avoir exercé le ministère sans prestation préalable du serment de haine à la royauté. La municipalité déclara « quMl était de notoriété publique que ce prêtre avait prêté le serment constitutionnel, puisqu'il avait exercé le culte catholique dans l'église métropolitaine, avec les prêtres constitutionnels, mais que, depuis, il avait non seulement rétracté son serment, main cherché à corrompre des prêtres restés fidèles à la loi ; que, s'il n'existait point de preuves matérielles de sa rétractation, elle avait toute la notoriété nécessaire pour provoquer à son égard la sévérité des lois; qu'en conséquence, le prêtre Demesmay (sic) serait dénoncé au département comme exerçant son culte après la rétractation de son serment, avec invitation de prendre à son égard les mesures que pouvait nécessiter la sûreté publique. » Le département, faisant droit à cette invitation sans y regarder de trop près, dit M. Sauzay, décida, le même jour, que le P. Demesmay serait détenu aux Capucins jusqu'à ordre contraire.
Ici, M. Sauzay émet avec force l'opinion que le P. Demesmay n'avait pas prêté le serment constitutionnel, et il ajoute : « Le département le reconnut bientôt lui-même, et il adressa â ce sujet des observations â la municipalité, qui répondit, le 22 novembre : « Le commissaire du Directoire « nous a communiqué une lettre relative à Demesmay. Vous « demandez la' rétractation qu'il a faite du serment de l'?90, « leqvtel serment il ne peut avoir rétracté , puisqu'il n'y était
« pas assujetti. Nous avons dû préjuger que Demesmaj avait « prêté ce serment, parce qu'il a offîcié comme prêtre cons- « titutionnel à Téglise du grand Saint-Jean, Il a cessé d*j « fonctionner depuis environ six mois, et depuis, il ne s'est « associé qu'à des prêtres réfractaires, notamment k « Tabbé Jobard. Outre cette preuve morale, il est de fait que « le citoyen* Jacquez, ez-Capucin, prêtre constitutionnel, a « été sollicité par Demesmay pour rétracter, et il est connu (c que Demesmay a assisté à la rétractation faite publique- « ment par le prêtre Perrindeau, dans Téglise de Dampierre « (Jura). Demesmay sollicita ensuite les habitants de cettç « commune à conserver Perrindeau dans ses fonctions de « ministre du culte, malgré sa rétractation ; mais les habi- « tants, indignés, chassèrent ces deux prêtres de leur com- « mune. »
Nous ne savons point combien de temps le P. Chémbin resta emprisonné avec ses confrères dans leur ancien couvent de Besançon, ni comment il put éviter la déportation, à laquelle il était sujet. Il résidait à Besançon en 18GI, et, lors de la formation du nouveau clergé, le préfet le notait comme « peu instruit et ayant beaucoup fanatisé. »
V. P. Pasteur Pouillet, de Saint-Loup, sousmaître des novices.
Vêtu le 21 novembre 1762.