‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 80 sur 183 · COUVENT DE PONTARLIER · texte numérisé non relu

COUVENT DE PONTARLIER

R. P. Chrysostome Colin, de Pontarlier, gardien.

Vêtu le 2 juillet 1751. — Le P. Chysostome de Pbntarlier (Doubs), dans le monde François Colin, paraît avoir opté pour la vie commune, et s'être rendu au couvent des Minimes de Besançon pour l'y suivre dès qu'elle fut devenue obligatoire pour les optants. Là, vers la fin de l'an 1791, il fot l'objet des attaques d'un mauvais journal intitulé la Védetie, Le 24 août suivant, le département ordonna remprisonnemest d'un certain nombre de prêtres fidèles qui lui avaient été dénoncés. Le séminaire de Besançon fut leur lieu de réclusion. De là, dit M. Sauzay, « le P. Chrysostome Colin écrivit, le 31 août, à l'un des membres du département: « Je vous prie d'appuyer ma demande d'élargissement, et de « rendre le même service aux PP. Servin et Belamy, pour « lesquels je m'intéresse autant que pour moi*même. Mon « caractère doux et tranquille est bien connu de votre fa- « mille. M. Roland, votre confrère, à qui j'écris pour le même

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« sujet, VOUS fera connaître mes sentiments et ma conduite. » <3ette lettre était accompagnée d*un certificat de la munici* palité de Pontarlier, en date du 2 août, attestant que MM. Colin, Eusèbe Tavernier, Michel Minari et Prosper Kenaud, ci-devant Capucins en cette ville, s'étaient toujours comportés en bons et dignes religieux, «t qu'il n'était jamais revenu aux autorités qu'ils eussent donné aucune marque d'incivisme. La bonne volonté manqua au département pour rendre sur-le-champ la liberté à ces vénérables et paisibles ecclésiastiques, et, quelques jours après, leur sort se trouva fixé par une autre autorité. »

En effet, le P. Chrysostome fut, dès le mois de septembre, obligé de se déporter, ce qui n'empêcha pas qu'on l'inscrivît sur la liste des émigrés, le 2 brumaire an IL A partir de cette déportation, il devient impossible de suivre le P* Chrysostome, et de savoir s'il sortit du territoire français ou s'y tint caché. 11 était cependant à Pontarlier en 1797, puisque, le âO septembre, le département refusa d'admettre les raisons d'exception eu vertu desquelles, retiré à Pontarlier, il prétendait avoir le droit d'y être maintenu en résidence et en surveillance. Après cela, on rencontre encore son nom sur une liste postérieure de prêtres fidèles, sujets à la déportation, où l'on indique sa présence à Pontarlier comme probable. Enfin, il est simplement nommé dans les listes préparatoires du nouveau clergé, en 1801.

Pendant tout le cours de la Révolution, on voit, également à Pontarlier, un autre prêtre du nom de Colin, avec les prénoms Antide et Antide-François ; il est curé constitutionnel de Pontarlier en 1798-1800. Plusieurs documents le qualifient de Capucin, et les listes préfectorales dressées en vue de la formation du nouveau clergé, en 1801, le notent ainsi: -« ex-capucin; il a du caractère, est âgé, très moral, peu instruit, et exerce à Pontarlier. » Ce Colin ne figure point

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