I. — La disparité des caractères physiques
« Les caractères physiques qui distinguent les races humaines les unes des autres, sont peut-être le fait d'histoire naturelle qui, à toutes les époques, a le plus frappé l'imagination des hommes. » En écrivant ces lignes dans les Annales des Sciences naturelles, Flourens a mis clairement en valeur l'importance du facteur biologique de la disparité des races. C'est parce qu'elles diffèrent si sensiblement les unes des autres que les races humaines se sont perpétuées.
Les différences entre ces races sont tellement accusées, qu'elles sautent aux yeux avec autant de force que les différences entre les races d'animaux. Ces dissemblances, surtout frappantes en ce qui concerne les caractères extérieurs, tels que la coloration de la peau, la constitution et la
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répartition du système pileux, la conformation du crâne et les traits du visage, la taille, la corpulence, portent également sur tous les éléments moins visibles de l'organisme. On les retrouve aussi évidentes, aussi marquées dans les fonctions physiologiques (jue dans les fonctions mentales.
Une analyse de la constitution physico-chimique les révélerait dans tous les systèmes.
Dans une étude précédente, j'ai démontré l'intérêt social de la science consacrée à l'étude de la constitution chimique des différentes races. Cette science, à laquelle on pourrait donner le nom d'ethno-chimie^ ne manquerait pas d'apporter à l'élude comparée des races d'hommes, des précisions <jui lui ont manqué jusqu'à présent (J).
Aristote avait déjà remarqué que le sang du nègre est plus foncé, plus violet que celui du blanc. Jacquinot a conlirmé l'exactitude de cette observation et Virey a pu écrire que les tissus du nègre sont à ceux du blanc comme celui du lièvre est à celui du lapin.
Velpeau, se plaçant au point de vue de l'intervention chirurgicale, a dit également : « La chair du noir n'est pas celle du blanc, sa chair est autre. » Il serait aussi légitime de dire : « La chair de l'Allemand n'est pas celle du Français ». Car la personnalité des différentes races n'est pas seulement constituée par des caractères extérieurs, elle résulte surtout de la composition du milieu intérieur. La continuité de la personnalité chimique se jierpétue, par transmission héréditaire, ainsi que l'a démontré Armand Gautier, chez les individus de la même race, avec la même fixité et la même régularité que celle de la personnalité anatomique. Or, les caractères chimiques présentant par leur spécificité et leur stabilité, le double avantage d'être mesurable^, ils permettent d'établir, par des formules précises, les caractères indéniables et indiscutables de la disparité des races.
Les divergences dans la constitution chimique des races nous sont d'ailleurs révélées par la spécificité de leur odeur.
On sait que l'odeur de certaines races est si forte qu'elle imprègne longuement les locaux où des représentants de ces races ont séjourné quelques heures. Tel est le cas de la plupart des races nègres, des Chinois et également des Allemands du ]\ord. J'ai décrit, sous le nom de bromidîuse fétide de la race allemande, l'odeur nauséabonde sal-yenerk qui s'impose si péniblement à l'olfaction quand on se trouve en contact avec des Allemands (Ij.
La composition du sang et des autres humeurs de l'organisme présente donc des variétés considérables selon les races.
Les éleveurs arabes en avaient eu la notion dès la plus haute antiquité et ils attachaient à la question du sang une importance prédominante. Ils
l'ii BÉiuLLO.N : L'Ethno-chiinie, son rôle dans la détermination des races. [Société de Pathologie comparée, 1916. i
BÉRiLLON : La psychologie de la race allemande, d'après ses caractères objectifs et spécifiques, 1917, p. 24.
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avaient remarqué que les races de chevaux présentaient des variétés d'allure et de beauté dont la conservation se rattachait essentiellement à la pureté de la race. En effet, dans l'espèce chevaline, ce qu'on entend par pur-sang, c'est le fait d'un ensemble de qualités, de supériorités transmises par une hérédité exempte de toute souillure.
Les Arabes ont été suivis dans cette voie par les éleveurs modernes. C'est avec raison que, pour l'amélioration constante des races domestiques et pour la conservation des conquêtes ancestrales, ils s'astreignent aux règles de la sélection la |)lus rigoureuse. Ils contribuent ainsi, non seulement à maintenir, mais à accentuer les diftérences des races, se conformant ainsi aux indications de la sélection naturelle.
La pratique de la transfusion du sang est venue apporter la démonstration expérimentale qu'il existe entre le sang des diverses espèces une réelle incompatibilité. On se souvient qu'au xvn*" siècle J.-B. Denis, médecin de Louis XIV, avait provoqué la mort d'un homme par la transfusion du sang d'un veau; le Parlement décréta l'interdiction de cette pratique. En effet, il est résulté si fréquemment, au cours de la transfusion, des accidents mortels que l'on a du admettre que « les sangs humains ne sont pas semblables ».
Les travaux d'un médecin américain, Moos, lui ont permis de répartir l'espèce humaine en quatre groupes sanguins, nettement caractérisés par leurs réactions réciproques d'agglutination.
Comme il est naturel que les formes et les dimensions du corps, de même que la constitution intime des tissus, réagissent sur le rythme des mouvements, il n'est pas étonnant que l'observation populaire ait attribué à chaque race humaine une allure générale qui la caractérise d'une façon en quelque sorte spécifique. C'est de là que résultent les réflexions relatives à la raideur des Anglais, à la lenteur réfléchie des Écossais, à la pesanteur des Hollandais, à la lourdeur des x\llemands, à la grandezza des Espagnols, à la gravité des Hindous, à la solennité des Turcs, à la vivacité des Français, à l'agilité des Basques, à l'indolence des Tahïtiens, etc....
En étendant à tous les systèmes l'étude comparée des races, que les anthropologistes ont trop limitée au squelette et à la capacité crânienne, on mettra en lumière des dissemblances encore plus accusées que celles qui nous frappent aujourd'hui. Il en résultera surtout la démonstration qu'il est entre les diverses races humaines, même lorsqu'elles ne se distinguent pas par la coloration de la peau, un abîme qu'aucune influence physique ne saurait combler.
La disparité originelle des races n'a, depuis l'époque où elle était constatée par les auteurs anciens, subi aucune atténuation.
Tous les pays où, depuis un temps immémorial, des races différentes vivent en contact sans se mélanger, tels que l'Asie Mineure et l'Europe
(1) D"^ BÉRiLLON : La Bromidrose fétide de la race allemande. Brochure in S", Paris, 1915.
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Centrale, nous apportent à ce sujet des déuionslralions péremptoires. Elles nous apprennent que la diHerence spécifique des races est indépendante de toute influence de climat, d'alimentation aussi bien que du régime politique. « Les Turcs, dit Cabanis, habitent le même pays que les anciens Grecs; peut-on cependant apercevoir le moindre trait de ressemblance entre ces corps massifs, ces tempéraments immobiles et les constitutions que nous ont dépeintes Hippocrate et d'autres médecins, ses conq)citriotes; et la race des Grecs, quoique mêlée partout à celle de leurs stupides oppresseurs, n'en difl'ère-t-elle pas encore essentiellement à tous égards ? » La disparité physique des races constitue un des facteurs les plus iniportants de leur conservation.