‹ Les caractères médicaux dans l'écriture chinoiseChapitre 7 sur 11 · LI : Paludisme · texte numérisé non relu

LI : Paludisme

(Figure 255)

L’élément est l’image contractée d’un aiguillon. Faut-il voir en ce choix une signification, la maladie qui atteint et pourchasse, comme l’aiguillon multiple des insectes de l’air ? Ou n’est-ce qu’une phonétique ?

Nous pouvons arrêter ici cette démonstration déjà considérable quant au nombre des caractères étudiés. Sauf quelques caractères assez rarement utilisés, ou répondant — en double — à des désignations qui ont été classées en cette étude sous d’autres caractères, nous avons réunis tous les caractères relatifs aux maladies. On nous excusera d’avoir laissé également de côté, une dizaine, —peut-être, — de caractères de formes très complexes et dont l’examen n’aurait rien ajouté d’utile à notre travail, la plupart étant de formation phonétique.

Très vraisemblablement, la transformation profonde survenue depuis deux ans en Chine aura pour effet d’ajouter au vocabulaire médical d’un peuple furieusement épris de progrès scientifique et désormais intellectuellement tourné vers cette Europe qu’il considérait jadis comme terre de Barbarie. S’il en était ainsi, dans une dizaine d’années, force nous sera de songer à une édition, revue et augmentée, sinon corrigée.

ADDENDUM

Terminée la classification des caractères médicaux chinois, nous aurions pu, ici-même, fermer cet ouvrage où nous nous sommes efforcé de démontrer — sur les exemples successifs que nous fournissait la série des éléments souscrits au radical 104 — le mécanisme constructif, si ingénieux et si pittoresque, selon lequel les Célestes élaborèrent les véritables « dessins » appelés à représenter dans leur écriture, les principales maladies.

Toutefois, au cours des recherches que nous dûmes faire pour composer cet ouvrage, il nous advint de rencontrer telles curiosités dont nous prîmes soigneusement note et que, au moment de conclure, nous croyons opportun de ne point laisser perdre. En ces quelques pages supplémentaires, le lecteur trouvera d’abord une assez pessimiste « opinion sur la médecine ». Cette opinion est bien plutôt celle d’un philosophe à esprit religieux que d’un médecin exclusivement attaché à exercer contre le mal — avec l’impérieux désir de le vaincre quand même — toutes les ressources de son art.

Le texte en est fort ancien et son auteur est inconnu. Mais il n’est pas un médecin chinois qui ne connaisse et n’ait médité ces axiomes fidèlement traduits mot pour mot.

Nous y avons adjoint quelques prescriptions chinoises. Il en est où l’on rencontrera des analogies

avec certaines de nos médications (1). D’autres, au contraire, ne sont pas sans déconcerter, et nous les publions avec la certitude que nul, parmi nous, ne s’avisera de les expérimenter jamais.

Après divers diagnostics à la chinoise, on trouvera •enfin un bref rappel des théories qui, en Extrême- Orient, apparentent les organes du corps humain aux arbres, aux fleurs, aux couleurs et aux éléments. L’ouvrage s’achève par divers détails sur certaines parties du corps, détails dont l’intelligence ne sera pas inutile à qui, pour certains cas, voudra se donner la peine de consulter à nouveau les pages déjà lues et d’y vérifier la raison d’être d’éléments graphiques sur lesquels ces explications dernières n’avaient pas été fournies.

(1; Notamment il est curieux de constater que les Chinois pratiquaient bien avant nous l’opothérapie rénale, hépatique et pulmonaire.

Opinion Chinoise sur la Médecine

« La médecine ne peut rien que selon les vues et « les desseins impénétrables du ciel. Outre qu’elle « est presque toujours dans les nuages du doute,

« de l’incertitude et de la conjecture, combien de « maladies nouvelles, combien de fièvres épidé- « miques et de pestes, combien de crises générales « et de symptômes développés tout à coup qui « échappent à sa pénétration et rendent inutiles tous « ses efïortsi L’homme ne sait pas comment il naît,

« et il ignore comment il meurt. Tout est mystère « pour lui. Il voit bien l’instrument, cherche à en « expliquer les ressorts, donne des noms aux cordes « les plus cachées, mais les vibrations et les notes « qui forment l’harmonie sont au-dessus de sa portée. « Les jours de l’homme sont comptés, la longueur « de sa course mesurée, et la borne de sa carrière « fixe et immobile, sans aucun espoir que la méde- « cine. puisse y rien changer, parce que toute vie « est un anneau dans la grande chaîne des destinées « du monde, dont toutes les proportions sont déterre minées et immuables. La médecine ne peut donc « sauver de la mort, mais son rôle reste encore admi-

