SCENE I
LA PRINCESSE DE VAL-CELESTE , LA DUCHESSE d'AN- GIOLETTO , dans un élégant néglige, CHARLES , BUO-
IN AJttlJ 1 A 5 assis tous quatre sur un canapé; (les redingotes, les châles, etc., sont jetés çà et là); puis LE CONCIERGE, puis enfin LE COMTE
NEFASTO.
LA PRINCESSE (en se levant et allant s'affubler d'une redingote et d'un chapeau d'homme).
Allons , soyons hommes maintenant , Mathilde.
(Tous se lèvent) .
LA DUCHESSE ( en imitant en tout la Princesse).
Mon Dieu! c'est ce que j'aurais voulu être toute ma vie.
44 LES CARBOINARI,
LA PRINCESSE ( eu alTulilaal Charles d'un châle et d'un chapeau de femme ) .
Et vous , Messieurs , vous serez femmes à présent.
CHARLES ( à demi-voix ).
Le moment est mal choisi.
LA PRINCESSE
Taisez-vous, fanfaron.
LA DUCHESSE (après avoir affublé Buonaroli comme la Princesse a fait avec Charles ).
Mignonne! n'est-ce pas, Giovannina, que cette jeune fille est jolie comme un cœur?
LA PRINCESSE ( en montrant Charles avec son accoutrement).
Et cet ange, Mathilde? elle est belle à faire tourner la tête. ( a Charles.) Allez, ma jolie fille, vous avez plus de chances de succès dans le monde que le cœur de Mathilde, comme elle l'appelle.
LA DUCHESSE ( piquée ).
Ah ! par exemple ! ceci est un peu trop fort.
LA PRINCESSE ( piquée ).
Point du tout, ma belle ; c'est l'exacte vérité.
LA. DUCHESSE
Savez-vous , Madame , que vos prétentions sont excessivement ridicules.
LA PRINCESSE
Et moi , Madame , je trouve les vôtres souverainement absurdes, ( La duchesse veut répondre. )
CHARLES, BUONAROTI ( s'interposant).
Allons, allons, Mesdames.
CHARLES
Songez donc que vous êtes amies et que Buona-