‹ Les carbonari, -ou, Naples en 1821Chapitre 58 sur 82 · ACTE IV, SCENE IJ · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IJ

LE GRAND-MAITRE

Puisque nous vous avons trouvé digne de nous , que la lumière vous soit accordée. (On débande ie> yeux

d'Edmond , qui voit , en les ouvrant , les pointes nues des poignards des tarbonari tournées vers sa poitrine , son cou et vers sa tête. )

r,E GRAND-MAITRE ( en se levant après une pause, et en reprenant sa voix naturelle ).

Les voyez-vous, ces poignards? ils seront toujours prêts à vous défendre et à vous protéger , tant que vous serez fidèle à vos sermens ; ils vous perceraient le cœur si vous veniez à les fausser, (ii frappe

trois coups , comme il a été dit, coups, que les quatre fonctionnaires et le reste de carbonari répèlent, les uns après les autres : tous quittent leurs robes et leurs capuchons , et reprennent leurs places. >

EDMOND (après s'être approché du secrétaire avec lequel il échange quelques mots à voix )>asse, bas et tristement à Charles et en prenant place à sa droite ).

Toi ici , Charles !

CHARLES ( bas) .

Je n'y suis que depuis quelques jours , et peu de temps après que mon père a cessé d'y venir.

EDMOND ( bas ).

Ton père !

CHARLES ( bas).

Oui, mon père : j'ignorais malheureusement cette circonstance en entrant ici ; mais il n'y a plus de remède maintenant : as-tu vu , Edmond , le grand-maître , le sévère Cellini , mon beau-frère ?

EDMOND (sans faire attention à ce que Charles lui dit et à part ).

Voilà cet horrible mystère en partie dévoilé.

CHARLES (bas).

Il va se passer d'affreuses choses , je crois , mais je suis préparé à tout hasard.

'Edmnnil a timjoins l'air de ne pas l'éi-outPr. ^

LE GRAND-MA1TPE( un coup).

La parole est à présent au bon-cousin Siniscalchi.

SINISCALCHI (en se levant).

Mes bons-cousins , je fais la motion de mettre à mort le ministre de la police Nefasto : la culpabilité de cet ex-carbonaro est si énorme et si notoire, que je renonce aux développemens de ma proposition.

DOUZE CARB0K.4RI ( en se levant).

Que le traître meure. (lu se rasseoient.)

EDMOND (à paît).

Dieu ! protège le père de Julie 1

CHARLES (à pai-l et en regardant Siniscalchi).

Scélérat, tu me la paieras, ta motion. (Haut ei en se levant. ) Je dcmaudc la parole.

LE GRAND-MAJTRE.

Vous avez la parole.

CHARLES

Je pourrais, mes bons-cousins^ en vous rappelant mon zèle pour notre sainte cause , vous prier, à ma considération , de rejeter , comme elle ie mérite , l'inconcevable , j'allais presque dire , la brutale proposition du bon-cousin Siniscalchi; je pourrais récriminer... je ne le ferai pas : moi, jeune homme , je veux, même dans cette circonstance , donner une leçon de modération à la maturité. Ne le pensez pas, mes bons-cousins ; je ne veux pas atténuer la culpabilité de mon père envers nous ; elle est grande, elle mérite des reproches , une punition peut-être; mais il y a loin des

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