« râble. Elle sert à prolonger l’existence, à guérir « d’une foule de maux qui assiègent notre pauvre « humanité, à fortifier la morale en prêchant « la vertu et en proscrivant le vice, — cetennemi « mortel de la santé, — et enfin à consolider les Etats « et les peuples par des conseils et des recommanda- € tions hygiéniques. »

Quelques prescriptions chinoises

La médecine chinoise emploie de temps immémorial les préparations mercurielles contre la syphilis, l’arsenic contre les affections scrofuleuses, herpétiques, et contre certaines fièvres intermittentes, le fer comme reconstituant hématique.

Le borax est prescrit contre le muguet; le nitrate d'argent est employé comme diurétique, le carbonate de chaux comme absorbant, et le Uniment oléocalcaire contre les brûlures.

Contre le goitre, on utilise les cendres de varech .

L’anesthésie chirurgicale, générale ou localisée, est très anciennement connue en Chine. Houa-To, chirurgien « inventeur » de l’hydrothérapie en Chine, utilisait une sorte d'Atropa pour insensibiliser dans les cas d’opérations au bas-ventre. On emploie aussi le datura alba , Yazalea procumbeus .

Une espèce de begnonia est utilisée pour la réparation des altérations du sang. La rhubarbe , disent les Chinois, prévient la corruption du sang et le fluidifie.

On traite la rage par le mylabre .

Les troubles digestifs sont traités par l'orge germée .

Les Chinois croient à l’immunité, par rapport au goitre, de tous ceux qui boivent de l’eau conservée dans des vases de plomb.

Le rhumatisme est soigné par la racine âcre, sialogogue, du Pupalia geniculata.

Le rehmannia chinensis guérit ou soulage la débilité générale.

Parmi les fébrifuges chinois, retenons : le tourne fortia argusina , le trichosantes dioïsca et Dichroa febrifuga , succédané du quinquina.

L'Eau est le premier des médicaments chinois.

Les éruptions écailleuses de la peau sont traitées par des bains à l’eau de mer.

Le lait dégoûte généralement les chinois qui se refusent à y recourir, tant au point de vue alimentaire qu’au point de vue médicamenteux.

Mêlé à du miel, le charbon de bois intervient, disent les Chinois, dans la dysenterie et certaines affections de la gorge.

La suie est un remède fébrifuge, astringent, styptique, déconstipant.

La gale est soignée souvent par le bitume.

Les convulsions es enfants et les blessures des flèches empoisonnées sont traitées par le pétrole.

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Gravelle, coliques, affections pulmonaires, ictère, rhumatisme, trouvent un remède en le quartz cristallisé

Soufre. — Utilisé contre rhumatisme, fièvres, gale, poux.

Acide arsénieux naturel. — Affections scrofuleuses.

Arsenic sulfuré rouge. — Fumigations pour la nymphomanie des jeunes femmes.

Soude boratée. — Les buveurs en absorbent avant boire pour retarder les effets de l’ivresse.

Chaux sulfatée. — Insufflée dans les yeux dans certains cas d’ophtalmies.

Sulfate de chaux. — Employé contre l’incontinence d’urine. On lui attribue une action énergique sur la secrétion lactée.

Alun calciné. — Employé en pulvérisation pour dessécher les plaies et ulcérations produites par les bandages sur les pieds des femmes chinoises.

Râpures de fer en poudre. — Contre le délire.

Rouille. — Employée à l’extérieur pour hâter l’accouchement.

Acétate de fer. — Poudre obtenue par l’action du vinaigre sur les râpures de fer, à l’ombre pendant

cent jours, qui sert comme tonique; on l’applique directement, mêlée au camphre, dans le prolapsus du vagin.

Cinabre. — Les enfants affectés de chorée en portent dans des sachets.

Oxyde rouge de mercure . — Sa préparation doit être faite hors de la vue d’une femme, d’une poule ou d’un chien. Il passe pour résoudre les foyers purulents et activer la végétation des granulations.

Litharge. — Soigne les abcès de la mamelle, les polypes nasaux.

Céruse. — Employée contre les brûlures, anthrax.

Vert de gris. — Contre les poux, la morsure des serpents, les affections du foie.

Argent. — Mêlé au vin, constitue un médicament contre l’épilepsie des enfants.

Or. — En feuilles sert aux suicides.

