‹ Les carbonari, -ou, Naples en 1821Chapitre 57 sur 82 · ACTE IV, SCÈNE II. 6i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II. 6i

EDMOND

Le désir d'être admis dans votre ordre, dont j'ai entendu faire le plus grand éloge.

CHARLES (à pari).

C'est Edmond.

LE GRAND-MAITRE

Mais de quoi croyez-vous que nous nous occupions ici ?

EDMOND

Je pense que vos occupations ont le bien-être général pour but.

LE GRAND-MAITRE

Vous vous trompez : nous volons , nous assassinons ; vous sentez-vous disposé à voler, à assassiner avec nous?

EDMOND

J'ai de la peine à croire à ce que vous dites ; mais s'il en est ainsi , je vous prie , monsieur , de me faire ramener hors de cette enceinte : il me serait impossible de figurer dans une bande d'assassins et

Cle voleurs. ( Approbation silencieuse et ge'ne'raie. ) LE GRAND-MAITRE.

Jeune homme, nous avons lieu d'être satisfaits de vos réponses : non , vous ne vous êtes point trompé en croyant que nos travaux étaient dirigés vers le bien-être de tous : si vous aviez repondu dans un sens opposé , votre exclusion de chez nous aurait suivi de près la maladresse de vos réponses. Maintenant , dites-moi , voulez-vous prêter le serment exigé pour entrer au giron de notre ordre ?

62 LES CARBOiNAM,

EDMOND

Je le veux.

LE GRAND-MAITRE

Mais prenez garde ; consultez votre courage , avant de vous décider : notre main vengeresse sait atteindre le parjure et le traître , fussent-ils liés par l'amitié ou le sang à cette main qui doit les frapper.

EDMOND

Je persiste dans mes paroles.

LE GRAND-MAITRE (au terrible ).

Approchez-le du tronc. (Edmond, à genoux sur l'eslrade, et issisté par le terrible , place sa main droite sur son cœur , la gauche sur le poignard pose' sur la bible.)

LE GRAND-MAITRE

Dites avec moi : « Moi , Edmond Argonati , je jure sur ce poignard et sur cette sainte bible , de ne point révéler aux profanes les secrets respectables de la carbonerie; de religieusement remplir les devoirs qui me seront imposés par les mesures adoptées à la majorité des voix, et de me conformer en tout et pour tout aux lois et statuts de l'ordre auquel je vais appartenir. Si jamais je deviens par jure , je consens à avoir la tête tranchée , à être mis en pièces , et à ce que mon corps soit brûlé et réduit en cendres, afin que ma destinée serve d'exemple aux traîtres , et afin que mon nom soit exécré par tous les bons carbonari ! Que Dieu entende ces paroles. ( Le ne'opliyte se lève et repieiul sa place au-devant de l'estrade. ) LE GRAND-MAITRE Que désirez-vous donc ? (Le terrible lui souUle le mot,> EDMOND.

La lumière.

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