ACTE 1, SCENE V. i
CHARLES (bas à Biionaroti).
Je tâcherai de l'avertir, (ii soit paria aïoiusuivi par Buooa-
roti. — Pendant tous les à parle et les exclamations qui précèdent, le marquis est demeuré comme stupéfait, regardant lanlôt les uns , lanlôt lef; autres. MADAME NEFASTO ( avec amerlume).
Eh ! c'est là , Monsieur , ce que vous appelez une
eS^Cellente nouvelle! (Avec U- ton au dégoût le pIus prononcé.')
Ah!.., tout ce que vous faites, tout ce que vous dites, Monsieur , me fait un mal affreux. (Eniui tournant le dos.) Suivez-moi, mes enfans. (Eiieaort suivie de June
el d'Edmond qui lance , en s'en allant, un regard de mépris au marquis. ) LE MARQUI.S (aprt-i un moment de s'.lence).
Ayez la bonté de m'apprendra, Messieurs, ce qu'il y a de surprenant ou de déplaisant dans ma nouvelle ? (En ricanant. ) Ah ! ah ! ah ! Quoi ! M. le comte JNefaslo, appartenant à une des premières familles de Naples, est appelé auprès du souverain pour l'assister de ses conseils ! mais c'est vraiment incroyable, extraordinaire, affreux même!
PESCARA
Comment! lui! M. Nefasto! carbonaro comme nous !
LE MARQUIS
Il était carbo —
RUFFO
11 était maître; et il a déserté la vente, il a abandonné nos travaux !
PESCARA
Ildevientle satellite du prince, qui de notre ami...
SINISCALGUI ( en allant se placer près de Pescara el Ruffo, leur dit lou! lias ).
Vous êtes des imprudens , mes bons-cousins. (Haut et d'un air calme.) Nc parlous pas du princc , mcs amis : le vicaire-général n'est plus le maître de ses actions; il faut qu'il obéisse aujourd'hui aux ordres
i6 LES CARBONARI.
du roi son père. J'ignore si M. le comte INefasto, comme ces messieurs l'assurent, a été carbonaro....
RUFFO (bas à Pescara).
Fin renard !
SINISCALCHI.
Mais il a été, jusqu'à l'autre jour, patriote, libéral comme nous
LE MARQUIS
Mon cousin!
SINISCALCHI ( en baussaut le ton).
Avec nous il a travaillé, ou il a feint ào. travailler à la régénération politique dont nous jouissons dans le moment actuel ; et, déserter maintenant la cause qu'il a fait semblant de défendre, solliciter, comme je le suppose, obtenir, après cela, la place de ministre de la police, avec l'intention avouée, reconnue, de persécuter nous tous , il n'y a pas longtemps encore ses ajnis politiques; et cela, avec toute la haine que lui inspirent ses nouvelles , ou pour mieux dire , ses vieilles et véritables croyances politiques; se placer, en un mot, à la tête de nos ennemis intérieurs et extérieurs, au moment où ces derniers sont à la frontière prêts à nous envahir; voilà, selon moi, en quoi consistent les torts de M. le comte Nefasto : je puis me tromper pourtant. Frugoni, allons achever notre partie.
(Il va se rasseoii- avec Frugoni)
LE MARQUIS ( -i pari).
Je le connais, bon-cousin; tu ne m'en imposes pas avec ton langage patelin.
RUFFO
Vous ne ricanez plus, M. le marquis?