V. P. Florence Tavernier, de Pontarlier
Vêtu le 2 février 1748. — Le P. Florence de Pontarlier (Doubs), dans le monde Pierre-Antoine Tavernier, qu'il est impossible de confondre avec son homonyme et compatriote le P. Eusèbe Tavernier, fut incarcéré à Besançon, le 5 mai 1793 ; il était âgé de soixante-quatre ans. 11 fut transféré dans les prisons de Dijon, le 25 obtobre suivant, et son nom figure sur deux états successifs des prêtres renfermés, en certain moment jusqu'au nombre de cent quatre-vingthuit, dans les maisons de détention du chef-lieu de la Gôted'Or. Un de ces états, dressé, le 13 ventôse an II, par un médecin chargé de constater les infirmités des détenus, donne quelque idée de l'abandon et des mauvais traitements que subissaient les pieux captifs. Le P. Florence est ainsi noté : « Pierre- Antoine Tavernier, ex-Capucin à Pontar- « lier, âgé de soixante-cinq ans, sujet à des coliques, des « rhumatismes ; s'il faut l'en croire, a prêté le serment de « 1792. » Un peu plus loin, c'est un Cordelier de Besançon qui occupe le médecin : « Nicolas Richard, ex- Cordelier de « Besançon, âgé de soixante-six ans, à prêté le serment de « 1'j92 avec des restrictions. C'est bien à toy (s*c), avorton, « atome, insecte de la nature, de vouloir faire la loi à « 26 millions de citoyeiM ! » On voit que ce médecin n'avait guère de sollicitude pour ces infortunés (Archives de la Côte-d'Or, M. 6, liasse 83). Revenu aux prisons de Besançon avec ses confrères en novembre 1794, le P. Florence justifia de sa prestation du serment de liberté-égalité, et fut autorisé à rentrer dans sa famille, à Pontarlier.