VOIX DE LTNTÉRIEUR DU CAFÉ
Une limonade et des biscuits pour M. Siniscalchi; une tasse de café au chevalier Frugoni. (Entrent
Charles et Buonaroti. )
(i) Cri des vendeurs d'oranges à Naples.
BUONAROTI (à Charles).
Ces dames ne sont pas encore arrivées.
CHARLES
J'en suis bien aise ; je voudrais voir l'effet que produiront des lettres que je fais remettre à mon père. Le voici : éloignons-nous un peu. (iis se mettent
à l'écart ).
NEFASTO ( entre par la grande porte du palais. — Les factionnaires lui présentent les armes; un homme lui remet deux lettres et disparaît : il cherche vainement des yeux cet homme, et s'avance sur la scène).
Qu'est-ce que ces lettres? qui me les e.nvoie?
(en lisant l'adresse). K A S. E. M. Ic COffitC NcfaStO , mi-
nistredelapolice. «Voyons. (11 les ouvre. )«Soyezsurvos gardes,monsieurNefasto,onen veut àvos jours. Un ami qui s'intéresse à votre existence. » (iiiitu seconde.; «Ayez une bonne cuirasse, Monsieur Nefasto ; vos ennemis sont nombreux. Le meilleur de vos amis. »
(En se retournant brusquement et en voyant son fils, qui s'est un peu avance' dans un e'tal d'anxiéle', il lui fait signe d'approcher). IjlS CCS
lettres, mon ami; en connais-tu l'écriture?
CHARLES
Non , mon père ; mais il me paraît que ceux qui vous écrivent s'intéressent à vous, et que vous feriez bien de ne pas mépriser leurs conseils.
NEFASTO.
Ne le crois pas, mon fils : ce sont les carbonari qui pensent m'intimider par ces avis détournés :
vois le cas que j'en fais. (Il decbiie ics lettres et il en met les morceaux dans sa pocLe. A Charles qui veut parler :) XjCOUte-mOl ,
mon enfant; je ne te ferai pas le tort de croire que lu aies aucune relation avec des êtres aussi pervers que les carbonari; mais si, par malheur, il en éuit