ACTE V, SCÈNE UNIQUE
EDMOND, ( à part et comme en s'e'veillant).
Je me suis trahi ! imprudent!
JULIE
Tu étais près de nous, et tu ne répondais pas! et tu ne me dis rien , mon ami ! Ma mère t'a déjà écrit, elle compte sur toi : nous pensions te trouver ici ; lu viendras avec nous , Edmond , n'est-ce pas ?
EDMOND (à part).
Je n'y résiste pas. (iiaut.) Je partirai, Julie.
MADAME NEFASTO.
Mais il faudrait partir sur-le-champ ; demain au plus tard.
EDMOND (machinalement).
Je serai déjà parti ?
.TUIJE.
Tu seras déjà parti !...
EDMOND (en sfi ravisant)-
Je veux dire que je suis prêt.
UN G ARBON ARO (bas à l'oreille de Cellini).
Il vient de rentrer par la porte de la rue.
(il s'éloigne.)
CELLINI (à part, comme soudainement frappé d'une ide'e).
Nous pouvons aller le trouver chez lui. (Haut.) Viens avec moi, Edmond; Charles, restez.
EDMOND
Adieu, Julie; je ne te reverrai.... (Avec l'air ic pius
déterminé,) Allons , CclIini.
CELLINI
Nous allons revenir à l'instant. (iiditunmotàroreiUede
Siniscalcbi; et puis, suivi d'Edmond et de plusieurs autres carbonari, il sort par la gauche. Aiissilùl une demi-douzaine de carbonari s'eropare de U porte de l'hôtel Nefasto, comme pour en garderies approches. )
CHARLES (à part).
Ils vont pour le tuer!... je les en empêcherai.
(Jl fait un pas vers la porte, et il s'arrête tout-à-coup.) lIS SOnt Is I... lls
me poignarderont! (Ildemeureimmobile, absorbé dans sespeosées.)
JULIE
Qu'est-ce, ma mère? qu'a-t-il, Edmond? quel
égarement dans ses traits et dans son langage !
Parle, mon frère.... il y a du sombre , de l'affreux en tout cela.
MADAME NEFASTO.
Explique-toi, mon fils. (Le vent mugit encore avec force.)
CHARLES (qui n'a rien entendu de ce qu'on lui a dit).
Si du moins ils me laissaient parvenir jusqu'à lui.
JOLIE
Qui donc, lui? notre père?
MADAME NEFASTO.
En voudrait-on à sa vie?
CHARLES (comme en s'e'veillanl).
Notre père !.... oui, ma mère !.... oui, Julie !....
ils veulent... (siniscalchi luï fait des signes avecles yeux.) JULIE.
Que lui veut-on?
MADAME NEFASTO.
Achève, (Dans ce moment, on entend chanter, derrière los coulisses, le couplet suivant , faisant suite à celui qui a été chanté par les carbonari à la fin du quatrième acte. Le vent mugit avec violence pendant la durée du couplet , et se mêle affreusement aux pauses de la musique. Tous piêtcnl attention ; Charles «1 Siniscalchi avec anxiclc. )