ACTE I, SCÈNE V
PESCARA
C'est un infame que ce Nefasto!
LE MARQUIS
Monsieur, point de personnalités, s'il vous plaît.
PESCARA
Qu'est-ce à dire? Est-ce une personnalité aussi d'appeler assassin l'homme qui vole et qui tue sur le grand chemin? Lorsque le vice ou le crime sont païens, la société gagne à les voir flétrir : je m'en vais donner cette nouvelle à mes amis (ii soii par 1»
droite. Ruffo va vers la lable ù droile. Le marquis s'assied à la table à gauche et joue tout seul.)
SINISCALCHI (l'as à Ruffo).
Ruffo, soyez exact à la séance de demain.
RUFFO
A propos. ( Il s(! penche vers les deux joueurs et leur parle à voix basse.)
LE MARQUIS (à part).
Ces gens-là conspirent contre la vie de Nefasto, je n'en doute pas ; Je saurai lui ouvrir les yeux.
FRUGONI (bas).
Ah bah ! c'est impossible.
RUFFO (bas).
C'est Charles lui-même qui vient de me le confier.
(Il sort par la gauche.)
FRUGONI (bas à Siniscalchi).
Mais c'est une profanation !
SINISCALCHI (bas à Frugoni , et comme frappe' d'une ide'e qui le comble de plaisir).
Taisez -vous; c'est parfait.
FRUGONI (bas).
Comment donc?
i8 LES CARBONARI,
SINISCALCHI (l-as).
Vous dites qu'il faut des preuves pour convaincre la vente des infamies de Nefasto? Ce rendez-vous
peut nous procurer ces preuves. (FnigoniveuHinterrompre.)
Pas un mot de plus; vous saurez tout. Allez vite chercher notre bon-cousin Joseph , le cocher : à cette heure-ci il doit être avec son fiacre devant la porte de l'Académie : aussitôt que vous l'aurez trouvé, montrez-vous à cette porte (ceiie de gauche); cela
suffit. (Frugoni sort par la gauche. A pari, ea se levant.) Je VCUX VOÌr
si je suis plus fin que M. le comte Nefasto, ministre de la police.