Argile ferrugineuse. — Considérée comme une argile colorée par les menstrues tombées à terre, cette argile a, dit-on, grande puissance curative contre l’aménorrhée.

Pierre ponce. — Contre le goitre, les tumeurs strumeuses, les hernies, les affections des voies uri-

naires.

dans l'écriture chinoise

Mica. — Traite les pituites et les obstructions de la dyspepsie.

Cheveux torréfiés. — Poudre contre l’hématemèse.

Urine de femme. — Guérit les abcès, résorbe les œdèmes.

Urine des enfants. — Guérit la débilité, la gonorrhée. On s’en sert aussi dans les cuisines pour attendrir la viande fraîche. Aussitôt après l’accouchement, on administre à la femme l’urine d’un enfant de quatre ans, en vue d’aider la nature à expulser les impuretés accumulées dans le corps pendant la grossesse.

La vésicule biliaire d'un ennemi mort. — Guérit les ophtalmies.

Matières fécales. — Torréfiées (traitement de l’hydrophobie).

Excrément de chauve-souris. — Ophtalmie, caries.

Graisse d'ours. — Contre la calvitie.

Gelée de peau de tigre. — Souveraine contre la toux.

Les reins d'un vieux chien. — En pilules : contre les affections nerveuses et la faiblesse des organes génitaux.

Peau d'éléphant. — Emplâtres pour contusions.

Urine de cheval. — Embarras gastrique.

Panne de porc. — Laxatif.

Graisse de chameau. — Affections rhumatismales.

Sang de chèvre et de cerf. — Fait reparaître les règles supprimées.

Bouillon de mouton. — Constipation.

Gélatine de peau de bœuf. — Emplâtres pour consolider les fractures.

Œufs de faisan. — Cosmétique.

Sang de cerf. — Arrêt des hémoptysies. Le meilleur mode d’emploi consiste à prendre un vieux cerf au piège (poursuivi par les chiens, il ne vaudrait rien), à lui ouvrir la jugulaire et à y adapter un long tube par lequel le malade aspire autant de sang que son estomac peut en supporter : cela fait, il monte à cheval et galope jusqu’à ce que son estomac soit libre et dégagé. Là-dessus, il prend un réconfortant et se met au lit.

Fiente de moineau , mêlée au poivre et infusée dans l’esprit de vin. — Blessures de flèches et d’armes à feu.

dans l’écriture chinoise

Fiente de pie. — Hémorragie. Lèpre.

Fiente de poule. — Tympanite.

Gelée de tortue. — Chancres, hémorroïdes.

Grenouille rainette. — Aliment en cas de faiblesse générale.

Salamandre. — Contre la toux, l’épilepsie.

Hippocampe. — Facilite les accouchements. Il suffît de tenir un hippocampe dans la main pour que l’expulsion du fœtus se fasse aisément.

Coquille d’huître. — Mêlée au suc de quelques plantes, elle intervient dans les maladies charbonneuses.

Nacre de perle. — Ophtalmies.

Limaces. — Rétention d’urine.

Cyprea cauris sorte de coquillage. — Amulette eontre la peste.

Grillon. — Sert de base à un médicament utilisé pour faire sortir les échardes entrées dans la peau. Sert aussi pour la rage. Trois grillons dans une

cuillerée de vin chinois, accompagnée de trente pilules dont la composition reste secrète. Avec ce traitement, le malade est guéri et môme préservé pour toujours.

Libellule. — Ulcérations de la verge.

Guêpes jaunes. — Ascite, taches sur le visage.

Galles de chênes. — Poudre contre dysenterie, sueurs nocturnes.

Mouche. — Torréfiée, on la donne à manger aux enfants cachectiques et scrofuleux.

Scolopendre. — Contre les vers.

Cloportes. — Favorisent la menstruation.

Corail. — Prisé en poudre dans l’épistaxis, fait * tomber les polypes des fosses nasales.

Champignon myletta lapidescens Horanino. *— Poudre contre certaines affections du cuir chevelu.

Champignon polyporus versicolor. — Maladies inflammatoires du poumon et des intestins.

Spores de fougères. — En poudre : Fièvres ardentes, dysurie, hématurie.

Graminée oriza sativa : Riz. — Adoucissant, stomachique et diurétique.

dans l'écriture chinoise

Sa farine . — Utilisée pour cataplasmes.

Riz germé. — Tonique et eupeptique.

Gruau de riz. — A manger après la diète.

Bambou. — Les rhizomes sont antifébriles.

Sève de bambou. — Affections catarrhales.

