‹ Les Capulets et les Montaigus = I Capuletti ed i MontecchiChapitre 6 sur 40 · ACTE I, SCENE H · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE H

CAPELLIO.

Je sais ce qui l'amène, et je dois m'en défendre! Roméo, jeune encor, de nos murs s'est enfui ; Une main prolectrice a su veiller sur lui; Las enfin de courir de contrée en contrée, J'apprends que de ma cour il a franchi l'entrée. Je ne le vis jamais ; voilà mon seul regret !

TEBALDO.

Je le découvrirai, le ciel me le promet !

CAVATINE

Je tromperai son espérance;

Mon cœur respire la vengeance !

L'idole de mon existence,

11 la profana du regard !

Mais mon bonheur à son aurore

De gloire et d'amour se colore.

Juliette, brillant météore,

Guide mon bras et mon poignard !

CAPELLIO.

Embrasse-moi, mon gendre, et dans cette journée S'allumeront pour toi les feux de l'hyménée!

lorenzo, stupéfait.

Juste ciel! aujourd'hui...

capellio, à Lorenzo.

Pourquoi cette stupeur.

Quand du plus tendre amour je couronne l'ardeur?

lorenzo, avec humilité.

Seigneur, c'est que Juliette, en proie à la tristesse, De marchera l'autel ne serait pas maîtresse. Dans son regard troublé j'ai vu le désespoir, Quand je lui rappelai son prochain mariage...

tebaluo, épouvante.

Grand Dieu ! que dites-vous?...

CAPELLIO Ct LES CAPULETS.

Tebaldo, prends courage, Ta Juliette sera fidèle à son devoir !

tebaldo, affecté.

Fin de la Cavatine.

Hymen sacré, douce alliance, Rêves d'amour et d'innocence, Dont je caressais l'espérance, Vous allez vous évanouir !

Juliette, bannis tes alarmes, Malgré l'empire de tes charmes, Ce n'est pas au prix de tes larmes Que ton cœur doit m'appartenir !

ENSEMBLE

capellio, serrant la main à Tebaldo.

Dissipe la douleur amère :

Ta valeur sut toujours lui plaire, Généreux vengeur de son frère, Ma fille saura te chérir!

LES CAPULETS > ils entourent Tebaldo.

Pourquoi celte douleur amère ?

Ta valeur dut toujours lui plaire.

Généreux vengeur de son frère, Juliette saura te chérir!

lorenzo, à part.

Pauvre Juliette; en vain j'espère Pouvoir désarmer leur colère!

Roméo, maudit par ton père, Jamais ne saura le fléchir!

capellio, s approchant de Lorenzo.

Lorenzo, va trouver la jeune fiancée.

Dis-lui que par mes soins sa couronne est tressée. Presse-toi! Je connais le secret ascendant Que ton langage exerce auprès de cette enfant !

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