‹ Les carbonari, -ou, Naples en 1821Chapitre 74 sur 82 · ACTE V, SCENE UNIQUE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE UNIQUE

confier: vole, Charles; Cellini, ne le retenez pas; je tremble pour les jours de mon père.

CELLINI

Le retenir ! voilà le passage libre , qu'il le fran-

CniSSe. (On voit dans le fond quelques carbonari tirant à demi leur» poignards, )

CHARLES

Cellini, je suis incapable...

CELLINI

Restez, jeune homme; c'est ce que vous aurez de mieux à faire.

SINISCALCHI ( en s'avançanl sur la scène ).

Ajournez à demain ce que vous avez à confier à monsieur votre père ; demain vous serez encore à temps.

CHARLES ( en s'cfforçant de contenir sa colère).

En êtes-vous sûr, monsieur?

MADAME NEFASTO.

Qu'avez-vous donc, Cellini? Quel langage tenezvous tous? moi, je ne vousicomprends pas.

JULIE

Vous avez tous des airs à me faire craindre les plus grands malheurs ; parlez , Cellini , il y a du mystère en tout ceci.

SINISCALCHI.

Je vous l'expliquerai, mesdames , avec ma franchise accoutumée: c'est le mariage rompu de mademoiselle ; ce sont les chagrins de notre ami Edmond Argonati, qui causent notre ennui à tous.

CHARLES (à part).

Tu sais bien que ce n'est pas cela , vil hypocrite!

86 LES CARBOiNARL

CELLIjN'I ( après avoir lane» un regard de reproche à Siniscalclii).

Et vous, ma sœur, vous, ma mère, par quef hasard vous trouvez-vous ici, seules, à celte heure?

JULIE

Ma mère veut partir

MADAME NEFASTO.

Je veux la conserver à un homme que je crois digne d'elle , je veux l'arracher à des nœuds odieux.

JULIE

Et je vous quille , Cellini, je quitte ma sœur; nous quittons décidément mon pauvre père. ( eiie

pleure. )

CHARLES (on enti^nd le vent mugir ).

Le temps est mauvais , il faut rester.

CELLINI ( en lançanl à Charles un regard menaçinl ).

Mais il n'y a pas là de quoi vous tant affliger, Julie ; vous quittez un père qui ferait le malheur de vos jours.

JULIE (vivement).

Je quitte un père tendre , un père incomparable, Cellini, qui n'est pas coupable du mal qu'il me fait ; je suis accoutumée à voir ce père , à le chérir, à lui obéir, et, l'abandonner comme cela, sans lui baiser la main , sans lui dire seulement adieu ! c'est plus fort que moi , le cœur me manque,

je sens l'ame se déchirer, (Le vent mugit avec force, Frusoni se confond avec les autics carbonari. )

EDMOND (en s'avançant presque macliinalenicnt ).

Et c'est cet ange que je vais immoler!

JULIE

Toi ici, mon ami ! Ma mère, voici Edmond.

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