Feuilles de bambou. — Toniques, antihelminthiques, stomachiques et carminatives. Certaines sont employées contre le prolapsus de l’utérus.

Pain rassis. — Recommandé contre la diarrhée, la leucorrhée, les sueurs.

Son frais. — Un oreiller rempli de son frais arrête les progrès de la variole.

Orchidées. — Toniques, stomachiques, antiphlogistiques.

Bulbes de tulipe. — Abcès scrofuleux et ulcères.

Lilium candidum. — Ses bulbes, avec du bouillon de poulet, calment la toux.

Oignons. — Infusions pour catarrhes, rhumatismes, dysenterie.

Ail. — Stimulant, stomachique, antispasmodique.

Alisma plantago. — Contre la lèpre, et aussi,

pour exciter l’utérus et provoquer la secrétion du lait. Les rhizomes de cette plante ont une action rafraîchissante, galactagogue, mais de plus on leur attribue une très grande puissance d’excitation sur l’appareil génital féminin : on dit aussi que leur usage permet à l’homme de... marcher sur l’eau 1 ! I

Iris. — Fumigations pour chasser les moustiques.

Gingembre. — Appliqué sur le front, dissipe le mal de tête, et, sur les gencives, guérit le mal de dents.

Lentilles d'eau. — Lotion pour furoncles, éruptions syphilitiques.

Poudre noire d'arec. — Contre le tœnia.

Ecorce de pin. — Pulvérisée et mêlée à l’huile, sert comme onguent pour les dartres.

Poivre noir. — Infusions contre les fièvres intermittentes.

Cupule de chêne. — Astringente.

Feuilles de figuier. — Appliquées sur les hémorroïdes enflammées.

Feuilles de chanvre. — Fièvres intermittentes.

Rhubarbe. - Pénètre dans la rate, les intestins, l’estomac, le cœur, le foie, dissipe les tumeurs vénéneuses.

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Cuite sept fois à la vapeur d’eau, elle restaure énergiquement le sang.

Polygonum barbatum. — Colique et choléra (graines).

Cannelles de Chine. — Facilite la menstruation.

Passerina. — Appliquées sur les oreilles, les racines de cette plante passent pour guérir la surdité.

Plantago major. — Diurétique, antirhumatismal.

Artemisia maxa. — Pendue à la porte des maisons chinoises, le cinquième jour du cinquième mois, comme préventif contre toutes les affections internes.

Chicorée crue. — En cataplasme sur les furoncles.

Fruits de gardénia florida . — Diurétiques, et sont employés contre l’hydropisie, l’ictère, les affections pulmonaires.

Gentiane. — Contre les sueurs nocturnes, Thématurie.

Menthe . — S’emploie en huile pour les névralgies de la face (anesthésique local).

Betonica officinalis. — Très recommandée aux ivrognes dont elle dissipe l’ivresse, la betone est stomachique et antivomitive.

Saxifrage. — Emétique. Ophtalmies.

Noix muscade. — Contre l’ivresse.

Boutons de magnolia. — Poudre sternutatoire employée dans toutes les maladies des fosses nasales.

Thé. — N’a pas de fonction médicinale.

Euphorbe. — Impétigo, maladies cutanées.

Myrrhe. — Tonique, astringente, carminative.

Grenadier. — Ses fleurs, en poudre, sont insufflées dans les narines pour arrêter les crachements de sang.

Fleur de néflier du Japon . — Arrête la toux, apaise la mélancolie.

Jeunes pousses de fèves bouillies. — Dissipent l’ivresse.

Epines d'acacia en cendres. — Diminuent le gonflement de la langue des enfants, purifient le lait des femmes en couches, favorisent la suppuration des ulcères qui n’aboutissent pas.

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Diagnostics

Yeux jaunes : bon signe, promesse de guérison.

Visage jaune, yeux bleus : guérison.

(Si le bleu est presque vert) : mort prochaine.

Le malade qui s’alite avec douleur au cœur et oppression a une maladie d’estomac.

Oreilles, yeux, narines, bouche, langue noires : mort prochaine.

Couleur noire au front et au-dessous des narine : mort après deux jours.

Yeux tournés obliquement : mort après un jour.

Bouche ouverte comme celle d’un poisson : mort prochaine.

Lèvres bleues et sèches : état incurable.

Lignes de la main effacées : mort prochaine.

Dents tout à coup devenues noires : mourra dans les dix jours.

Cheveux hérissés : mourra avant quinze jours.

Corps exhalant odeur cadavéreuse : mort imminente.

Dans les affections du cœur, si les yeux prennent une teinte noire : mort certaine.

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